Le bel été – avec l’enseignement du don Juan de Castaneda

au lever-min,Ce matin au lever, photo Alina Reyes

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J’ai fait les soldes dans les boutiques pour gamines, parce que c’est là que je trouve des choses à mon goût et à ma taille. J’ai pris deux micro-shorts en coton pour la maison, par temps de canicule c’est bon et cela me donne l’occasion de continuer à bien aimer mes lignes.

J’ai acheté ma première liseuse et j’en suis très très contente. J’ai lu des heures durant, quand on a envie de se reposer c’est génial aussi. J’ai d’abord lu un roman qui se trouvait déjà dans la liseuse, Orages d’Estelle Tharreau. Un roman sans prétentions publié chez un éditeur improbable (Taurnada), mais justement c’est intéressant, plus intéressant que la production des romanciers à la mode avec leur art plus que jamais épate-bourgeois, et finalement malgré son espèce d’amateurisme il en reste quelque chose, la vision discrètement hallucinée de son auteure et une frustration à la fin bâclée qui disent quelque chose de profond.

Puis j’ai téléchargé d’autres textes de mon choix, et je suis en train de lire Le voyage à Ixtlan de Carlos Castaneda. Bizarrement malgré mon adolescence de hippie des années 70 je n’avais jamais lu cet auteur. En fait non, pas si curieusement : il était trop à la mode pour me donner envie d’aller voir. J’ai toujours été dandy dans l’esprit :-) Bref, maintenant c’est le bon moment pour y aller, et j’y suis allée. Son don Juan, le vieil Amérindien à qui il lui a demandé de lui enseigner les plantes, est aussi un personnage des plus dandys dans l’esprit. Et j’admire qu’il s’appelle don Juan, comme le personnage littéraire, avec qui, selon ma lecture du personnage de Molière, il partage un haut degré de dandysme. « Les gens ne se rendent pas compte qu’ils peuvent abandonner n’importe quand n’importe quoi dans leur vie, simplement comme ça, dit-il en claquant des doigts »

(…) « Il faut, entre autre choses, que tu effaces ta propre-histoire » (…) « En premier lieu il faut avoir envie de la laisser tomber, et alors il faut harmonieusement, petit à petit, la trancher de soi. » (N’ai-je pas moi-même écrit au début de mon premier livre « la tranche tomba sur le billot »?)

Dans sa préface, Castaneda résume l’enseignement de don Juan, selon qui pour apprendre quelque chose il faut « stopper le monde ». « Une fois le monde « stoppé », l’étape suivante était « voir ». Castaneda a du mal à comprendre pourquoi don Juan se comporte aussi bizarrement et lui en fait voir de toutes les couleurs au lieu de lui enseigner les plantes, comme il le lui a demandé. La vieille sauvage que je suis sourit : en fait, quel magnifique enseignant, ce vieux sorcier. Il est bel et bien en train de lui enseigner les plantes, et j’ignore comment se poursuit le livre mais je sais que dans la vie, l’étape suivante, c’est apprendre les cailloux.

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Grandes lectures d’été, annonce

eau-forte de Leonor Fini pour l'édition très incomplète du "Manuscrit trouvé à Saragosse" par Roger Caillois

eau-forte de Leonor Fini pour le « Manuscrit trouvé à Saragosse »

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L’été est propice aux grandes lectures. Grandes par la taille et par l’importance. J’aime consacrer mes étés à un grand texte ou à un grand auteur que je lis ou relis. L’été dernier j’ai lu Le Kalevala, la splendide épopée finnoise. Pour cet été, je prévois Les sept piliers de la sagesse de Lawrence d’Arabie, et le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, que je viens de relire mais que je vais relire encore, dans une autre édition que j’ai commandée en bibliothèque. Pour Les sept piliers, j’ai l’original en ebook et une traduction française en papier. Dans sa préface au Manuscrit, René Radrizzani écrit : « Tout se passe comme si Jean Potocki, à l’instar d’un certain Ts’ui Pen dont parle Borges, avait voulu écrire un roman qui eût encore plus de personnages que le Hung Lu Meng, et construire du même coup un labyrinthe dans lequel tous les hommes se perdraient. »

Eh oui. Car il faut les faire se perdre pour leur donner une chance de (se) trouver. Voilà bien de quoi parlent, je pense, ces deux chefs-d’œuvre dont je compte parler ici au fil de ma lecture. Notons que le Hung Lu Meng, Le rêve dans le pavillon rouge, eut d’abord pour titre Les Mémoires d’un roc, ou Histoire de la pierre.

À suivre, dans le labyrinthe, toujours.

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La condition humaine, 3 (silex peint)

 

Décidément la mode est au négationnisme. Honte à ceux qui ont commémoré le Débarquement en ignorant les Russes, sans lesquels nous ne parlerions plus français. Start-up nation, nouveau nom de la collaboration. Ô têtes de cons, inutile d’aller vous chercher chez vous : 25 millions de Russes morts à la guerre contre le nazisme vous feront de l’autre côté l’accueil que vous aurez mérité.

Pour se nettoyer, encore, du spectacle de la misère, voici, après la topographie et l’histoire, un silex (11 cm de longueur) qui parle d’amour.

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Comme pour les précédents, j’ai peint le silex enchâssé dans la craie, cette fois en prenant garde à ne pas me couper à l’arête du nez, très tranchante

silex peint 12-min

une face, l’autre…

silex peint 13-min

et comme il tient debout, le voici vu du dessus…

silex peint 14-min

et vu de face :

silex peint 15-minAlina Reyes

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Château d’Ermenonville et environs

Nous avons passé deux jours inoubliables dans ce pays enchanteur, aimé de Nerval et de Rousseau, et nous avons logé dans le château qui, chose rare, fait office d’hôtel. Nous avons visité aussi les ruines altières de l’abbaye de Chaalis et, au même endroit, le fantastique musée Jacquemart-André.

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ermenonville et environs 1-minPour commencer, un arrêt à Mortefontaine, où l’on garde (comme moi dans mon cœur) le souvenir de Nerval et de ses Filles du feu ermenonville et environs 2-min

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L’arrivée au château d’Ermenonville, avec ses plans d’eau et sa cascade. Une merveille très abordable financièrement, car le château n’a pas (pour l’instant) était réaménagé à grand frais, et heureusement : non seulement tout le monde peut en profiter, mais même en dehors de la question du prix, il est beaucoup plus charmant ainsi, avec les marques du temps qui se font si savoureusement sentir, qui sont si apaisantes et enchanteresses.ermenonville et environs 3-min

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Notre chambre donne de l’autre côté du jardin. Quelle émotion, en ouvrant sa porte, de découvrir la vue par la vaste fenêtre !ermenonville et environs 5-min

ermenonville et environs 6-minJe vais contempler ces lieux des heures durant, du rebord de notre fenêtre ou en allant nous y promener. J’observe beaucoup d’oiseaux et d’autres animaux (je m’abstiendrai de mettre ici les dizaines de photos de hérons en train de pêcher et de ragondins en train de nager ou de brouter que j’ai prises !)ermenonville et environs 7-min

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Je vous présente la vieille oie sage qui veille à l’entrée du château, qui m’écoute quand je lui parle et me répond. Elle passera la nuit sur l’îlot face à notre chambre (on la voit en bas à droite de l’image) :ermenonville et environs 15-min

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Un apéritif en terrasse et un dîner au restaurant du château, « La table du poète »

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Les effets de reflets, mobiles

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Au matin les oies et leurs petits glissent sur l’eau verteermenonville et environs 27-min*

Il est temps de quitter la chambre du bonheurermenonville et environs 28-min

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Nous arrivons aux ruines de l’abbaye de Chaalisermenonville et environs 29-min

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ermenonville et environs 31-minUne Annonciation de Primatice dans la chapelle ermenonville et environs 32-min

Des bêtes étranges l’entourent, dont une espèce de dinosaure et un escargotermenonville et environs 33-min

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À nous deux seuls aussi la roseraie (c’est l’avantage de partir en week-start plutôt qu’en week-end : il n’y a personne), une merveille de grâce, arrangée dans un esprit médiévalermenonville et environs 36-min

ermenonville et environs 37-min

ermenonville et environs 38-minPuis nous passerons beaucoup de temps au musée conçu par Nelie Jacquemart-André, dont je ne montre rien car il est interdit d’y prendre des photos. Allez-y si vous en avez l’occasion et voyez par vous-même, cela vaut vraiment le déplacement. Un peu comme au château on se sent plus chez soi qu’à l’hôtel, on s’y sent comme dans une maison où tout vit encore plutôt qu’au musée.

*ermenonville et environs 39-minNous reprenons la route, et après ce séjour à Ermenonville où O avait déjà emmené, avant moi, Madame Terre, nous passons par une autre étape de Madame Terre, le village fantôme de Goussainville. Que reste-t-il quand tout un habitat s’est déplacé ? La littérature, ici présente grâce à un bouquiniste endurant. ermenonville et environs 40-min

Hier et aujourd’hui dans l’Oise, photos Alina Reyes

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Galets peints, encore : figures et symboles

Je continue à peindre les galets que me rapporte O.

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Ceux-ci sont petits. Pour ces trois figures, j’ai repris en fond la couleur originelle du galet, en l’exhaussant.

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J’ai aussi repeint deux petits galets que j’avais décorés aux feutres il y a quelques mois et qui étaient bien pâles, par rapport aux galets peints. Je les ai d’abord enduits de Gesso, afin de pouvoir ensuite les repeindre.galets peints 15-min

Pour ce dernier, dédié à O, j’ai repris le symbole de l’Homme gravé dans une bague berbère qu’il m’avait rapportée de l’un de ses voyages (bague que je porte tous les jours), et je l’ai fait vert car son prénom est le nom d’un arbre et car son arbre préféré est le pin à crochets, qui pousse en altitude.

galets peints 16-min

bague-min*

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O m’a de nouveau rapporté des pierres. Pas des galets des plages de Normandie cette fois, mais des silex dans leur craie trouvés dans un champ dans la Somme. J’ai juste commencé à en peindre un, les voici au naturel avant de revenir avec le résultat des trois transformés :

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Nouveaux galets peints : intérieur extérieur

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Finalement la cohabitation entre écriture et peinture s’est passée à merveille. Hier matin j’ai commencé à peindre trois nouveaux galets, hier après-midi je suis allée écrire en bibliothèque et mon écriture a trouvé un nouveau délié, un nouvel élan. Cette nuit j’ai fini de peindre les trois nouveaux galets et j’en ai peint encore deux autres, ce matin j’ai verni les cinq.

Je ne sais plus dans quel livre j’ai parlé du caillou de l’être, ou de la pierre dure de l’être. Les galets disent : nous sommes ta solidité, ton unité et ta multiplicité, nous sommes ta très longue durée, en échange de cela que nous t’offrons de toi par notre présence, révèle, extériorise notre joie intérieure !

 

mosquee-minHier à la Grande mosquée de Paris, photo Alina Reyes

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Galets peints

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Au paradis on peut faire son travail avec cœur, ou tout simplement aller se promener ; on peut faire l’amour, ou tout simplement aimer ; on peut écrire, ou tout simplement peindre. Des cailloux, par exemple. O m’ayant rapporté des galets, j’ai eu envie de les peindre. En fait il y a un moment que j’ai envie de peindre, et que je ne le fais plus parce que mon appartement est saturé de peintures, et d’autre part parce que je suis occupée à écrire. Mais j’ai trouvé comment continuer : en peignant des galets, qui prennent peu de place, ou en peignant par-dessus d’anciennes peintures dont je ne suis pas satisfaite – c’est ce que je ferai quand je ferai une pause dans l’écriture, très bientôt peut-être car j’en ai grand désir. À moins que je ne parvienne à peindre le matin et la nuit, par exemple, et écrire l’après-midi. On verra. C’est moins une affaire de temps que de partage dans la tête, souvent il faut être toute entière à une création, sans passer de l’une à l’autre.

J’ai d’abord lavé les galets dans l’eau savonneuse, je les ai rincés et séchés. Puis, sans idée préconçue, j’ai commencé à les peindre à l’acrylique, en passant de l’un à l’autre : en attendant qu’une couleur sèche sur l’un, la passant sur un autre. Je les ai peints comme des tableaux, c’est-à-dire en superposant les couches si nécessaire, en improvisant sur le support jusqu’à ce que je sois satisfaite. Puis je les ai vernis. J’ai laissé le verso au naturel, afin qu’il témoigne de ce qu’était le caillou avant transformation. Avec les cailloux, comme avec le bois, l’intérêt est aussi de jouer avec la structure, les formes voire les couleurs naturelles du galet – comme avec les nœuds sur une planche de bois et les mouvements sur une branche sèche. Ceux-ci sont donc mes trois premiers, il m’en reste beaucoup d’autres et O m’en rapportera autant que j’en voudrai.

 

galets peints 4-mincopyright Dieu & Alina Reyes

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De manuscrit en manuscrit

Toujours, comme hier, en rapport avec mon manuscrit en cours, et après avoir fait mon quasi devoir conjugal avec mon journal intime, j’ai fait ce dessin cette nuit à main levée, en me regardant de temps en temps dans un tout petit miroir, pour étudier un peu les proportions. Puis j’ai ajouté cette citation du merveilleux Manuscrit trouvé à Saragosse, de Jean Potocki, que je suis en train de relire dans une version plus complète que celle que j’avais lue il y a longtemps – l’édition nouvelle établie par René Radrizzani, qu’on trouve au Livre de Poche, un bonheur.

 

image Alina Reyes

image Alina Reyes

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Serial ignorants et lonesome prophètes

Hier en fin d'après-midi au Jardin des Plantes, après mes heures d'excellent travail, encore, à la bibliothèque, photo Alina Reyes

Hier en fin d’après-midi au Jardin des Plantes, après mes heures d’excellent travail, encore, à la bibliothèque, photo Alina Reyes

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Acharnement médiatique sur Game of Thrones, acharnement thérapeutique sur Vincent Lambert… Les obsessions maniaques, la démence de ce monde éclatent dans les faits insignifiants comme dans les très signifiants – pour Vincent Lambert, sur le cauchemar catholique et son adoration de la souffrance. Pour GoT, j’ai regardé il y a un ou deux ans quelques saisons de la série mais je ne sais plus à laquelle je m’étais arrêtée. J’ai avalé les épisodes les uns après les autres en quelques jours, puis quand j’ai arrêté, j’ai à peu près tout oublié et le désir de regarder la suite m’a complètement abandonnée. Ainsi va le divertissement (vanté par une ministre et commenté par un philosophe fascisant – je n’ai pas gaspillé mon temps à écouter les aventures de Schiappa ni à lire l’article de Zizek, les titres suffisent souvent à s’informer). Et j’ai lu que cette dernière saison était ratée, du fait que les producteurs n’ont pas attendu que l’auteur du livre l’écrive lui-même. N’est pas auteur qui veut. J’ai lu aussi que Virginie Despentes n’était pas contente du tout de l’adaptation en série qui a été faite de ses romans, dont j’ai oublié le titre. Les raisons pour lesquelles des producteurs choisissent de médiocres scénaristes plutôt que d’excellents scénaristes sont nécessairement mauvaises. Il en va de même pour les éditeurs qui choisissent des auteurs médiocres. La médiocrité est d’abord celle de ces décisionnaires, à la fois trop paresseux, trop malhonnêtes et trop avides pour choisir l’excellence.

Dans Voyage en 2013 j’avais prophétisé le clocher d’une église écroulé, des barricades de voitures brûlées et la destruction de la cité, tout cela dans Paris. La destruction en cours de la cité ne vient pas d’un jeu de trônes, contrairement à ce que voudrait faire croire le divertissement, mais de l’imbécillité ordinaire et de la mauvaiseté politique de décideurs que, dans un monde orwellien, on appelle souvent élites, alors qu’ils sont ignorants. À part eux, tout vivant est savant, donc règne. Je suis vivante, reine et prophète.

 

dessin 3-minDessin réalisé hier soir dans mon cahier-chantier, en rapport avec ma journée d’écriture

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Exigence excellence

garde républicaine-min*

J’étais devant la mosquée, en chemin pour la bibliothèque, quand une cavalière et un cavalier de la Garde républicaine, montés sur leurs fiers destriers, sont arrivés. Comme chaque fois que j’en vois, je les ai admirés et photographiés au passage. J’ai déjà dit ici mon estime pour cette institution, où chaque personne œuvre pour « que tout soit impeccable ». Une institution dont le principe de discipline est une ascèse et dont la valeur est l’honneur.

Quand il m’arrivait de fréquenter les salons du livre et autres manifestations et institutions littéraires, j’en revenais toujours très déprimée, à cause du manque d’honneur auquel j’avais assisté, dans ce milieu de pipelettes mondaines préoccupées de prix littéraires et autres basses affaires. D’après mes expériences professionnelles, même les salles de rédaction ne sont pas aussi indignes. J’ai trouvé beaucoup plus de dignité dans les salles de profs, malgré les faiblesses énormes de l’Éducation nationale, et parmi les ouvriers ou les artisans, commerçants, restaurateurs avec qui ou chez qui j’ai travaillé.

Une minute après j’étais à la bibliothèque, où j’ai travaillé trois heures durant sans une seconde de répit, intensément, excellemment.

* La belle photo des gardes à l’épée en vignette de la note est de François Lafite

Une nuit des musées romantique et théâtrale au Petit Palais

Avant l’exposition Paris romantique 1815-1848 qui ouvrira mercredi prochain, 22 mai, le musée avait confié aux comédiens du Conservatoire de Paris 8e la Galerie Sud et le jardin pour une déambulation théâtrale sur le thème : « À l’époque romantique, sur le boulevard du Temple appelé aussi Boulevard du Crime se trouvent les théâtres populaires vers lesquels se presse une foule bigarrée. Retrouvez cette atmosphère bouillonnante en suivant les comédiens à travers le décor du boulevard reconstitué. »

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Samedi jaune oblige, les transports en commun s’arrêtant largement avant, j’ai marché une bonne partie du trajet pour rejoindre le Petit Palais, et c’était déjà très romantique.

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Le public était nombreux et ravi par les performances des joyeux comédiens

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nuit des musees petit palais 4-minIl y eut même de la danse

nuit des musees petit palais 5-minEnfin, beaucoup de vie, y compris devant La Vallée des larmes de Gustave Doré

nuit des musees petit palais 6-minL’ai-je bien descendu ?

nuit des musees petit palais 7-min

nuit des musees petit palais 8-minLes grisettes sont fort vivantes et joyeuses aussi, sous le regard de Sarah Bernhardt peinte par Georges Clairin nuit des musees petit palais 9-min

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nuit des musees petit palais 12-min

Différents auteurs romantiques sont joués ou évoqués, comme ici Hugo avec ses Derniers jours d’un condamné à mortnuit des musees petit palais 13-min

nuit des musees petit palais 14-minUn coup d’œil sur le Grand Palais par la baie vitrée, et le spectacle continue, jusqu’à la fin de la belle soirée

nuit des musees petit palais 15-minHier soir au Petit Palais, photos Alina Reyes

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Cane, canetons, canards, etc.

Avant d’aller travailler à la bibliothèque de recherche du Muséum, je suis allée passer un bon moment dans le jardin. Pour commencer, j’ai rencontré mes amis le couple de canards, que je vais voir très souvent, et j’ai eu le bonheur de découvrir leurs sept adorables nouveau-nés.

 

canards etc. 1-minD’habitude, quand elle est avec son compagnon, c’est lui qui m’écoute, tandis qu’elle me snobe un peu. Mais là, quand j’arrive, elle conduit tous ses canetons dans l’herbe, comme pour me les présenter, puis elle m’écoute, toute heureuse et fière, la féliciter.

canards etc. 2-min

canards etc. 3-min

Lui est là et les suit de bassin en bassin, mais toujours à distance, sans doute aussi pour surveiller : les corneilles et autres dangers menacent les petits. D’autres années, j’ai vu ainsi de jour en jour diminuer leur nombre auprès de leurs parents.

canards etc. 6-min

canards etc. 5-min

Allez les enfants, on retourne à l’eau !

canards etc. 7-min

Et on change de bassin. Ah mais il faut sauter du bord. Un ou deux sont intrépides et y vont direct, pour les autres c’est plus compliqué

canards etc. 8-min

canards etc. 9-minBravo bébé tu l’as fait

canards etc. 10-minCeux-là tremblotent et tergiversent

canards etc. 11-minSans parler de ceux qui sont encore de l’autre côté, ayant du mal à grimper sur le bord. Il faut aller les encourager

canards etc. 12-minCelui-ci est malin, il a repéré l’endroit où il peut contourner la difficulté en descendant par paliers. Les derniers le suivent par le même chemin.

Je reprends ma promenade et m’arrête plus loin, où se trouve un autre couple de canards, plus jeunes et au plumage splendide.

canards etc. 13-minLui

canards etc. 14-minElle

canards etc. 15-minOui, tu es très belle, pleine de grâce.

Quand je retourne voir la petite famille, elle a encore changé de bassin. Il y a des gens autour, je ne m’attarde pas. Mais je me rends compte ce matin en regardant mes photos qu’il n’y figure plus que six canetons. Le septième est-il simplement hors cadre, ou… ? Je repasserai sans doute aujourd’hui, voir ce qu’il en est.

canards etc. 16-min

Après avoir passé un délicieux moment assise sur ma pierre, sous mon pin, au jardin alpin, à écrire dans mon journal intime, je me dirige vers la bibliothèque : il est temps de se mettre au travail. Entre la serre et la bibliothèque, des femmes prennent un cours de danse lente.

Je fais une image et j’y vais, écrire comme une reine.

canards etc. 17-minCe lundi au jardin des Plantes, photos Alina Reyes

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