Un homme

 

Quelques phrases relevées en revoyant ce documentaire consacré au grand André Chouraqui :

Nous vivions dans le rêve de Moshe.

La condition de dhimmi de la femme dans toutes les sociétés est un scandale.

[citant Paqûda] « L’amour de Dieu est un élan de l’âme qui, en son essence, se détache vers lui pour s’unir à sa très haute lumière. »

C’est toujours à partir d’hommes seuls que les choses se font.

Un soufi s’est mis à me raconter ce qu’allait devenir ma vie.

Déciviliser le texte biblique.

Moi-même.

Son sens de la langue.

L’ouverture sur l’univers est absolument nécessaire.

Les racines s’embrassent.

Par la médiation du divin toujours présent au secret de tous, tout réussit. L’échec est dû à une forme de bêtise.

La Bible est née dans un contexte oriental.

[chanson] « Le monde entier est un pont très étroit/Et l’essentiel, l’essentiel, ne pas avoir peur, ne jamais avoir peur. »

*

Le combat et la douceur

sur la promenade haute à la Pitié-Salpêtrière. Photo Alina Reyes

 

J’habite dans un phare. La nuit, là-haut, à éclairer les bateaux. Le matin, je redescends au bord de l’eau, du sable. L’eau roule doucement à mes pieds son bleu, son blanc doucement mousseux. Le sable est blond, fin, soyeux. La lumière du ciel enveloppe tout, rebondit partout, chante et murmure en tout. Je suis dans la joie totale.

Alors que je suis sur la plage, j’entends des pas dans ma maison du phare. Par la porte ouverte, j’y rentre. Une Anglaise rose et charnue s’y est introduite et la traverse autoritairement, prétendant y imposer sa loi. Je vais à elle, j’essaie de la ramener à la raison et à la correction. Rien à faire. Maintenant elle n’est plus anglaise, mais policière. Elle continue plus que jamais à vouloir dominer ma maison. De moi se présente alors mon frère jumeau, qui est très viril, très fort, très grand. Il fait barrage à l’envahisseuse, qui finit par reculer et sortir. Une fois dehors, de l’autre côté, elle m’annonce, toute calmée, qu’elle attend un enfant de nous, et je suis bien heureuse de ce dénouement.

(mon rêve de cette nuit)

 

offrande

Photo Alina Reyes

 

Mes mains sont devenues des fleurs,

le jardin que je porte en offrande,

traversant bienheureuse toutes les galaxies,

de maison en maison, de loin en proche.

Elles me saluent sur mon passage,

esquissent des sourires, joyeuses

comme des petites danseuses à respirer

la fraîche odeur des roses et des herbes.

Mes mains avancent devant moi, tendues,

et je les suis. Elles remontent la travée

des âges, des siècles, des instants,

chargées de leur précieux trésor, la création

entière, ses cieux, ses astres, ses océans,

ses terres, ses bêtes et puis ses hommes.

Mes mains qui nous transportent avancent vers l’autel

et mon amour Le voit, vivant, ses mains tendues.

 

Heureux jours

Photo Alina Reyes

 

Ces jours le temps est blanc, milliards légers dans la danse

des flocons, le temps est doux, joyeuse neige du printemps,

et soyeuses les fleurs qui se tournant vers toi bénissent,

Joseph Pierre Benoît, ton nom dans un murmure.

 

Ces jours de tes naissances remémorées,

de tes noms qui traversent l’histoire

en portant vivante la mémoire du Christ,

notre histoire d’avenir et d’amour.

 

Longue vie à toi, Joseph Pierre Benoît !

Ton nom est un chemin, des hommes et des peuples

nombreux comme la neige que tu as revêtue,

l’empruntent, pèlerins, pour monter à la source.

 

Joseph, bâtisseur de charpentes élevant sous son toit la vérité,

Pierre, pêcheur d’hommes dans la mer du monde et bâtisseur de peuple,

Benoît, bâtisseur d’humanité dans le silence, la douceur et l’hospitalité,

Avec nous, les fidèles du ciel, que les anges te fêtent !

 

Des jours s’ouvrent devant toi plus radieux que la vie

qui peut s’imaginer. Quel don pourrions-nous te faire

que tu ne nous aies fait, celui de Dieu ? Je te présente

mes mains vides et j’accueille le pain, telle

 

l’offrande que je te fais de moi. Je te présente

le parterre en couleurs de la nouvelle vie, fleuve

immémorial en nous, irrigateur de siècles.

Nous allons passer de l’autre côté du temps.

 

montée

Photo Alina Reyes

Courbée dans l’univers je vous regarde, terre, je vous entends crier vers moi. Vos lèvres sombres s’ouvrent avec des bruits de vol d’oiseaux de nuit. Vous bâillez en tremblant, vous extirpez de vos tréfonds des hommes ! Dans l’immensité je plane, j’étends mes bras au-dessus de vos ventres, loin au-dessus, que le souffle passe et rafraîchisse leurs fronts ! J’écris ceci les yeux fermés, les doigts courant sur le clavier, car je vois.

Je suis réellement présente au-dessus de vos têtes qui sortent lentement de la terre, étendue dans l’espace dans mes voiles d’étoiles de feux blancs de lumière

et je vous dis la vérité.

Écoutez la vibration du ciel le parcours de l’abîme entre vous et mon corps si étrangement monté

vous protéger.