Madame Terre à Arronville chez d’Astier de la Vigerie puis à Menouville chez un marchand de mort

chemin,

Les actions poélitiques avec Madame Terre ont repris au printemps. Hier O a fait pas moins de 115 km à VTT aller-retour depuis Paris pour aller rendre hommage au résistant Emmanuel d’Astier de la Vigerie, enterré à Arronville. Cet « homme qui ne ressemblait à personne », selon Pierre Viansson-Ponté, fut l’auteur de l’inoubliable Complainte du Partisan, reprise notamment par Leonard Cohen – voir à la fin de la note.

Sur le chemin de retour, il est passé par Menouville, où il a photographié les ruines d’une ferme faisant partie d’un château où vécut « le plus grand marchand de mort des temps modernes », comme l’appelait Romain Gary : Basil Zaharoff, malhonnête, traître et pourri qui s’enrichit et fut décoré de la Grand-Croix de la Légion d’honneur et Chevalier grand-croix de l’Ordre de l’Empire britannique – ce qu’on appelle un homme qui a réussi, dans la philosophie de la réussite de notre nouveau président et de ses pareils.

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mme terre et les vaches

mme terre en chemin

mme terre patriam servando

mme terre cimetiere arronville

cimetiere arronville

puis Menouville…

menouville

menouville maison

menouville ferme

menouville mme terre

menouville charron

eglise 12e siecle arronville

menouville pigeonnier

menouville plafond pigeonnier

menouville ruine

menouville vieux tourne disque

menouville escalier ruine

et il est temps de repartir :

menouville petit âne gris

chemin

et de réécouter la Complainte du Partisan mise en musique par Anna Marly et interprétée par Leonard Cohen


Leonard Cohen – The Partisan par RollingPat

Madame Terre à Ozouer le Voulgis, où David a peint Le Sacre de Napoléon

Toujours par monts et par vaux sur son VTT pour courir les environs de Paris (jusqu’à des plus de 100 km aller-retour), O est allé avec Madame Terre dans cette campagne où Jacques-Louis David eut sa maison et un atelier (avec église à côté) où il peignit le Sacre de Napoléon et couronnement de l’impératrice Joséphine, œuvre de propagande telle que s’en charge aujourd’hui la télévision.

mme terre dans les blés

chez David

maison de david

mme terre chez david

eglise mitoyenne maison david

lavoir ouzouer le voulgis lavoir ouzouer, lavoir ouzouerIl a photographié le lavoir du village parce que j’aime les lavoirs, puis il a procédé au rite de la terre, et sur son chemin il a photographié Madame Terre avec un coquelicot parce que j’aime les coquelicots

prise de terre chez davidmise de terre chez david

mme terre et coquelicot

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Madame Terre a fait deux escapades dans le Magazine des jours heureux, il y a quelques jours quand je ne pouvais plus accéder à ce Journal : à Ville d’Avray chez Gambetta (vs Rothschild) et dans la même ville chez Boris Vian (en déserteur de la guerre économique)

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Madame Terre chez Léon Blum à Jouy-en-Josas, en passant par la colline d’Élancourt et l’aéroparc de Louis Blériot

mme terre colline élancourt-min

Avant d’aller rendre hommage à Léon Blum à Jouy-en-Josas où il est mort, O, toujours à vélo depuis Paris, a transporté Madame Terre sur l’Éverest de l’Île de France (231 mètres d’altitude, si si, la colline d’Élancourt est le plus haut point de toute la région !), puis il est passé par ce qui fut l’aéroparc de Louis Blériot, qui s’éleva bien plus haut. Enfin il a réalisé le rite de la terre devant la maison de Blum, qui était en travaux, raison pour laquelle on ne la voit pas entière, un peu comme la révolution sociale en ce moment. Après les photos, un excellent documentaire de Julia Brachet et Hugo Hayat, Blum-Pétain, duel sous l’Occupation - pour méditer sur ce qu’il en est du progrès véritablement humain, et de ce que peut dissimuler la formule pétainiste « ni de droite ni de gauche » aujourd’hui revendiquée tant par Le Pen que par Macron, des menaces fascisantes qu’elle peut contenir quand elle sert de paravent, dangers qui ont d’ailleurs commencé à se réaliser – pensons à la Loi Renseignement, à la Loi Travail, aux violences policières, à la propagande de masse, au système oligarchique et ploutocratique du néolibéralisme de grand banditisme et vampirique qui règne sur le monde. Plus pour longtemps, si nous sommes vaillants, vigilants, résistants.

mme terre à l'aéroparc de blériot-min mme terre blériot-min aeroparc de buc-min bleriot-min

mme terre blum-min mme terre à jouy en josas-min mme terre chez blum à jouy-min prise de terre chez blum-min mise de terre chez blum-min

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Madame Terre à la datcha de Pauline Viardot et Ivan Tourgueniev et chez Bizet à Bougival

Par la belle journée d’hier, O a repris son vélo avec Madame Terre et l’a emmenée accomplir le rituel chez Pauline Viardot, une cantatrice étoile en son temps comme Maria Callas au siècle suivant, auprès de qui vécut Ivan Tourgueniev, auteur à redécouvrir, qui contribua notamment par ses écrits à l’abolition du servage en Russie. Et, tout près de leur datcha, chez leur voisin Georges Bizet, que nous écouterons chanté par Maria Callas.

vue de la forêt au-dessus de chez eux-min dans la foret-min la datcha-min L’accès à la maison est clôturé par un haut grillage, mais O a trouvé un endroit où il a pu passer par-dessus et entrerle parc de la datcha-min mme terre à la datcha-min prise de terre à la datcha-min mise de terre à la datcha-min trefles à la datcha-mincherchez les trèfles à quatre feuilles !tulipier et datcha-min jonquilles à la datcha-min pauline viardot-min viardot tourgueniev-min tourgueniev-minPuis, à quelques dizaines de mètres de là, la maison de Bizetchez bizet-min maison bizet-min bord de seine bizet-min prise de terre bizet-min mise de terre bizet-min mme terre devant chez bizet-minAujourd’hui Bizet aurait sans doute du mal à composer de ce côté de sa maison, bordé par une route très passante, mais à l’arrière, toujours la paix de la Seine…seine derrière chez bizet-min

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Pour finir, Maria Callas, qui sait se faire attendre, et se donner :)

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Madame Terre reprend du service avec les taxis russes de Sainte-Geneviève-des-Bois

Telle l’hirondelle, le retour de Madame Terre sur les routes annonce le printemps. Le temps redevenant assez doux, O a repris son vélo pour aller cette fois visiter les taxis du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. Pas mal de célébrités y reposent mais c’est aux taxis, qui furent si nombreux et appréciés à Paris dans les années trente, qu’il a eu envie de rendre hommage, en songeant aussi à tous les immigrés d’aujourd’hui.

mme terre et l'avion-min en chemin vers les taxis russes-minen chemin, une halte à Orly puis dans un joli paysage, avant l’arrivée au cimetière orthodoxe, et le rite de la prise de terre et de la mise de terre dans la bouteille dont j’ai fait Madame Terre (et qui contient aussi un petit bout de manuscrit, protégé), déjà riche de la terre mêlée à quelques feuilles, fleurs, eaux et cailloux des pèlerinages précédents :mme terre au cimetière russe-min cimetiere russe-min coucou-min prise de terre au cimetière russe-min mise de terre au cimetière russe-min tombe au cimetière russe-min tombes au cimetière russe-min allée au cimetière russe-minà bientôt pour la suite d’une bouteille à la terre !

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autres cimetières

autres Madame Terre

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Grandeur nature

« Les images que je dessine sont toujours celles de corps grandeur nature, sans effet de style. Elles ont dans leur fonctionnement quelque chose de l’empreinte. Ce sont comme des pas dans le sable. » Ernest Pignon-Ernest, in Europe,  numéro de ce mois-ci sur Mahmoud Darwich

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Verso du classeur de ma thèse en couleurs. Le recto est ici, les pages .

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Mahmoud Darwich par Ernest Pignon-Ernest en Palestine

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« Le street art instaure un dialogue avec les habitants, questionnant tantôt l’histoire du bâti, tantôt la profusion croissante d’entraves à la liberté y étant instaurée (vidéosurveillance, omniprésence écrasante des publicités, etc.) » Fanny Crapanzano, Street Art et Graffiti : l’invasion des sphères publiques et privées par l’art urbain

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Écrits, pierres, étoiles etc.

crayons et feutres-min marque-pages-min cailloux etc-min thèse-min« ma thèse en couleurs », photos Alina Reyes

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« Il arrive quelquefois que les rayons tombés des étoiles (pourvu qu’ils soient de la même nature) s’unissent aux métaux, aux pierres et aux minéraux, qui sont tombés de leur position la plus haute, les pénètrent entièrement et s’amalgament à eux. »

Johannis Grasset, « Physica naturalis rotunda visionis chemicae cabalisticae », in Theatrum chemicum,  1661, cité par André Breton dans « Langue des pierres », essai publié dans le numéro 3 du Surréalisme, même, automne 1957

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Écrire une thèse c’est bâtir un palais, une aventure extraordinairement humaine, à chaque instant et pour des siècles en ce monde. Je franchis toutes choses.

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Autre dimension

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Cette nuit en rêve, entrée dans ma thèse en couleurs, qui se transformait en maison, belle maison lumineuse entourée d’un jardin très vert, tout en étant textes dans lesquels il était loisible d’aller et venir.

Le rêve n’est ni imaginaire ni rêverie mais expérience et réel.

Avant-hier j’ai eu la fève (une petite chouette en céramique) juste après avoir lu cette phrase de René Char sur Rimbaud, dans Recherche de la base et du sommet : « Il sait la vanité des renaissances, mais plus et mieux que tout, il sait que la Mère des secrets, celle qui empêche les sables mortels de s’épandre sur notre cœur, cette reine persécutée, il faut tenir désespérément son parti. »

Et hier à la bibliothèque j’ai lu ces autres phrases de Char, dans Le Nu perdu, « Dans la pluie giboyeuse » : « Quelques êtres ne sont ni dans la société ni dans une rêverie. Ils appartiennent à un destin isolé, à une espérance inconnue. Leurs actes apparents semblent antérieurs à la première inculpation du temps et à l’insouciance des cieux. Nul ne s’offre à les appointer. L’avenir fond devant leur regard. Ce sont les plus nobles et les plus inquiétants. » Et j’ai songé, ni à quelque grand poète ni à quelque autre « grand homme », mais à la plus humble personne que j’aie jamais rencontrée, une personne qui, de son élocution difficile, me parlait d’étoiles et de pierres, et qui, un jour, dans la montagne, me raconta l’un de ses rêves.

C’est pourquoi, a dit aussi René Char, « Le poète est la partie de l’homme réfractaire aux projets calculés (…) [il] ne meurt pas forcément sur la barricade qu’on lui a choisie. » Et pourquoi aussi il a défini son recueil Fureur et mystère comme « un dire de notre affection ténue pour le nuage et pour l’oiseau. »

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Recherche sauvage

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La pensée s’étend dans tous les sens, flaire partout. À travers le fouillis des odeurs, les pistes se précisent, les parfums se distinguent, tracent des voies. Dans la vaste bibliothèque laborieuse, je suis le tigre de mon poème, ma thèse.

J’en suis à ma centième page écrite ornée (davantage sont écrites). Les précédentes sont ici

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