Dans le grand cahier où j’écris mon nouveau livre, je dessine aussi (par exemple un ange), et ce soir je me suis mise aux collages
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Dans le grand cahier où j’écris mon nouveau livre, je dessine aussi (par exemple un ange), et ce soir je me suis mise aux collages
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« Le dessin n’est pas la forme, il est la manière de voir la forme », disait Degas. Propos rapporté par Valéry dans son livre Degas Danse Dessin. Lui-même dessinait beaucoup. « Une grotte émane ses stalactites ; un mollusque émane sa coquille », écrit-il dans L’homme et la coquille. Peut-on ajouter : l’homme émane son tracé ? Voici trois de ses dessins, puis un film dans lequel on voit à maintes reprises d’autres de ses dessins et manuscrits dans ses fameux cahiers.
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L’idolâtrie occidentale envers le Dalaï-lama témoigne d’un romantisme, d’un aveuglement, pour tout dire d’une bêtise consternante. Je réédite cette note du 23 février dernier en supprimant la vidéo d’un film médiocre sur la voyageuse et en la remplaçant par des enregistrements extrêmement intéressants où elle parle du Tibet et de son histoire. Y sont évoqués notamment Gurdjieff, qui fut précepteur du dalaï-lama, les guerres et les férocités séculaires entre Chine et Tibet et aussi entre Tibétains, qu’elle appelle « grotesque et sanglante comédie », la doctrine bouddhiste, la vie des moines tibétains.
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Voici un documentaire tourné dans sa dernière maison, où on la voit notamment parler à l’âge de 101 ans avec une parfaite vivacité intellectuelle. Elle devait mourir quelque temps après, alors qu’elle venait de faire renouveler son passeport.
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« Féministe, anarchiste, cantatrice à ses débuts, théosophe, écrivain et journaliste… Le plus grand explorateur du XXème siècle est une femme ! Alexandra David-Néel, exploratrice, féministe, anarchiste, bouddhiste, première femme lama, premier européen à être entré au Tibet en 1914… » Ainsi la présente le site qui lui est consacré.
Je l’ai lue il y a très longtemps avec bonheur. Et je fus ermite en montagne moi aussi – à une moindre altitude, mais véritablement seule (elle, était accompagnée de son serviteur). « Je suis ce qui fut, ce qui est et ce qui sera et nul n’a jamais levé mon voile », disait-elle.
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En allant chercher des jobs, j’ai vu les pieds de l’épicier en train de lever son rideau de fer, le Bal Blomet prêt à réouvrir dans quelques jours, et j’ai respiré à pleines narines l’odeur de l’herbe en train d’être coupée aux Invalides.
aujourd’hui à Paris 15e, par cette journée printanière, photos Alina Reyes
Le Bal Blomet, anciennement Bal Nègre, a une histoire fantastique. Y fut notamment Joséphine Baker, ici présente dans plusieurs notes.
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https://youtu.be/cU-OgaRWE7U
Il en a fait des centaines. Et quand ce n’était pas avec des images, c’était avec des mots : « quand les oignons me feront rire, les carottes me feront pleurer »… « à quoi rêvais-tu, vêtue, puis dévêtue »… et le poème du ramoneur, si noir pour un amoureux des couleurs… un ami des gens et de la vie.
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Telle l’hirondelle, le retour de Madame Terre sur les routes annonce le printemps. Le temps redevenant assez doux, O a repris son vélo pour aller cette fois visiter les taxis du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. Pas mal de célébrités y reposent mais c’est aux taxis, qui furent si nombreux et appréciés à Paris dans les années trente, qu’il a eu envie de rendre hommage, en songeant aussi à tous les immigrés d’aujourd’hui.
en chemin, une halte à Orly puis dans un joli paysage, avant l’arrivée au cimetière orthodoxe, et le rite de la prise de terre et de la mise de terre dans la bouteille dont j’ai fait Madame Terre (et qui contient aussi un petit bout de manuscrit, protégé), déjà riche de la terre mêlée à quelques feuilles, fleurs, eaux et cailloux des pèlerinages précédents :
à bientôt pour la suite d’une bouteille à la terre !
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Le travail de ces artistes femmes sur le corps des femmes est capital. Les musées sont pleins de nus, spécialement féminins, peints par des hommes, et le monde ne dispose que du regard des hommes sur les femmes, ou presque.
Deborah de Robertis a notamment posé devant la croûte de Courbet L’origine du monde. Montrant ce que le tableau du peintre, soumis à sa propre tartufferie, cache.
Et les gardiens de musée, comme elle dit, jouent leur rôle : celui de gardiens de choses mortes, et de chasseurs d’êtres vivants. Exactement comme en littérature, dans l’édition, la critique, on vante les poètes et les auteurs morts, et on se débarrasse des vivants, soit en les poussant à se conformer au marché, soit en neutralisant leur œuvre par le traitement qui en est fait, le plus souvent au prétexte de la promouvoir (mais les plus promus sont les moins vrais, les plus insignifiants, les plus assimilables, c’est plus sûr), soit encore, s’ils sont irrécupérables, en les excluant.
Car si pour ces gardiens les œuvres qu’ils gardent étaient réellement des œuvres vivantes, comme elles le sont pour qui les voit avec des yeux bien vivants, s’ils reconnaissaient et aimaient vraiment l’art, ils ne songeraient pas un instant à chasser Deborah de Robertis. Mais les amateurs d’art et de littérature, ou du moins ceux qui vivent de l’art et de la littérature faits par d’autres, ne sont en fait que des conformistes, des assis parlant volontiers de révolution et mourant dans leur confort, des imposteurs contribuant à l’imposture et à l’aveuglement du monde que les artistes et les auteurs révèlent.
Autres vidéos sur la chaîne viméo de Déborah de Robertis
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Au retour de la dernière épreuve de l’agrégation (version anglaise, quel bonheur de traduire dès le matin), j’ai pris depuis le bus une photo d’une oeuvre de Miss Tic, à la Butte aux Cailles, puis plus tard dans l’après-midi en allant rendre un livre à la bibliothèque je me suis autoportraiturée au passage en voulant photographier une autre oeuvre de street art en verre coloré, ou ce qu’il en reste. Une bien heureuse journée.
aujourd’hui à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes
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Ce matin je suis arrivée à l’épreuve de version grecque de l’agreg si accablée de sommeil que j’avais du mal à tenir les paupières ouvertes et à tourner les pages de mon énorme dictionnaire, et même à me rappeler l’ordre de l’alphabet. Parmi les erreurs de traduction que j’ai faites, celle-ci m’amuse : dans ce texte d’Épictète où il est question de gens qui vont à Olympie, moi je les ai envoyés sur l’Olympe. Et après tout, il est bien vrai qu’il y fait chaud ou qu’il y pleut comme au ras du sol.
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Images de Paris et d’Arcueil où depuis hier j’ai le plaisir de concourir pour l’agrégation de Lettres modernes – un marathon qui dure toute la semaine, pas facile mais stimulant. Lundi première dissertation (c’est Giono qui est tombé), ce matin les épreuves de traduction, phonétique et grammaire d’ancien français(3 h), cet après-midi 3 autres heures de grammaire et stylistique du français moderne (ce fut sur un passage des Essais de Montaigne). Demain la deuxième composition de littérature, comme lundi sept heures d’affilée – ce soir, soirée révision des textes au programme. Jeudi, version grecque, vendredi version anglaise.
une affichette à l’intérieur des toilettes de la Maison des Examens
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vue de la salle où nous trimons
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vues du bus 57, en retournant vers Paris
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et à Paris 13e, à côté de l’école de chimie, en faisant le reste du chemin à pied, photos Alina Reyes
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