
Aquarelle, Alina Reyes
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Aquarelle, Alina Reyes
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Encre, crayon de couleur, pastel, Alina Reyes
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(note modifiée le lendemain midi, en ce jour de Pentecôte, avec la même image mais photographiée à la lumière du jour)
Bonne fête à tous !

Encre, gouache, pastel gras, pastel tendre, crayon de couleur, raphia, Alina Reyes
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encre, pastel, crayon de couleur
je me suis inspirée de cette magnifique icône, le Christ Pantocrator du Sinaï
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Photo Alina Reyes
Il s’en vient, il s’en vient avec ses nuées
Comptez sur lui, il a semé dans le ciel
ses étoiles pour nous apprendre le désir,
pour nous enseigner à compter, à écrire,
à parler la parole qu’il nous dit. Et maintenant
elles s’apprêtent à fleurir.
Voyez, je vous donne sa vie.

église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles, Paris 13e. Photo Alina Reyes
Fausser la parole est un désastreuse stratégie, qui m’a éloignée de tous les lieux, physiques ou virtuels, où j’aimais aller, de toutes les personnes avec lesquelles j’aurais pu oeuvrer. Confiance pourtant : un jour il sera de nouveau possible d’oeuvrer dans la vérité, et Voyage et l’Ordre pourront avoir lieu dans le monde. Le trésor est dans mon coeur, extrêmement vivant. Je ne le laisserai pas profaner. J’ai toute foi en la Vérité, en la Lumière qui me guide parfaitement et sait transformer tout temps en clarification du chemin. « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande ». Je le fais.
C’est pourquoi en vérité, Voyage et l’Ordre ont déjà lieu. La Vérité en sa demeure de retrait est déjà à l’oeuvre, a toujours été à l’oeuvre, et la terre en secret tremble et grince des dents : ceux qui ne se purifient pas, ceux qui ne renoncent pas au mal, ne peuvent la recevoir. Voici ce que par son attente elle enseigne aux hommes, qui sont si longs à apprendre, si entêtés à ne pas vouloir comprendre.
Hommes, approchez-la comme il convient. Sa présence est la plus grande douceur que nous puissions connaître. Si vous voulez m’y retrouver : j’y suis.

Plateau de Lumière. Photo Alina Reyes
Notre Dame de Lumière siège
dans ma poitrine et je respire
Je sens immensément, frères,
soeurs, vos âmes frémissantes,
qui s’unissent à la mienne
dans la vaste demeure, attente
ouverte en notre coeur. Vienne
sous vos pas la splendeur que le roi
déroule pour la reine, voici le souffle
infime et infini, passant
de l’un à l’autre de nous, pauvres
bienheureux, bénir notre invisible union.

de gauche à droite : Jean-Paul, Robert, et Pierrot. Photo Alina Reyes
Dans une démocratie, c’est l’Opinion et l’état de fait des mœurs qui dictent leurs lois aux législateurs, pour le meilleur et pour le pire. Des chefs d’État factices comme ceux que nous voyons se succéder n’y peuvent rien. C’est justement pour cela qu’ils sont élus. Le peuple n’est pas plus bête que ses élites. Les uns et les autres forment l’aliment de leurs propres mensonges, esprits cannibales. Mais quelque chose est beaucoup plus puissant que tout ce monde : l’Esprit de vérité qui travaille l’histoire, laissant tomber le pire où il s’entraîne lui-même, réagençant les forces dans le monde, sauvant le vivable en l’amenant vers son nouveau visage, sa loi révélée. Vivants, notre vie, nous avons le pouvoir de la donner, et personne ne peut nous la prendre : soyons heureux, nous le sommes.

chez Pierrot, l'été dernier. Photo Alina Reyes
Le travail avance en roi par les branches qu’il déploie dans le monde à partir de mon corps, vers le ciel.
Le travail m’appelle à voix rauque de joie mon ardente.
J’ai chevauché à travers millénaires sur terre, sous terre et dans les cieux. Me voici, fraîche et calme, déterminée comme au commencement, fidèle à qui je fus, suis et serai,
à Dieu.
Cortège d’âmes purifiées, rassasiées, bienheureuses, ma traîne de lumière pour l’Amour que je sers.
Tablée d’âmes sous l’arbre, vivantes en communion, pour la gloire de son Nom.
Sarments mes corps, tirons de vous le vin de la joie éternelle.

Photo Alina Reyes
Il n’est d’existence que celle qui danse, poussière, dans la lumière.
La contemplation est ma béatitude, ma nourriture d’abondance.
Il n’y a que la vie. J’aime les vivants et la vie à la folie.
Le mur était long, peint en bleu jusqu’à mi-hauteur, puis blanc jusqu’au plafond. La pièce était rectangulaire, bordée de banquettes alignées contre ses murs bleus et blancs. Je restais là sans bouger, en silence, à regarder cette splendeur inouïe, cette paix absolue, cette pauvreté radieuse, dans la ligne de rencontre du bleu et du blanc.
Nous avions vingt-deux ans, J-Y et moi. Nous voyagions en 2CV fourgonnette avec notre fils de deux ans et notre chienne de berger. Nous avions une bassine pour la toilette et la vaisselle, un réchaud de camping pour la cuisine, et nous dormions dans la voiture. C’était l’automne. Ce soir-là, nous nous sommes arrêtés au bord d’une route déserte de l’Atlas. Le phare d’un vélomoteur est apparu en tremblotant, se dirigeant vers nous. L’homme s’est arrêté à notre hauteur et nous a invités par gestes à le suivre Nous avons eu confiance, nous avons redémarré, nous l’avons suivi au pas, longtemps, en cahotant sur des pistes rouges, noyées dans la nuit.
Finalement nous sommes arrivés à sa maison. Nous sommes entrés avec lui dans la pièce commune, où plusieurs autres personnes se sont mises à apparaître aussi. Nous avons été invités à nous asseoir par terre sur les tapis et nous avons partagé leur repas, oeufs durs, légumes, pain, oranges, à la lueur des flammes. Quelqu’un est allé chercher le fils du chef du village, parce qu’il parlait français. Nous avons tous conversé très doucement. Puis nos hôtes nous ont laissé la pièce pour nous seuls, où nous avons dormi sur les tapis. Je me suis levée à l’aube, je suis sortie, j’ai vu se révéler la pauvre maison de terre rouge où nous étions, semblable à toutes les autres du village.
Ils nous ont fait visiter l’immense orangeraie où ils travaillaient. Nous avons répondu aux invitations des uns et des autres, chacun nous offrant l’hospitalité. Pas question de sortir un seul dirham de notre poche, ils tenaient à tout nous offrir. À la fin nous avons dormi chez le chef du village, c’est lui qui avait cette maison un peu plus élaborée, avec des banquettes et des murs bleus et blancs. Avant de nous laisser partir, il a écrit l’adresse de ses cousins de Marrakech, en nous disant d’y aller de sa part. Les villageois nous ont fait don d’une grande corbeille en osier, remplie d’oranges et de petits cadeaux faits à la main.
À Marrakech, des enfants dans la rue se sont débrouillés pour faire déchiffrer l’adresse et nous y conduire. Les cousins avaient une belle maison traditionnelle. Les femmes, qui ne parlaient que l’arabe, nous ont fait asseoir dans le patio, nous ont servi du thé et des gâteaux, ne pouvant comprendre d’où nous venions. Puis les hommes sont rentrés du travail, nous avons pu expliquer. Nous avons été reçus comme des rois, encore. Elles ont organisé une petite fête, m’ont habillée d’une belle robe traditionnelle, m’ont fait chanter et danser avec elles. Le lendemain était férié, nous nous sommes entassés à je ne sais combien dans leur voiture et ils nous ont emmené voir les avions à l’aéroport. Puis nous avons poursuivi notre voyage, nous ne voulions pas abuser de leur hospitalité divine. C’était en 1978.

Photo Alina Reyes
Mes mains sont devenues des fleurs,
le jardin que je porte en offrande,
traversant bienheureuse toutes les galaxies,
de maison en maison, de loin en proche.
Elles me saluent sur mon passage,
esquissent des sourires, joyeuses
comme des petites danseuses à respirer
la fraîche odeur des roses et des herbes.
Mes mains avancent devant moi, tendues,
et je les suis. Elles remontent la travée
des âges, des siècles, des instants,
chargées de leur précieux trésor, la création
entière, ses cieux, ses astres, ses océans,
ses terres, ses bêtes et puis ses hommes.
Mes mains qui nous transportent avancent vers l’autel
et mon amour Le voit, vivant, ses mains tendues.

Photo Alina Reyes
Un bon livre à lire
un bon livre à écrire
des oiseaux dans la cour
des fils dans la maison
un fleurissement qui pousse
du travail et des gens
une marche en montagne
une joie dans le cosmos
un amour sans frontières
une prière en marche
ma foi
je vais reprendre une tasse de café