dans la pensée de Dieu

métro parisien, de la cabine du conducteur, photo Alina Reyes

 

« Le métro tourne autour de mes pensées, il tourne et le voilà qui s’arrache du souterrain où nous filons, transperce la voûte noire, écarte la croûte de pierre et monte vers le ciel que le jour commence à déchirer, le voici prêt à s’engouffrer dans la faille de lumière ouverte dans les cieux.  » in Souviens-toi de vivre

« Nous sommes depuis toujours dans les pensées de Dieu » Benoît XVI, hier

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L’oeil, lampe frontale

Gouache, pastel, encre, Alina Reyes

 

« La lampe du corps, c’est l’œil, a dit le Christ. L’œil est la porte étroite. Plus il reçoit la lumière, et plus elle habite en trésor dans le corps, et plus elle remonte par l’œil vers l’extérieur : l’œil est lampe.

C’est sur le faisceau de sa lampe puissante, sur le char de feu projeté par son œil, qu’Élie est monté au ciel, à la rencontre de la Lumière originelle. »

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Amour

Paris, photo Alina Reyes

 

En rêve j’ai peint, et aussi j’ai prié à la mosquée, comme la première fois. Mon sang dans mon corps prononce ces mots : donner du pain à tous. Je sors, je trouve les gens si beaux, la vie si belle, j’en suis renversée de joie, je marche en lévitation. Je vois une petite Asiatique debout immobile avec un téléphone et une cigarette près des poubelles, je la photographie, avec le vert et le jaune. Où je vis, le monde ne ressemble pas à ce qu’on croit. Il est tout autre. Consistant, substantiel, lumineux, comme une peinture en train d’être peinte par une main d’amour.

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Parole de l’Épée

Hier soir, rue de la Clef, Paris 5e. Photo Alina Reyes

 

J’ai songé hier : comme si on demandait à un ancien déporté de retourner vivre à Auschwitz, en lui assurant que le camp a été bien réaménagé. Pourtant je l’ai fait. Ces deux ou trois dernières années de communication souterraine par Internet et autres, communication pleine de mensonges, de pièges, de manipulations, de perversions, de falsifications des relations humaines, ont été des années du mal, dans la continuité du mal que j’avais déjà dû combattre auparavant et auquel on s’était encore donné. Toute cette stratégie était, est une stratégie du mal, contribuant à étendre le mal parmi les hommes. C’est parce que je sais qu’elle ne concerne pas que ma personne, qu’elle est courante et fait d’innombrables victimes dans le monde et dans l’Église, que, au lieu de m’en retirer, je suis allée au front pour la combattre et la dénoncer, révéler sa mauvaiseté aux yeux mêmes de ceux qui la pratiquaient. Je ne pense pas avoir réussi. Je crois qu’ils demeurent pour la plupart et en grande partie convaincus du bien-fondé de faire le mal en vue d’un prétendu bien. Je crois que j’ai échoué à convertir leur regard, j’ai échoué pour ce temps, leur temps, mais pas pour l’avenir. Parce qu’il faut du temps à l’homme dénaturé, souvent plusieurs générations, avant de pouvoir retrouver le sens du vrai. Mais finalement cela se fait.

J’ai rêvé cette nuit que, au camp de concentration, je descendais par une gaine d’aération, en une longue descente, en sautant de palier en palier. Puis je me mettais sous une nappe, et les gardes-chiourme me prenaient pour un paquet de linge sale. Ensuite j’étais dans un train, regardant filer le paysage et cherchant quelle serait la façon la plus juste de représenter la Trinité, en indiquant bien la place respective des trois Personnes en Dieu, et l’Unité absolue de Dieu, en lui seul à la fois Créateur, Rédempteur et Sanctificateur. Puis je me mettais à peindre.

Ce que l’homme doit faire, c’est répondre à l’appel, répondre à sa vocation. Ce qu’il doit savoir c’est qu’il lui faudra pour cela refuser de s’acquitter de faux devoirs, mais aussi renoncer à accomplir certains devoirs qui sont plus que des devoirs. Dieu a besoin, pour le servir, d’hommes qui acceptent de vivre avec une épine dans la chair, et plus que cela même, avec une épée dans le cœur. Une épée qui ouvre la voie à la vie éternelle, pour tous ceux qui veulent écouter sa parole et la suivre.

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