Pauvres enfants

Dans un livre d’entretien avec Philip Roth, Le livre du rire et de l’oubli, Milan Kundera disait que la métaphysique de la vie privée d’une personne dévoilait celle de sa vie politique (je l’ai déjà cité quelque part mais je n’ai plus le livre, je cite de mémoire).

J’ai repensé à cette phrase en lisant que la compagne officielle de F. Hollande aujourd’hui n’avait pas donné signe de vie, pas même à son fils de seize ans qui jusque là pouvait venir la voir tous les jours, à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

J’y pense aussi en relisant que l’Église refuse de répondre à l’ONU sur les crimes pédophiles chez les Légionnaires du Christ, ainsi que dans l’affaire du vol de trois cent mille bébés en Espagne sous la dictature franquiste et jusqu’en 1990 – affaire dans laquelle elle reste muette face aux demandes des associations qui souhaitent qu’elle ouvre ses archives pour permettre les retrouvailles des enfants et des mères qui se cherchent. « Avons-nous honte ? », sermonne le pape. « Et aujourd’hui, que faites-vous ? », pouvons-nous lui demander. Peut-être les fidèles qui veulent une église respectueuse devraient-ils faire la grève de la messe. Et même le clergé. Et bien sûr les femmes, toutes celles qui servent de bonniches à ces messieurs dans l’institution et qui n’ont droit ni à la parole ni au vote.

Pauvres enfants.

Malheureux enfants d’Abraham

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Saint-Sauveur-in-Chora (Istanbul), photo Alina Reyes

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Un article sur les monstrueuses pratiques d’une communauté juive très minoritaire et sectaire, la communauté orthodoxe. On connaît le scandale des abus sur enfants dans le clergé catholique, on connaît moins ce qui se passe de semblable dans l’islam, mais il arrive chez eux aussi que certains responsables religieux commettent des abus de même type. On pourrait être tenté d’incriminer les religions abrahamiques, mais le fait est que l’histoire du sacrifice de son fils par Abraham – sacrifice empêché par Dieu – signale la tendance humaine universelle au nihilisme intégral que constitue l’attentat sur les enfants. D’autre part les sociétés patriarcales accordent souvent trop de prérogatives aux parents sur leurs enfants. Aux pères, dont l’autorité tourne parfois à l’empire mental (quand il n’est pas physique) sur leurs fils ou filles. Et aux mères, auxquels n’est accordé d’autre pouvoir que leur pouvoir sur leurs enfants, lequel s’exerce parfois par des pratiques plus que limites sur le corps des nourrissons (je me souviens qu’un par ailleurs très bon obstétricien maghrébin m’avait dit qu’il était normal que les mères fassent des baisers au sexe de leur bébé garçon) ou plus souvent par le contrôle abusif du corps des enfants – par la pudibonderie ou la surveillance de la masturbation. Tout cela crée des adultes déséquilibrés, voire détruits, en tout cas prompts à l’autodestruction et à la violence sur autrui. Existe aussi la violence verbale, pire peut-être quand elle est proférée sur un ton doucereux, comme si elle était un acte d’amour (comme celle de ce père d’une parfaite famille catholique que j’entendis menacer « gentiment » son enfant, à plusieurs reprises, de l’abandonner sur le quai d’une gare ou de le jeter dans la cuvette des toilettes).

Il faut dire et redire ce qui est mauvais, si l’on veut avoir une chance de finir, peu à peu, par l’extirper du monde. C’est-à-dire, d’abord, de la tête des hommes.

Droit des cuissées et insulte aux êtres libres

Je me promenais bienheureuse, un putain de connard sans raison m’a insultée. Il a arrêté sa voiture, m’a appelée pour me demander un renseignement. Mais en fait, ce qu’il m’a demandé, c’est si j’avais quelque chose à vendre. Il a ajouté, goguenard : « vous comprenez ce que je veux dire, hein ? » Et avant que j’aie eu le temps de lui dire quel gros con il était, il a redémarré. Un mec arabe d’une quarantaine d’années, j’étais habillée tout à fait sobrement, en jeans et en manteau, et mes cheveux gris ne l’ont pas dissuadé de m’insulter, même un niqab n’y aurait pas suffi. En rentrant à la maison je regarde les titres de l’actualité, je me dis et de l’autre côté c’est le droit des cuissées, tous les mecs qui ont un quelconque pouvoir estiment que les femmes leur doivent d’être séduites, et les femmes qui rentrent dans leur jeu en sont récompensées d’une façon ou d’une autre, quand ce n’est plus l’une c’en est une autre et ainsi de suite, elles sont aussi responsables de l’indignité faite aux femmes que celles qui portent le voile pour se conformer à la loi des hommes. Femen, cela veut dire cuisse, voilà en effet ce que sont nombre de femmes pour nombre d’hommes, dont ceux qui soutiennent les Femen. Celles qui refusent ça le paient cher, voire très cher, comme d’ailleurs les hommes qui refusent les rapports de sujétion et d’intérêts entre hommes. Bande de misérables.

Du juste combat

La Femen russe qui, quoique ne parlant pas français, vient de recevoir son passeport français et sert de modèle à la dernière Marianne sur nos timbres, a déclaré sur Itélé qu’elle accepterait des fonds de n’importe qui, même du diable. C’est bien ce qu’elle fait, comme tous ceux qui prostituent leur âme, c’est pourquoi elle le dit. Le diable, voilà ce qui habite ceux qui soutiennent ces femmes qu’ils réduisent à l’état de femelles souillées et souilleuses en prétendant œuvrer à la libération des femmes : le menteur est un autre nom du diable.

Les Femen, qui agressent chrétiens et musulmans en souillant églises et mosquées – mais jamais les synagogues – sont protégées et promues par les pouvoirs publics français et les médias, tout comme Charlie Hebdo dont les cibles sont les mêmes. J’ai déjà parlé assez longuement de l’enfer où est tombé ce magazine, cent fois plus ordurier que les spectacles de Dieudonné. Le pire est sans doute son traitement des Roms. Mais qui se soucie des Roms ? Certes pas Manuel Valls, qui ne les voit pas comme appartenant à la commune humanité.

Ce qu’on appelle racisme ou antisémitisme dans ce pays n’est bien souvent que la manifestation d’une solidarité ou d’une adversité de classe. Les dominants n’aiment pas leurs victimes, qui leur renvoient à la figure leur iniquité. Pour supporter leur iniquité, il leur faut considérer leurs victimes comme des sous-hommes – phénomène similaire à celui du sexisme. Les victimes n’aiment pas les abuseurs, et elles aussi pour supporter leur condition cèdent souvent à la facilité de les essentialiser, de les rejeter pour ce qu’ils sont alors que ce qu’il faut, c’est combattre ce qu’ils font. Le combattre et le refuser, en refusant premièrement de collaborer à leur mauvais système. Car tout ce qui est mauvais finit au néant, rien n’est plus sûr.

Les hommes ne doivent pas combattre entre eux, les uns contre les autres, mais combattre contre le mal, d’abord en le rejetant de leur vie. Et pour cela, apprendre tous les jours à le voir, à l’identifier clairement, sans se tromper. Ainsi le combat sera-t-il véritablement efficace. Le combat ayant ses racines dans la vérité est le seul combat promis à la victoire. D’autres combats peuvent emporter des victoires éphémères, comme celles que nous voyons tous les jours s’étaler dans les journaux, mais ce sont de fausses victoires. D’une part parce qu’elles seront balayées par l’Histoire, d’autre part parce qu’elles n’apportent nulle paix aux hommes qui les remportent. Alors que le juste, même apparemment vaincu par le monde, est bienheureux.

« … que rien ne change »

Aux autorités polonaises qui souhaitaient enquêter sur un archevêque polonais accusé d’actes pédophiles alors qu’il était en poste en République Dominicaine, et que le pape François a fait revenir à Rome en septembre dernier, « le Vatican a affirmé qu’il n’extradait pas ses citoyens et que Jozef Wesolowski jouissait de l’immunité diplomatique. » (Associated Press)

Ni l’église espagnole ni le pape François ne daignent donner la moindre réponse aux demandes des associations qui tentent d’aider les victimes du vol de bébés (peut-être 300 000 bébés) pendant les années franquistes et jusqu’en 1990, avec la complicité active de l’Église. « Le Vatican a ignoré les demandes répétées d’aide aux victimes de l’Espagne, et ce qui est pire, le refus continu de la part de l’Eglise catholique, y compris face aux demandes des autorités judiciaires, de remettre des informations biologiques de mères et d’enfants qui désirent se retrouver », écrit leur avocat Enrique Vila Torres. Il dénonce « l’opposition claire manifeste, constante et déterminée des institutions ecclésiastiques espagnoles » de fournir des informations. Enrique Vila Torres affirme avoir écrit à cinq reprises entre décembre 2012 et novembre 2013 à la conférence épiscopale espagnole, l’archevêque de Valence, le secrétaire de l’État du Vatican, et directement au nouveau pape François. « Malheureusement, le silence absolu et l’indifférence ont été l’unique réponse ».(Article entier sur Fait Religieux.com).

Coup du Conseil d’État, coup d’État

Tandis qu’hier le Sénat votait scandaleusement l’immunité de Serge Dassault, ce soir le Conseil d’État réuni en urgence comme jamais cela n’avait été fait, casse la décision de justice du tribunal administratif et interdit au dernier moment le spectacle de Dieudonné. « La République a gagné », déclare le ministre de l’Intérieur. Quelle République ? Celle des malhonnêtes et des violeurs de droit.« Les fascistes de demain se nommeront eux-mêmes anti-fascistes» – une phrase de  Winston Churchill beaucoup reprise en ce moment.

 Le coup du Conseil d’État de Valls est un coup d’État. Gare à la suite.

Traîtres ? Andouilles ? Ou les deux à la fois ?

L’Élysée veut la caution des représentants religieux dans sa chasse à l’homme contre Dieudonné. Aussitôt ils obéissent, ils rappliquent. Mais qu’a donc Dalil Boubakeur à s’incliner bien bas devant François Hollande, quand ce gouvernement laisse tomber les enfants d’immigrés, refuse de lutter contre l’islamophobie, interdit toute protestation contre l’humour islamophobe puant de Charlie Hebdo, qualifié de liberté d’expression, contrairement à l’humour antisémite puant de Dieudonné ? Et qu’a donc André Vingt-Trois à se montrer satisfait de ce gouvernement qui maltraite ceux qui protestent contre des pièces christianophobes, qui accueille les Femen qui souillent ses églises et qui rejette les pauvres, les amis du Christ ? « Il y a des choses qui ne se font pas », dit-il.

Parce que faire la chasse aux miséreux, c’est une chose qui se fait ? Lancer de la merde sur le visage du Christ, c’est une chose qui se fait ? Mimer un avortement devant l’autel d’une église avec un foie de veau, c’est une chose qui se fait ? En quoi l’insulte aux juifs serait-elle une chose qui ne se fait pas, et l’insulte aux pauvres, aux musulmans, aux chrétiens, seraient-elles des choses qui se font ? Pourquoi les juifs devraient-ils être soumis à un régime d’exception ? Pourquoi devraient-ils être considérés comme les seules victimes en ce monde ? En quoi sont-ils victimes, d’ailleurs ? Si l’on s’en réfère au passé, d’autres peuples n’ont-ils pas eu aussi à subir d’énormes injustices ou d’énormes souffrances ? Que dire des anciens colonisés, des anciens esclavagisés, des anciens déportés tziganes, homosexuels, communistes, des vingt-et-un millions de Russes morts pendant la Seconde Guerre mondiale ? Que dire des pauvres exploités par les riches ? Que dire des femmes maltraitées et exclues par les hommes depuis des millénaires ? Que dire des enfants victimes d’abus en tous genres ?

Que dire de l’immense bêtise qui règne. Que dire de ceux qui se laissent aveugler par les honneurs. Que dire des victimes de la Légion d’honneur et autres médailles même pas en chocolat qui ensucrent comme des araignées dans leur toile ceux qui devraient aller au combat pour les leurs, et pour tous les hommes.

Dieudonné, Femen, famille Dibrani…Indignité publique du pouvoir

Voyez les discours des politiques et des médias dominants. Que font-ils ? Ils désignent des gens à la vindicte. Quels gens ? Non pas de riches exploiteurs, non pas des corrompus mangeant sur le dos du peuple, non pas des intellectuels aux puissants réseaux entraînant le pays à semer la mort et le chaos en Lybie et ailleurs, faisant régner dans la presse et l’édition la pensée unique, la promotion et l’exclusion de telle ou telle voix, ou soutenant comme des macs des femmes réduites à l’état de femelles dans leurs actions de haine contre les chrétiens et contre les musulmans. Bien au contraire.

Hier, le jour même où la famille rom Dibrani se voyait définitivement exclue de notre pays, une Femen russe, la représentante de ces nihilistes trash tranquillement installées chez nous pour y souiller les églises, y répandre l’islamophobie et gazer au lacrymogène des bébés dans leur poussette, cette mercenaire ayant servi de modèle il y a quelques mois pour le dernier buste de Marianne, recevait son passeport français. Si la famille Dibrani, dans sa pauvreté, a démérité de rester en France, qu’a donc fait cette femme pour mériter tant d’honneurs et d’avantages de la part des pouvoirs publics ? La presse nous rappelle, complice, que la mère de famille rom ne parlait pas français, motif de l’impossibilité de l’intégrer. Mais ses enfants parlaient tous français et étaient en cours d’intégration. La Femen communique en France en anglais, elle ne sait pas le français, peu importe à ses commanditaires qui ne lui demandent que d’exhiber son corps, et peu importe aux pouvoirs publics, leurs complices idéologiques. Car elle et ses camarades sont une arme dans la guerre idéologique que mènent les socialistes depuis leur arrivée au pouvoir. De même que Dieudonné est malgré lui l’un de leurs instruments dans cette guerre. Une figure idéale à désigner à la vindicte populaire, comme les Roms ou les musulmans, cibles du ministre de l’Intérieur.

La chasse à l’homme est lancée, le pouvoir veut sa peau. Les ministres aujourd’hui s’en prennent personnellement à tel ou tel citoyen. Avant Dieudonné, il y eut Gérard Depardieu, un autre saltimbanque. Aucun antisémitisme à lui reprocher, mais tout saltimbanque qui ne se joint pas à la troupe des lécheurs de bottes du pouvoir est passible de poursuites, non seulement judiciaires mais aussi médiatiques, avec attaques personnelles et injures. Dieudonné, donc, poussé à la surenchère dans la haine depuis qu’il fut violemment ostracisé après un sketch visant les colons israéliens. Un saltimbanque noir et une famille de roms, voici donc les cibles des socialistes, organisant avec la complicité des médias dominants l’hystérie autour de ces figures sacrées ennemies du pouvoir et du peuple.

Demain c’en seront d’autres, d’ailleurs on pourra compter sur quelques bons éléments parmi le peuple pour entretenir la délation. N’est-ce pas ainsi que, le mois dernier, sur dénonciation de l’un de leurs camarades puis de l’une de leurs professeurs, deux adolescents qui s’étaient amusés à se photographier en train de faire le geste stupide de la quenelle, se sont retrouvés embarqués par la police pour une garde à vue de plusieurs heures ? Mais pourquoi se priver, alors qu’au plus haut sommet de l’État on donne l’exemple de la délation ? M. Valls et ses complices, politiques, médiatiques, intellectuels, achèvent la faillite morale totale des socialistes français. Pire, ils gangrènent profondément la cohésion sociale et inoculent dans le peuple leur propre indignité. Qu’ils ne croient pas, ces politiques, médiatiques et intellectuels, en sortir impunis.

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Cet article est également publié sur Agoravox, où il peut être commenté.

Nouvelles d’un pays dont l’État chie sur les jeunes, sur les pauvres, sur le peuple

Deux adolescents embarqués par la police en garde à vue pour s’être photographiés en train de faire la quenelle dans leur lycée. Deux adolescentes roms déportées par la police au Kosovo avec leur famille ne pourront pas revenir au collège en France. Mais la Femen russe qui a servi de modèle pour notre dernière Marianne pourra continuer à pisser ou mimer des avortements sanguinolents dans les églises françaises, elle vient d’obtenir son passeport français. Aussitôt elle a traité les Français de fascistes sur son compte twitter. En anglais, car elle ne parle pas français, contrairement aux enfants Dibrani.

Pont (ré-actualisé)

2

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Nous avons trouvé dans la rue deux lourdes planches d’1,47×0,35m. J’ai dit que je les peindrais bien, O et Jo les ont montées à l’appartement. J’avais l’idée de les peindre en diptyque, avec un jeu de couleurs se répondant de sorte qu’on puisse les mettre côte à côte dans n’importe quel sens, vertical ou horizontal. Bon, ce format n’est pas commode à peindre, surtout dans mon tout petit espace. J’ai commencé, en mettant la planche en équilibre sur mon chevalet de table posé sur la table basse, passant deux couches de fond à genoux. Maintenant je veux intégrer un chemin dans la couleur, un chemin chevauchant en lacets sur les deux planches. Et dans l’intervalle de quelques centimètres qui séparera les deux portions de ce même chemin, qui sera peint dans ces lourds panneaux, je désire mettre un petit pont tout léger, en ruban, un pont qu’on puisse accrocher et décrocher, un petit pont qui puisse être changé s’il est perdu ou endommagé, remplacé par un autre bout de ruban ou de papier ou de tout autre matériau léger, un pont comme le fil entre les montagnes à la fin de Souviens-toi de vivre, comme les ponts que sont, et sur lesquels savent marcher les Pèlerins d’Amour.

Je comprends le cardinal André Vingt-Trois, qui aurait aimé entendre des voix s’élever à la fois contre l’antisémitisme de Dieudonné et contre l’antichristianisme des Femen, qui se plaisent à souiller les églises. Cela procède d’un même nihilisme mais il faut bien admettre que les voix qui s’élèvent contre Dieudonné sont les mêmes qui soutiennent, tacitement, les Femen – à commencer par le ministre de l’Intérieur qui les laisse complaisamment agir. Beaucoup de gens veulent bien des ponts, mais des ponts à sens unique, des ponts qui les servent, eux, et c’est tout. Nous avons à être vigilants, jour après jour, pour être de vrais ponts.

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ajout : voir aussi cet article de Pierre-Alain Depauw sur la contradiction flagrante entre le traitement réservé par les pouvoirs publics aux spectacles offensant les chrétiens, et leurs velléités de censure des spectacles de Dieudonné. Avec en prime une photo de Bernard-Henri Lévy lisant avec joie un des ces numéros de Charlie Hebdo islamophobe. Marine Le Pen ne s’y prendrait pas mieux que Manuel Valls et ses soutiens pour diviser les Français.

… voir aussi cet article de Hanan Ben Rhouma, et notamment sa dernière partie, sur la même contradiction des pouvoirs publics interdisant les manifestations contre l’islamophobie de Charlie Hebdo. 

De l’impuissance à la censure

Voici la gauche passée du « il est interdit d’interdire » au « il est interdit de dire ». Voilà du moins une formule qui fédère plus largement. Manuel Valls, soutenu entre autres par Jean-François Copé, Bernard-Henri Lévy, François Hollande, Christiane Taubira, le cardinal Vingt-Trois, veut faire interdire les spectacles de Dieudonné, tandis qu’Anne Hidalgo voudrait faire fermer le théâtre de l’ex-comique. Je ne l’appelle plus comique mais sinistre car son antisémitisme et sa haine me révulsent. Que tout ce beau monde se soit mis en tête de lui interdire de parler et de vivre ne fait que lui donner raison aux yeux de tous les sans-parole qui trouvent dans son discours un triste exutoire à l’impuissance où ils sont réduits.

À quoi sert la justice ? N’est-elle pas là pour sanctionner les propos qui tombent sous le coup de la loi ? Il n’y a rien à ajouter. Interdire et donc empêcher de vivre ceux dont les paroles ne nous conviennent pas nous ramène à l’atmosphère de délation répandue dans la société au temps de l’Occupation. Les censeurs de Dieudonné sont aussi troubles que leur cible. Quelle sera leur prochaine victime ? À quand l’interdiction de tel ou tel écrivain ? En fait, c’est déjà fait – nul besoin pour cela d’ameuter le peuple, le petit milieu des privilégiés aux commandes procède en douce aux exclusions qu’il décrète. Et nul besoin pour être exclu d’être antisémite, il suffit de porter une parole qui les remet en question.

Pendant ce temps, des sites violemment anti-musulmans, dont l’un, terriblement puant, fédère beaucoup de monde, peuvent continuer à dormir sur leurs deux oreilles, ni Valls ni Copé ni leurs copains ne songent à attaquer ces gens. Il est certain qu’il est plus facile d’agiter de l’air autour d’un saltimbanque plutôt que de mettre en œuvre des politiques de relèvement dans les banlieues et dans tout le pays, devenu une banlieue de lui-même, cette France réduite à une poignée d’impuissants aux commandes, auxquels ne reste plus, contre le peuple, que les armes du spectacle et de la censure, de la censure spectaculaire.

Logique

Ceux qui sèment la trahison et la zizanie se conduisent en ordures, jetées dans une maison pour la contaminer.

Ceux qui s’emploient à circonscrire et paralyser un autrui pour tenter de prendre empire sur lui se conduisent en pourritures, avides de dévorer le vivant.

Ceux qui s’obstinent à se conduire en ordures et en pourritures pourrissent et perdent leur âme.

Dieu n’aime pas voir partir les âmes au rebut, c’est pourquoi il s’en soucie. Dieu ne veut pas laisser le mal pourrir l’âme de sa création, c’est pourquoi aussi il rejette ce qui l’abîmerait.