Sex Abuse Coverups : Cardinal George Pell in Cartoons

LeLievreLe cardinal George Pell, accusé d’avoir couvert d’innombrables crimes pédophiles en Australie (il y en eut des milliers, dont au moins des dizaines directement sous son règne) a été nommé par le pape François, en connaissance de cause, grand argentier, soit n°3 du Vatican. Immense scandale en Australie, où l’on n’hésite pas à le qualifier de diabolique. Il y a quelques semaines, il a répondu à la commission d’enquête qu’il était sans doute au courant mais qu’il ne se souvenait plus bien de tout cela, et que de toute façon cela n’avait « pas grand intérêt ». Dans la paroisse où il était évêque, ces viols commis pendant des années par plusieurs prêtres continuent d’avoir des conséquences, avec un taux anormalement élevé de suicides et de violence. Le cardinal Barbarin était papabile, soit l’un des cardinaux susceptibles de devenir le prochain pape. En attendant, le pape François a donc élevé ce type infect et poursuivi par la justice aux plus hautes fonctions dans l’Église, tout en mettant en place, pour la galerie, une commission chargée de gérer le problème de la pédophilie du clergé – commission inerte, dont un membre a pour cette raison déjà démissionné. (Voir aussi ma note -actualisée- avec les dessins de presse sur l’affaire Barbarin.) Voici donc, sur Pell, les cartoons, dont beaucoup de formidables, que j’ai collectés sur Twitter.

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Sodome, Babylone, Babel : l’Église est foutue.

lumierephoto Alina Reyes

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Être libre en se laissant conduire par un esclave ? Ça va pas, la tête ?
Socrate, in Platon, le Lysis (ma libre traduction)

Pourquoi, quand je tentai d’être catholique, aurais-je dû me soumettre à des prélats moins libres et moins instruits que moi ?

En contradiction totale avec l’enseignement de Jésus, qui a demandé qu’on n’appelle personne père sur cette terre, c’est-à-dire qu’on ne se soumette à aucune autorité spirituelle humaine, l’Église a régné jusqu’ici par la domination, établie à coups de bûchers, d’inquisitions, de croisades, d’évangélisations forcées, de persécutions et meurtres de masse, de déculturations brutales, de négation des femmes, de vols, exploitations et viols d’enfants, de jeunes et de pauvres, d’accointances et de complicité avec les pires régimes d’oppression, de combat contre les tentatives politiques de libération de l’homme et de la femme. Elle s’est abritée derrière un discours d’amour pour commettre turpitudes et iniquités, et derrière une prétention de médiatrice de Dieu pour régner sur les âmes et les esprits.

La pédocriminalité affecte tous les milieux mais dans l’Église, malgré le peu de dénonciations dû justement à son système de domination et d’intimidation, c’est une tradition séculaire qui conforte son autorité sur les êtres et son déni de la commune loi humaine et sociale. Tradition qui comprend aussi une acceptation ou même une promotion de la maltraitance envers les enfants : sans revenir aux histoires, dont certaines encore très récentes, de vols ou d’exploitations d’enfants, n’oublions pas que le chœur dirigé par le frère de Benoît XVI a dû faire face à des révélations de maltraitances physiques et sexuelles des enfants, et que l’année dernière en audience publique, retransmise sur les télévisions du monde entier, le pape François déclarait qu’il trouvait « beau » qu’un père batte ses enfants.

L’Église, édifice fortement hiérarchisé et système d’apartheid (envers les femmes, les homosexuels, les divorcés remariés), est en train de s’écrouler comme la tour de Babel, précisément à cause de sa hiérarchie, qui est un orgueil de hauteur, et de son apartheid, qui est un grave défaut de construction. Elle est déjà une ruine, le vent s’engouffre entre ses pierres manquantes ou tombées, ce qui s’y fait dans l’ombre commence à apparaître au jour.

Dans un monde où les femmes sont aussi instruites que les hommes et ont les mêmes droits civiques, où tous les humains peu à peu gagnent accès à l’instruction et aux droits civiques, où les droits des enfants sont revendiqués, l’Église n’a plus lieu d’être, perd chaque jour un peu plus son lieu d’être. Tout y est à laisser tomber, et à réinventer, ailleurs. Retour à la belle vie des tentes pour les survivants !

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Ma coupe est pleine (de joie)

Capture du 2016-03-18 13:43:02 Capture du 2016-03-18 13:43:14

Voilà, j’ai fait mon mea culpa -c’est de saison- sur Twitter hier. En m’excusant auprès des infans de la religion médiaticolittéraire si je leur ôte ainsi quelques raisons de me rejeter. Mais tout n’est pas perdu pour eux, je ne doute pas qu’ils en aient d’autres, plus solides, à commencer par la beauté, la liberté, l’impertinente pertinence de mes écrits – je plaisante, bien sûr. Bonne journée !

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Enseigner

olivierau Jardin des Plantes ces jours-ci, photo Alina Reyes

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Je ne veux pas vendre Voyage en librairie et si j’en avais la possibilité, j’en retirerais mes autres livres de théologie chrétienne, au moins jusqu’à ce que je sente qu’ils ne pourront plus être récupérés, ni servir à cette inique, irrécupérable et moribonde Église. Je ne les renie pas, je suis pour que les livres et les enfants arrivent librement. Seulement c’était aussi des romans, et il est important de prendre la part romanesque en eux pour ce qu’elle est. Le roman est un moment de la vie. Et j’ai d’autres romans à écrire, j’en ai déjà écrit un, Chambres noires. Tous mes romans diffèrent les uns des autres, je n’aime ni la répétition ni l’enfermement ni la combine ni la facilité – et je voudrais faire toujours plus difficile pour un résultat toujours plus facile, mais je ne suis pas sûre du tout qu’en art, on progresse. Pour l’instant je suis heureuse de travailler pour l’agreg et pour ma thèse ; je veux continuer à servir, comme tout homme et toute femme de bonne volonté, à servir par où je peux le mieux le faire : écrire et je l’espère, bientôt, enseigner.

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Petites combines et autres complicités du petit milieu « littéraire » (avec Post Scriptum)

Cet après-midi à la bibliothèque Mohammed Arkoun je tombe sur un livre déjà ancien de Marie Darrieussecq sur le plagiat. Je le feuillette et que vois-je ? Elle y prend parti contre moi dans le procès que j’ai intenté à Gallimard pour le plagiat de mon roman Forêt profonde. Dis donc, petite, si tu te mêlais de tes oignons ? Ai-je dit quoi que ce soit, moi, quand Ndiaye puis Laurens t’ont accusée de plagiat ? Chaque fois que les lecteurs de ton premier roman m’ont dit que tu avais l’air de t’être inspirée de mon premier roman cela ne m’a fait ni chaud ni froid mais faut-il finir par soupçonner que tu ne sais écrire qu’en reprenant les autres ? Quoiqu’il en soit c’est ton problème, pas le mien – tous mes livres viennent de moi, j’ai ce qu’il faut en moi pour les nourrir. Si j’ai réagi au fait que Haenel s’est lui aussi et sans doute (je n’ai rien lu de toi Marie, donc je ne peux rien en dire) bien plus largement « inspiré » de mon travail, c’est parce qu’il y avait derrière ça un sale coup pour occulter Forêt profonde qui déplaisait à tels personnages dudit milieu qui croyaient s’y reconnaître. On me promit de me ruiner pour cela, et on le fit. Allez savoir pourquoi dans cette affaire tout le monde, dont toi Marie, donc, s’est rangé derrière Sollers, « parrain » du milieu littéraire, et contre moi, rien du milieu littéraire ? Le courage ne caractérise pas plus ces gens-là que l’honneur. Bof faites vos petites salades entre vous, ayez vos articles et vos contentements, et puis vos livres vous suivront sans tarder dans la tombe.

P.S. du lendemain. Et si, en guise de réponse, j’écrivais un livre où tu apparaîtrais sous forme de truie ? Inutile, tu l’as fait toi-même. Il y aurait une étude à faire sur la présentation d’eux-mêmes que font les écrivains à travers leur premier livre. Pour ma part, ma narratrice était artiste et caissière de boucherie : ce qui signifie agent du Jugement des morts. Proust l’a dit, l’art est le seul vrai Jugement dernier.

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