Terre

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des paysans palestiniens hier à l’audience de la Cour suprême de justice israélienne, qui doit décider s’il est légitime de leur prendre leurs terres

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Le déterreur Edward Snowden de nouveau proposé comme candidat au prix Nobel de la Paix. Quelle bonne idée. Personnellement je lui ai déjà décerné, ici même, le titre d’homme de l’année.

Guerre autour de la théorie du genre. D’un côté on brandit des fantasmes, de l’autre la dénégation et le martinet. Quant aux faits, qui daignera les exposer ? que contient exactement le programme scolaire en question ?

Je ne sais ce qu’était devenu le jadis sympathique François Cavanna. En tout cas le journal qu’il fonda, Charlie Hebdo, sentait déjà le cadavre.

Dieudo enterre son magot. Comme avec Soral, les pauvres couillons continuent d’être invités à raquer. Tout ça parce que personne ne leur offre une parole qui puisse leur donner satisfaction. Dans ces cas c’est comme pour le sexe, on est prêt à payer, et pour du sale.

La Cour suprême de justice israélienne a examiné hier s’il était juste ou non de voler les terres de cinquante-huit familles palestiniennes, terres agricoles dont elles vivent, pour y construire encore un mur de l’apartheid, à Crémisan, sur un territoire qui n’appartient pas à Israël. Réponse dans un mois. Cette « Cour suprême de justice » doit avoir enterré la justice bien profondément pour avoir à la chercher si longtemps.

Droit de vivre

En ce matin d’hiver, à l’aube, des dizaines de policiers ont procédé à l’évacuation d’un bidonville où vivaient six cents Roms, à Bonneuil-sur-Marne, et dont les enfants étaient scolarisés dans les villes avoisinantes. Où iront-ils ?

En ce matin, la justice française a rejeté la demande de titre de séjour de la famille Dibrani, dont les enfants, qui étaient en voie d’intégration, sont désormais déscolarisés, dans un pays qui leur est étranger. Leonarda parle de mourir.

En ce matin où les commentaires vont bon train sur le fait que le père Dibrani n’avait qu’à travailler, la presse titre sur l’échec de François Hollande face à l’augmentation du chômage. Savent-ils, ces gens, ce que c’est que de rechercher désespérément un travail introuvable ? Ce n’était peut-être pas le cas de cet homme, mais c’est le cas de bien d’autres, de plus en plus. Il n’y a pas de travail pour tout le monde, mais tout le monde a le droit de vivre.

En ce matin la presse parle aussi du fils du ministre Jean-Yves Le Drian, qui s’est vu attribuer, lui, à vingt-neuf ans, de hautes fonctions, bien au-dessus de ses qualifications, vraisemblablement du fait d’un échange de bons procédés entre le ministre et l’employeur.

« Jour de colère » : hommes au béret et petit bonhomme à l’ananas (photos, vidéo)

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25,

voir mon reportage photo entier et ma courte vidéo de dieudonnistes sur Citizenside

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Sans joie sous la pluie froide, lourde et persistante, une manifestation très hétéroclite, réunissant les franges mécontentes, voire égarées et aigries, de la France. Des jeunes banlieusards dieudonnistes côtoyaient quelques dames âgées en fourrure au bras de leur mari, des identitaires, des royalistes, des catholiques intégristes, des contestataires de la fiscalité… Des zones d’agitation, beaucoup de pétards, des fumigènes, des slogans contre François Hollande, des invectives aux journalistes (dont j’étais, avec mon appareil photo), des chants de la Marseillaise comme de Shoananas ou des prières chrétiennes… J’ai vu tout le défilé du début à la fin, il m’a semblé que les manifestants étaient un peu moins nombreux que ceux de la « Marche pour la vie » la semaine dernière. En aucun cas ils n’étaient cent mille, comme ils l’annoncent. Je dirais plutôt moins de vingt mille. Mais portés par un esprit factieux inquiétant.

Le voile, la minijupe, la bombe, le singe

Bientôt de nouveau la journée du hidjab. Par solidarité avec les femmes voilées et respect pour elles, les non-musulmanes et les non-voilées sont invitées à porter le voile durant une journée. La solidarité impliquant la réciprocité, nous verrons peut-être bientôt des musulmanes voilées participer à une journée de la mini-jupe ? Pour montrer le respect qu’on doit aussi avoir envers les femmes qui assument le droit de ne pas cacher leur corps, tout aussi important que celui de le cacher.

Les Femen sont entrées dans la nouvelle année en annonçant qu’elles allaient passer au terrorisme. N’allons pas imaginer qu’elles pourraient avoir quelque lien avec la bombinette artisanale qui a explosé cette nuit près d’une église française toute proche du Vatican. Sûrement un coup de la mafia, assure Le Figaro, sans aucun lien avec la visite de François Hollande au pape.

Le pape déclare en substance qu’il faut se soucier de l’écologie, car « la nature ne pardonne pas quand on ne prend pas soin d’elle ». Prendrait-il la nature pour quelque divinité ombrageuse, ou bien est-il tout bêtement animiste ?

Le magazine catholique La Vie promeut le livre d’un Américain qui défend la différence des sexes notamment en comparant les enfants aux chimpanzés mâles et femelles. Jésus-Christ serait-il à la fois singe et Dieu ? Dans Voyage, Adam se perd en se référant au singe. Nous y voilà, la confusion spirituelle est achevée.

Mon commentaire (censuré ?) sur Golias

(Ajout du 24 janvier : finalement le commentaire, posté hier en fin d’après-midi, a été validé ce matin.)

Il y a quelques heures, j’ai posté sur Golias un commentaire, en réponse à d’autres qui m’étaient adressés, qui n’a toujours pas été validé. Au cas où il ne le serait jamais, je le recopie ici :

Je suis l’auteur d’un livre de mille pages à la gloire du Christ, qui se termine par une règle pour un nouvel ordre d’inspiration monastique, un ordre inter-religieux. J’ai été obligée d’éditer moi-même ce livre, que j’ai envoyé au pape au printemps dernier et qui est resté sans réponse. Comment expliquez-vous cela ? Ce n’est pas que mon livre n’intéresse pas, c’est qu’il intéresse beaucoup et que je ne suis pas assez docile. Et je ne saurais pas quelle est la difficulté d’être une femme dans l’Église ? Si j’étais un homme j’aurais beaucoup de difficultés aussi, comme tous les hommes un peu novateurs en ont eu, avant d’être récupérés après leur mort. Mais le fait d’être une femme rend la chose encore plus difficile, c’est certain. C’est pourquoi je dis aux femmes de ne pas se tromper dans leur combat et dans leur façon de combattre. Qu’elles ne se contentent pas de demander leur place, qu’elles l’inventent et qu’elles la prennent. Et si on les en empêche, qu’elles refusent la place au rabais qu’on leur propose (c’est ce que je fais, c’est pourquoi je suis isolée et mon livre inconnu, mais cela vaut bien mieux que de laisser le système se perpétuer en courbant l’échine).

J’ai de sérieuses raisons d’être méfiante envers ce qui se cache derrière la parution de ce livre [Le déni – voir aussi le dernier paragraphe de ma note précédente]. Derrière la burqa, on croit qu’il y a une femme, et parfois c’est Michael Jackson, ou un escroc. Pourquoi n’assument-elles pas ? Et comment se fait-il que tout en déplorant que les hommes ne fassent pas assez de place à la parole théologique des femmes, elles-mêmes s’en désintéressent quand je leur propose de leur offrir mon livre ? Depuis quelques années maintenant que je vois comment se passent souterrainement les choses, je sais, sans avoir de preuves pour l’affirmer, ce qui est vrai et ce qui relève du coup. Il y a ce que les médias, y compris Golias, savent, et il y a ce qu’ils disent – ce n’est pas exactement la même chose. Il y a aussi ce qu’eux-mêmes ne savent pas.

Quoiqu’il en soit, qui veut combattre, homme ou femme, doit le faire à visage découvert, et avec courage, même si cela a un coût.

Têtes de gondole fomenteuses

Bernard-Henri Lévy est furieux : la directrice de l’Unesco a pris une décision qui le contrarie, alors qu’il l’avait fait élire. Eh oui mon gars, quand on manœuvre pour faire faire par les autres la règle du jeu selon soi-même, cela présente l’avantage de ne pas avoir à assumer le mal qui peut en découler, mais aussi l’inconvénient de risquer de n’être pas obéi de ceux qui assument, eux, la fonction pour laquelle ils ont été élus.

Ils sont nombreux, les manœuvriers de l’ombre, tels les femmes du harem des puissants se livrant à des jeux d’influence derrière leur voile. B-H L, soucieux de ne pas laisser se perdre sa photogénie, lève plus qu’à son tour son voile sur sa poitrine conquérante, mais cela ne change rien : au final, non, ce ne sont ni lui ni ses semblables qui décident. Les décideurs décident. Ceux qui ont été portés au pouvoir ou laissés au pouvoir par les hommes décident des affaires de leur temps – qui la plupart du temps leur échappent quand même. Puis leur temps est balayé, et ne reste vivant que ce qui a été élu viable par ce qui dépasse les hommes. C’est-à-dire, ce qui est juste et vrai, ce qui est du Logos souverain qui seul donne et perpétue la vie.

François Hollande, paraît-il, laisse tomber les Femen. J’ai appris hier que leur chef n’a que vingt-trois ans. Je lui en donnais trente-cinq. Du coup, je me sens plus portée à l’indulgence envers elle et ses camarades. Trimballées d’idéologues communistes en idéologues néo-nazis, financées par des libéraux, soutenues par des socialistes, accusées de fonctionner comme une secte, elles ont une histoire accablante. Le mieux serait qu’elles s’en sortent et passent à autre chose, autrement. Quant à Hollande, ses soucis avec les femmes ne semblent pas près d’être terminés. Comment prôner l’unité du pays quand on est soi-même si désuni ?

Ainsi les têtes de gondole de ce monde cachent-elles les rayonnages de ses misères. Qui est derrière les femmes anonymes qui ont publié un livre sur le manque de place pour les femmes au sein de l’Église ? Et si c’était des hommes qui, comme avec les Femen, ne seraient pas fâchés de discréditer la cause des femmes en les poussant à accomplir des actions pour le moins pas claires ? Tout en dépêchant quelque préposé aux basses œuvres à dénigrer copieusement leur parole dans la presse ? Encore un effort, messieurs et mesdames les fomenteurs en tous genres, pour sortir du bourbier. LA FIN NE JUSTIFIE JAMAIS LES MOYENS, quand cela sera-t-il compris ?

Belles nouvelles

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Don Quichotte ? « Dans les grandes manifestations à Madrid, Athènes, Londres ou Paris, on voit défiler un grand type au bonnet rayé noir et jaune brandissant des slogans écrits en lettres colorées ». Jean-Baptiste Reddé, alias Voltuan, portraitisé par Miguel Mora. (Courrier International)

« La communauté juive de la ville de Bradford, dans l’ouest de l’Angleterre, a bien failli en mars dernier voir disparaître sa synagogue vouée à la destruction, mais grâce à la mobilisation de la communauté musulmane locale, le vieil édifice juif est enfin sauvé. » (Le Monde juif)

« Cela s’est passé lors d’un service oecuménique à Boston entre le cardinal Sean O’Malley et la révérende Ann Robertson. Le premier a demandé à la seconde de l’ondoyer d’eau bénite ». (Fait religieux)

Sexisme et bêtise

Une enquête révèle que sur Google, les parents « s’intéressent surtout au cerveaux de leurs garçons et au corps de leurs filles » (ici). Deux femmes, ou prétendues femmes, ont publié sous anonymat un livre intitulé Le déni, sur le sexisme dans l’église catholique et l’empêchement de parler fait aux femmes dans cette institution. Par mail, je leur ai proposé de leur envoyer gracieusement Voyage, un livre riche en théologie (et de facto censuré par le clergé de Rome et par le « milieu » de l’édition à Saint-Germain des Prés). Elles m’ont répondu qu’elles aimeraient mieux avoir mon « livre sur le corps ». Soit elles sont aussi fausses, manipulables par les hommes et nuisibles que les Femen, soit elles sont très bêtes : dans les deux cas elles justifient le fait qu’on les cantonne aux tâches ménagères.

Il y a aussi une autre explication à leur demande, d’où qu’elle soit émise en fait : il s’agit d’un aveu inconscient que le mal est dans leur corps, que c’est cela leur sempiternel souci. Des psychiatres, des sexologues, recommandent à leurs patients mes livres « sur le corps » pour guérir. Je recommande n’importe lequel de mes livres, car le corps et l’esprit n’y sont jamais séparés, comme il en est en vérité.

ajout : voir aussi ici (dernier paragraphe) et ici

Ce qui se passe (et les photos de la Marche pour la vie)

Mon reportage photo sur la Marche pour la vie est visible ici en diaporama sur Citizenside.

Je suis partie en reportage photo à la Marche pour la vie. J’ai remonté la manif de Denfert jusqu’après Montparnasse, puis dans l’autre sens. Il m’a semblé qu’il y avait environ 20 000 personnes, souvent en famille et de toutes générations (le cortège était long mais peu dense). Une dramaturgie peut-être un peu excessive quand il est demandé aux manifestants de mettre sur leur bouche le bâillon rouge qui leur a été distribué (qu’est-ce que je devrais dire !) et de se tenir en silence droit les mains derrière le dos comme ceux qu’on va fusiller.

J’ai entendu ce chiffre : une naissance sur cinq en France est interrompue par un avortement. Je vérifie sur internet, c’est exact. Pour moins de 800 000 naissances, plus de 200 000 avortements par an. C’est quand même de la folie. Seulement, c’est de la folie aussi d’être à la fois contre l’avortement et contre la contraception.

Tout au bout du défilé, à la fin, des gens prient Notre-Dame des tout-petits. Une femme me saisit par le bras, me dit : « Retrouvez Dieu, Madame ! Vous écrivez bien, mais retrouvez Jésus ! » Puis elle ajoute une phrase dont j’entends seulement le mot « Mahomet ». Je lui réponds en souriant « ne vous inquiétez pas, Jésus est vivant » – mais elle est déjà partie, sans écouter. Ah, si elle savait… Les gens devraient mieux étudier et réfléchir, ils comprendraient ce qui se passe.

Cruauté, indignité du Saint-Siège et responsabilité des fidèles

Les quatre cents prêtres que Benoît XVI a défroqués pour abus sexuels sur enfants lors de la dernière année de son pontificat, ont-ils assumé leurs actes devant la justice, ou simplement été relâchés dans la nature, où ils n’ont plus qu’à réitérer leurs crimes ?

Le pape François multiplie encore les belles paroles, certes plus faciles à multiplier que le pain, qui est concret. Le Saint-Siège fait savoir que nul plus que le pape François n’a d’amour pour les enfants et la famille. Mais qu’est-ce donc qui est plus fort que son amour des enfants et de la famille, et qui l’empêche de répondre aux associations qui demandent que l’Église ouvre ses archives pour que les trois cent mille femmes à qui elle a volé ou contribué à voler leur bébé, en Espagne, puissent retrouver leurs enfants qui les cherchent et qu’elles cherchent ? Qu’est-ce donc qui le fait non-agir avec une telle cruauté ? La peur du scandale, encore ? La peur de voir surgir des demandes de justice, voire d’indemnisations, comme dans le cas des abus sexuels qui leur ont coûté « tant d’argent » comme il l’a dit l’autre jour ?

Est-ce donc tout cela, toutes ces choses méprisables, qui sont plus fortes que son amour des enfants et de la famille ? Il avait eu de belles paroles aussi, il y a quelques mois, sur le fait que saint Pierre n’avait pas de banque. Tant de belles paroles et d’apparences pour faire en sorte que selon la formule du Guépard que paraît-il il affectionne, « tout change pour que rien ne change ». Que les apparences changent afin qu’en fait rien ne change. Il fustige la banque mais l’IOR, la très corrompue banque du Vatican, est toujours en place. Et apparemment il est plus important de protéger ses fonds que de faire son devoir envers les mères et les enfants qu’on a scandaleusement séparés.

Dimanche certains chrétiens participeront à la Marche pour la vie. J’attends que d’autres organisent une marche de solidarité avec toutes les victimes de ces drames sans nom dont leur église s’est rendue coupable et qu’elle refuse de réparer. Car il s’agit bien de la vie, de vies qui ont été détruites, niées. De vies d’êtres qui sont encore vivants, et sur lesquels Dieu exige que nous ne fermions pas les yeux.

Pauvres enfants

Dans un livre d’entretien avec Philip Roth, Le livre du rire et de l’oubli, Milan Kundera disait que la métaphysique de la vie privée d’une personne dévoilait celle de sa vie politique (je l’ai déjà cité quelque part mais je n’ai plus le livre, je cite de mémoire).

J’ai repensé à cette phrase en lisant que la compagne officielle de F. Hollande aujourd’hui n’avait pas donné signe de vie, pas même à son fils de seize ans qui jusque là pouvait venir la voir tous les jours, à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

J’y pense aussi en relisant que l’Église refuse de répondre à l’ONU sur les crimes pédophiles chez les Légionnaires du Christ, ainsi que dans l’affaire du vol de trois cent mille bébés en Espagne sous la dictature franquiste et jusqu’en 1990 – affaire dans laquelle elle reste muette face aux demandes des associations qui souhaitent qu’elle ouvre ses archives pour permettre les retrouvailles des enfants et des mères qui se cherchent. « Avons-nous honte ? », sermonne le pape. « Et aujourd’hui, que faites-vous ? », pouvons-nous lui demander. Peut-être les fidèles qui veulent une église respectueuse devraient-ils faire la grève de la messe. Et même le clergé. Et bien sûr les femmes, toutes celles qui servent de bonniches à ces messieurs dans l’institution et qui n’ont droit ni à la parole ni au vote.

Pauvres enfants.

Manif pour l’Hôtel Dieu et les Hôpitaux de Paris

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Je suis passée devant l’Hôtel Scipion, à Paris, où Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, était en train de présenter ses voeux aux agents de l’AP-HP. Mais certains étaient dehors à manifester, notamment pour l’Hôtel Dieu, qui ferme ses Urgences.

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Charles Beigbeder, le candidat UMP dissident aux municipales, était là (tout à droite sur la photo). Au mégaphone, il a été fait allusion au fait que la manif ne pouvait être récupérée par les candidats qui étaient là pour se montrer .

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En attendant la sortie du directeur et des personnes invitées au « pince-fesses », comme dit dans le mégaphone, ils ont allumé un fumigène.

photos Alina Reyes