Rencontre entre le sheikh Imran Hosein et Alexandre Douguine

http://youtu.be/RN1HzpicCnk
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Comme le dit le sheikh Imran Hosein, nul n’est tenu d’être d’accord avec tout ce qu’il dit. Mais lui et Alexandre Douguine sont de très bons interrogateurs du monde et du temps. Ils regardent depuis ailleurs, depuis ailleurs que ce monde de bêtise.

 

Comment Voyage pourrait-il œuvrer avec des borgnes, même s’ils ignorent qu’ils sont aveugles ou borgnes ? Il sera vu quand le ciel le voudra, et par qui il voudra.

 

Sagesse orientale, le temps à sa place

L’Orient remet le temps à sa place, celui d’humble serviteur de l’éternité. Ceci est notamment sensible dans le judaïsme, le christianisme orthodoxe et l’islam. Pensons à la prière juive du Kol Nidrei, capable d’annuler les vœux passés, et à sa correspondance dans la notion de teshouva, capable d’effacer le passé et ses fautes. Pensons à l’importance de la Résurrection dans le christianisme orthodoxe, capable de balayer la mort à l’œuvre dans le présent. Pensons au incha’Allah musulman, capable d’annuler nos projections dans le futur.

C’est à la source de ces pensées que nous devons puiser. Pour le reste, traditions et façons de penser dépassées, pour tout ce que le temps effacera d’elles, s’il est encore vivace là où les hommes sont à cause de la peur en situation d’arriération politique ou mentale, il dépérira – comme en Europe – dès qu’ils se libéreront. Il ne sert donc à rien d’essayer de sauver les vieilles structures là où elles peuvent encore l’être : encore est éphémère. Il faut au contraire se retourner et marcher dans la voie de l’éternité, sans avoir peur de laisser devant soi comme derrière soi tout ce qui n’est plus valide et qui, à coup sûr, tombera. Sous les coups sûrs du temps, soldat au service de l’éternité. 

Accords, accord !


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Je suis retournée chanter, dans l’un des chœurs dont je faisais partie il y a quelques années, avant mon exil. D’abord nous avons travaillé When I’m gone, comme les collégiens de cette vidéo. Chanté à un rythme beaucoup plus rapide, très agréable dans les jambes. Puis j’ai eu la divine surprise de découvrir qu’ils étaient en train de commencer à apprendre le Kyrie de la Messe en si de Jean-Sébastien Bach, une œuvre que j’adore. Je ne l’ai jamais chantée, mais à force de l’écouter je connais par cœur la partition des sopranos. Je suis alto, je dois donc tout apprendre. Quelle extraordinaire merveille. Chaque voix est un chef-d’œuvre.

Ensuite je suis allée boire un thé à la mosquée, avec le chef et un ténor. Les moineaux faisaient leur concert, l’un a volé si près de mon visage que j’ai senti le bout de son aile me frôler.

Être d’accord avec Dieu suffit.

Manif à Austerlitz (et reportages photo et vidéo)

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J’ai traversé le Jardin des Plantes qui venait d’ouvrir, à huit heures du matin, dans la pénombre. Du bout de l’allée j’ai zoomé pour photographier les premières personnes qui le traversaient, souvent des parents accompagnant leurs enfants à l’école, et aussi quelques joggers ou travailleurs avec ou sans serviette. La photo est floue mais je l’aime bien ainsi.

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Je suis arrivée à la gare d’Austerlitz un peu en avance pour le reportage photo que je voulais faire, sur la manifestation d’agents de nettoyage en grève depuis deux semaines pour protester contre les conditions de travail qui leur sont faites depuis que la SNCF a délégué le travail à des sociétés privées.

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Ils étaient peu nombreux, mais ils se sont déplacés dans toute la gare en faisant beaucoup de bruit, avec des sifflets, des bidons et des bâtons pour taper dessus, un djembé, un porte-voix… Et des journaux qu’ils découpaient en petits morceaux pour les jeter sur le sol. (Voir mes reportages photo et vidéo pour Citizenside, avec leur petit article).

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Après les avoir accompagnés pendant plus d’une heure, je suis rentrée en faisant encore quelques photos dans la rue et en achetant une baguette pour le petit déjeuner.

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photos Alina Reyes

Ce qui se passe (et les photos de la Marche pour la vie)

Mon reportage photo sur la Marche pour la vie est visible ici en diaporama sur Citizenside.

Je suis partie en reportage photo à la Marche pour la vie. J’ai remonté la manif de Denfert jusqu’après Montparnasse, puis dans l’autre sens. Il m’a semblé qu’il y avait environ 20 000 personnes, souvent en famille et de toutes générations (le cortège était long mais peu dense). Une dramaturgie peut-être un peu excessive quand il est demandé aux manifestants de mettre sur leur bouche le bâillon rouge qui leur a été distribué (qu’est-ce que je devrais dire !) et de se tenir en silence droit les mains derrière le dos comme ceux qu’on va fusiller.

J’ai entendu ce chiffre : une naissance sur cinq en France est interrompue par un avortement. Je vérifie sur internet, c’est exact. Pour moins de 800 000 naissances, plus de 200 000 avortements par an. C’est quand même de la folie. Seulement, c’est de la folie aussi d’être à la fois contre l’avortement et contre la contraception.

Tout au bout du défilé, à la fin, des gens prient Notre-Dame des tout-petits. Une femme me saisit par le bras, me dit : « Retrouvez Dieu, Madame ! Vous écrivez bien, mais retrouvez Jésus ! » Puis elle ajoute une phrase dont j’entends seulement le mot « Mahomet ». Je lui réponds en souriant « ne vous inquiétez pas, Jésus est vivant » – mais elle est déjà partie, sans écouter. Ah, si elle savait… Les gens devraient mieux étudier et réfléchir, ils comprendraient ce qui se passe.

Cruauté, indignité du Saint-Siège et responsabilité des fidèles

Les quatre cents prêtres que Benoît XVI a défroqués pour abus sexuels sur enfants lors de la dernière année de son pontificat, ont-ils assumé leurs actes devant la justice, ou simplement été relâchés dans la nature, où ils n’ont plus qu’à réitérer leurs crimes ?

Le pape François multiplie encore les belles paroles, certes plus faciles à multiplier que le pain, qui est concret. Le Saint-Siège fait savoir que nul plus que le pape François n’a d’amour pour les enfants et la famille. Mais qu’est-ce donc qui est plus fort que son amour des enfants et de la famille, et qui l’empêche de répondre aux associations qui demandent que l’Église ouvre ses archives pour que les trois cent mille femmes à qui elle a volé ou contribué à voler leur bébé, en Espagne, puissent retrouver leurs enfants qui les cherchent et qu’elles cherchent ? Qu’est-ce donc qui le fait non-agir avec une telle cruauté ? La peur du scandale, encore ? La peur de voir surgir des demandes de justice, voire d’indemnisations, comme dans le cas des abus sexuels qui leur ont coûté « tant d’argent » comme il l’a dit l’autre jour ?

Est-ce donc tout cela, toutes ces choses méprisables, qui sont plus fortes que son amour des enfants et de la famille ? Il avait eu de belles paroles aussi, il y a quelques mois, sur le fait que saint Pierre n’avait pas de banque. Tant de belles paroles et d’apparences pour faire en sorte que selon la formule du Guépard que paraît-il il affectionne, « tout change pour que rien ne change ». Que les apparences changent afin qu’en fait rien ne change. Il fustige la banque mais l’IOR, la très corrompue banque du Vatican, est toujours en place. Et apparemment il est plus important de protéger ses fonds que de faire son devoir envers les mères et les enfants qu’on a scandaleusement séparés.

Dimanche certains chrétiens participeront à la Marche pour la vie. J’attends que d’autres organisent une marche de solidarité avec toutes les victimes de ces drames sans nom dont leur église s’est rendue coupable et qu’elle refuse de réparer. Car il s’agit bien de la vie, de vies qui ont été détruites, niées. De vies d’êtres qui sont encore vivants, et sur lesquels Dieu exige que nous ne fermions pas les yeux.

Pauvres enfants

Dans un livre d’entretien avec Philip Roth, Le livre du rire et de l’oubli, Milan Kundera disait que la métaphysique de la vie privée d’une personne dévoilait celle de sa vie politique (je l’ai déjà cité quelque part mais je n’ai plus le livre, je cite de mémoire).

J’ai repensé à cette phrase en lisant que la compagne officielle de F. Hollande aujourd’hui n’avait pas donné signe de vie, pas même à son fils de seize ans qui jusque là pouvait venir la voir tous les jours, à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

J’y pense aussi en relisant que l’Église refuse de répondre à l’ONU sur les crimes pédophiles chez les Légionnaires du Christ, ainsi que dans l’affaire du vol de trois cent mille bébés en Espagne sous la dictature franquiste et jusqu’en 1990 – affaire dans laquelle elle reste muette face aux demandes des associations qui souhaitent qu’elle ouvre ses archives pour permettre les retrouvailles des enfants et des mères qui se cherchent. « Avons-nous honte ? », sermonne le pape. « Et aujourd’hui, que faites-vous ? », pouvons-nous lui demander. Peut-être les fidèles qui veulent une église respectueuse devraient-ils faire la grève de la messe. Et même le clergé. Et bien sûr les femmes, toutes celles qui servent de bonniches à ces messieurs dans l’institution et qui n’ont droit ni à la parole ni au vote.

Pauvres enfants.

Manif pour l’Hôtel Dieu et les Hôpitaux de Paris

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Je suis passée devant l’Hôtel Scipion, à Paris, où Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, était en train de présenter ses voeux aux agents de l’AP-HP. Mais certains étaient dehors à manifester, notamment pour l’Hôtel Dieu, qui ferme ses Urgences.

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Charles Beigbeder, le candidat UMP dissident aux municipales, était là (tout à droite sur la photo). Au mégaphone, il a été fait allusion au fait que la manif ne pouvait être récupérée par les candidats qui étaient là pour se montrer .

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En attendant la sortie du directeur et des personnes invitées au « pince-fesses », comme dit dans le mégaphone, ils ont allumé un fumigène.

photos Alina Reyes