
acrylique sur deux panneaux de bois 70 x 147 cm
un détail :


acrylique sur deux panneaux de bois 70 x 147 cm
un détail :

Nombreux sont les intermittents de l’argent. Notamment parmi ceux qui n’ont pas ou plus d’emploi salarié leur assurant des revenus fixes. Certains n’ont même pas droit à une quelconque assurance chômage (les écrivains, par exemple, ou les peintres, pour prendre deux cas de travailleurs dans la culture). Ségolène Royal suggère que l’on demande aux intermittents du spectacle, en échange du statut avantageux qui leur permet de ne pas être vraiment des intermittents de l’argent, d’intervenir dans les écoles et les maisons de retraite pendant leurs périodes chômées. Pour une fois, je trouve qu’elle tient là une très bonne idée. Je connais bien les intermittents du spectacle, il y en a plusieurs dans mon entourage et j’en ai aussi connu dans le milieu du théâtre ou de l’audiovisuel. Soit ce sont des gens qui ont du travail, et alors leur statut est tout de même un privilège, notamment pour ceux qui cumulent gros cachets et indemnités de chômage. Privilège par ailleurs exploité par les employeurs, les télévisions, qui abusent de ce statut pour faire travailler les techniciens à moindre coût social. Soit ce sont des gens qui galèrent et ont du mal à cumuler assez d’heures pour bénéficier des allocations entre deux périodes travaillées. Dans les deux cas, celui des privilégiés comme celui de ceux qui galèrent, leur demander de se rendre utiles pendant leur temps libre serait tout à fait profitable. Aux personnes âgées et aux enfants qui bénéficierait de leurs visites, et à eux-mêmes. Les stars de cinéma et de télévision pourraient avoir à choisir entre leur privilège éhonté et le devoir de se plier à d’humbles services. Et ceux qui galèrent auraient pour la plupart plaisir et fierté à se rendre utiles par leur art plutôt qu’à devoir subsister en marginaux de la société. L’un d’eux m’a raconté que, après quelques mois sans emploi, ayant perdu son statut d’intermittent, il finit, en désespoir de cause, par demander une aide sociale avant de se retrouver à la rue. L’aide lui fut accordée. Il proposa alors d’aller en retour donner, gratuitement, des cours de musique ou assurer des animations musicales dans les écoles ou autres, puisque c’était son métier. Impossible, lui répondit l’assistante sociale, ça ne marche pas comme ça. Eh bien, c’est malheureux. Si les Français étaient un peu moins rigides, ils tâcheraient de se parler et de s’entendre pour que ça marche mieux.
Et quant aux journalistes, avant d’écrire sur le privilège des intermittents du spectacle, qu’ils songent un peu à leur propre privilège fiscal, tout aussi mal fondé – sans parler des énormes aides publiques accordées à la presse. Il faut croire que c’est une bonne affaire pour les gouvernements que de se mettre dans la poche les journalistes et les gens de la culture, aisément transformables en serviteurs de la propagande. Show must go on. Mais à force de servir, le spectacle s’use et va vers sa fin.
Il n’est qu’un bien, c’est d’être intègre, in-demne, non-damné. C’est pourquoi toutes les religions, d’une façon ou d’une autre, parlent de pureté. La pureté ne s’acquiert en aucun cas par la volonté, la pureté ne s’acquiert pas, la pureté nous est donnée. L’intégrité consiste à demeurer en elle qui nous est donnée, même dans un milieu impur, une situation impure. Ce qui n’est pas abîmé n’est pas damné. Un cœur pur fait le bien sans le vouloir, du simple fait d’être ce qu’il est. Un cœur pur est le cœur qui est donné à chacun. Un cœur brisé reste pur quand il ne laisse pas l’infection le gagner. Contre l’infection, ce ne sont pas des remèdes qu’il lui faut, c’est un retrait continu dans la pureté. Ce n’est pas difficile. Ce n’est pas un combat, ou bien c’est seulement un combat de défense contre les attaques de l’infection qui vient de l’extérieur. La victoire est absolument assurée. Ce n’est pas une victoire pour soi, mais pour toute l’humanité. Ce n’est pas une victoire acquise, c’est une victoire en marche, pour le monde qui a perdu sa pureté de cœur mais à qui il est possible de la rendre. Et c’est ce qui se passe, continûment, grâce aux cœurs purs. Sans quoi rien n’existerait.

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hier soir à Paris, photos Alina Reyes
Internet n’ayant pas laissé disparaître quelques falsifications de la petite histoire montée par un petit milieu à mon encontre, j’ai réécrit en guise de réponse une courte introduction au texte À la Grande Ourse, sur la page où il est offert.
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Tomi Ungerer dit dans cet excellent documentaire que Gustave Doré est un surréaliste avant l’heure. Je le pensais aussi, de même que pour Victor Hugo dessinateur, comme on l’a vu dans une récente exposition. Mais bien sûr ces hommes dépassent toutes les cases. Ce qui rapproche aussi Doré et Hugo est à mon sens leur démesure, leur générosité créatrice, leur universalisme, tant dans leur expression, qui traverse tous les thèmes mais aussi le temps et les formes, se retrouvant dans nombre d’oeuvres d’expressions artistiques diverses et modernes, que dans leur caractère, qui embrasse tout.
Clément Méric ne portait pas de poing américain, ses camarades non plus. Les skins d’en face, eux, en avaient, cela vient d’être prouvé. Ils en avaient, comme ils en ont habituellement. Clément est mort, les autres sont vivants. Clément Méric est l’un des hommes que les skins ont tué au cours des années et des ratonnades. Les esprits bien-pensants qui se sont échinés à dire que les deux camps sont de même nature, et qu’il n’y a donc pas de faute, seulement un accident, sont mensongers. Et leur mensonge insulte la mémoire de trop de victimes.
Depuis la fermeture des Urgences de l’Hôtel-Dieu, les opposants à cette mesure prédisent qu’elle provoquera des morts. Une femme a été retrouvée morte la semaine dernière après être restée six heures assise, sans que personne ne s’occupe d’elle, aux Urgences de l’hôpital Cochin où elle avait été admise pour une blessure au pied sans gravité. Après enquête, le ministre conclut que le service n’était pas saturé, bien qu’il reçoive comme les autres hôpitaux les patients jadis envoyés à l’Hôtel-Dieu, et que ce n’est la faute de personne. Ce n’est la faute de personne si personne ne regarde un être humain qui est là, des heures durant. Ce n’est la faute de personne si bien souvent les êtres humains sont traités aux Urgences comme du bétail. Ce n’est la faute de personne si les médecins, et le personnel soignant, sont formés dans un esprit de domination sur les patients.
Une mère et sa fille retrouvées mortes poignardées chez elles. C’est le genre d’informations qu’on lit presque tous les jours. Des hommes tuent des femmes, c’est le génocide immémorial et planétaire quasiment invisible. Quelques années de prison, et la vie des assassins reprend tranquillement. Il y a plus d’un an qu’Oscar Pistorius a tué Reeva Steenkamp. Prétendra-t-on que les torts étaient partagés ? En attendant, l’une est enterrée, l’autre est libre de se promener dans ses costumes de luxe et de s’épancher sur ce drame comme s’il n’était en rien de sa faute.
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En train de commencer à repeindre entièrement les deux grands panneaux qui étaient intitulés Cinq ponts, qui seront désormais accolés, autrement nommés, plus riches et plus gais.
Aussi, je m’essaie à la peinture par la photo.
J’ai rêvé que Bedos (à la fois père et fils) et un plombier s’étaient installés chez moi contre mon gré et ne voulaient plus en partir. J’allais à la mairie demander qu’ils téléphonent chez moi afin qu’ils voient qu’ils étaient au courant de leur forfait, et que cela les fasse partir. Mais à la mairie les gens étaient très embêtés, oui me disaient-ils, on sait qu’ils se comportent ainsi, mais nous ne pouvons pas intervenir contre Bedos, étant donné sa position. Je retournais chez moi, et finalement les intrus s’en allaient, emmenés par leurs femmes, des pétasses mondaines, sapées, refaites et maquillées, qui les ramenaient chez elles.
Le rêve est limpide, Bedos à la fois père et fils symbolise le pouvoir temporel, clown médiatique, transmissible et grossièrement calqué sur le christianisme – une sorte d’antichrist ; le plombier représente les hackers et autres poseurs de micros cachés ; et les pétasses la mondanité qui les appelle à retourner dans leur monde.
À l’âge de quinze-seize ans, après avoir lu Freud (mais aussi beaucoup de textes sacrés), je me livrai à des expériences étonnantes, que ne font jamais les psychanalystes – raison pour laquelle ils ne connaissent rien en vérité à leur art ni à l’homme. Je suis loin devant, loin au-delà, cela m’exclut de ce monde mais je suis si bienheureuse.
Toujours en train de compléter mes galeries sur alinareyes.eu. Les peintures pour l’instant y sont toutes ou à peu près – en attendant la prochaine. Les photos continuent de se remplir, les dessins sont en cours. J’ai signé ces derniers, je les photographie et je les propose à l’impression seulement, car j’ai l’intention des les composer en iconostase, un peu à la façon des Masques, qui donnent en vrai un bien beau résultat, plus beau qu’en photo. N’hésitez pas à visiter, y compris ma page « liens » à partir de laquelle vous pouvez visiter aussi les artistes que j’ai pour l’instant découverts sur la plateforme Artmajeur.
À ce jour, mes œuvres les plus visitées ont été deux photos et une peinture : la première de deux brebis en pleine sieste (galeries « Animaux »), la deuxième des Deux océans (4e galerie de peinture) la troisième d’une fente de lumière dans la neige (galerie « Neige ») ; et celle qui a reçu le plus de mentions, un bouquet de fleurs sauvages sur une table en bois (galerie « Graphismes et couleurs »). Ne sont-elles pas, humblement, représentatives de ce qui nous sauve : lâcher-prise, rencontre, pureté, grâce ?