Bonnes nouvelles

APPaulo Whitaker_ReutersAP,

photos AP ; Paulo Whitaker / Reuters ; AP

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« Reprise des négociations de paix israélo-palestinienne lundi à Washington ».

Très beau travail de François au Brésil. Avec l’appui du ciel, qui a bien fait d’envoyer sa pluie contenter d’un côté les crocodiles et de l’autre obliger les pèlerins à prier jusqu’au bout sur la plage. Je me suis rappelé du moment où ils échouent et dorment sur le sable dans Souviens-toi de vivre, heureux comme des rebaptisés. Ils étaient là, tels trois millions de boat people sauvés, sur la voie de la résurrection. C’est parti.

La prochaine fois, Cracovie. Catholiques, orthodoxes, protestants, tous chrétiens, retrouvons les chemins de l’Europe ancienne, plus centrée, plus tournée vers l’Est, refaisons l’Europe, celle de l’esprit. Avec ses nouvelles composantes. Ne nous replions pas, cessons d’exclure, incluons. François l’a dit en quittant Rio, le Christ prépare le printemps dans le monde entier.

Oui, hâte-toi, fratellino mio.

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« Le courage de la vérité », par Michel Foucault (7). Face-à-face et confiance

le taureau Espoir, l'été 2010, photo Alina Reyes

 

Nous terminons notre lecture du dernier cours du philosophe, prononcé au Collège de France entre février et mars 1984, quelques semaines avant sa mort, et publié par Gallimard/Seuil dans la collection Hautes Études.

« L’art de l’existence et le discours vrai, la relation entre l’existence belle et la vraie vie, la vie dans la vérité, la vie pour la vérité, c’est un peu cela que je voulais essayer de ressaisir. L’émergence de la vraie vie dans le principe et la forme du dire-vrai (dire vrai aux autres, à soi-même, sur soi-même et dire vrai sur les autres), vraie vie et jeu du dire-vrai, c’est cela qui est le thème, le problème que j’aurais voulu étudier. » (pp 150-151)

Après avoir donné encore une leçon sur Socrate, Foucault consacre les leçons suivantes aux philosophes cyniques. Nous passerons sur cette longue partie de l’ouvrage, pour conclure notre lecture avec sa toute dernière leçon, qui évoque la parrêsia dans le pré-christianisme et le christianisme.

« La parrêsia se situe maintenant sur l’axe vertical d’un rapport à Dieu où, d’une part, l’âme est transparente et s’ouvre à Dieu, et où, d’autre part, elle s’élève jusqu’à Lui. » (p.297) Par exemple dans le livre de Job, « pour traduire le texte hébreu « alors tu feras du Tout-Puissant tes délices » (mot à mot), la version des Septante utilise le verbe parrêsiazesthai. Autrement dit, ce rapport immédiat, ce rapport de contact, de délice, de jouissance que l’âme peut éprouver quand elle est en contact avec Dieu, cette félicité, cette jouissance, ce plaisir sont traduits dans la version des Septante par « parrêsiazesthai ». La parrêsia n’est donc plus du tout, vous le voyez, le dire-vrai courageux et risqué de celui qui a cette hardiesse à l’égard de ceux qui se trompent. Elle est ce mouvement, cette ouverture de cœur par lesquels le cœur et l’âme, s’élevant jusqu’à Dieu, peuvent arriver à saisir Dieu, à en profiter en quelque sorte et éprouver le principe de Sa félicité. » (p. 298)

« Philon écrit : Celui qui est capable de prier ek katharou tou suneidotos (à partir de la pureté de sa conscience) est capable de parrêsia. La parrêsia demeure bien, en un sens, un dire-vrai, mais ce n’est plus un « dire » : c’est l’ouverture de l’âme qui se manifeste dans sa vérité à Dieu et porte cette vérité jusqu’à Lui. » (p. 298)

Foucault donne ensuite des exemples de textes vétéro-testamentaires où la parrêsia désigne « le face-à-face du Tout-Puissant et de Sa créature, leur dissymétrie mais aussi leur relation. C’est le mouvement par lequel l’homme se porte vers Dieu, mais c’est inversement le mouvement par lequel Dieu manifeste Son être comme puissance et sagesse, comme force et vérité. C’est à l’intérieur de ce rapport ontologique de face-à-face, de vis-à-vis de l’homme et de Dieu, que la parrêsia tend, jusqu’à un certain point, à se déplacer. Ce n’est plus le courage de l’homme solitaire en face des hommes qui se trompent, c’est la béatitude, c’est la félicité de l’homme porté jusqu’à Dieu. Et Dieu répond, à ce mouvement de l’homme vers Lui, par l’expression, la manifestation de Sa bonté ou de Sa puissance. » (p. 299)

Dans le Nouveau Testament, par exemple dans la Première Épître de Jean (5, 14), « Nous avons cette assurance (parrêsia), que si nous demandons quelque chose selon Sa volonté, Il nous écoute. La parrêsiai se situe donc dans le contexte suivant. D’une part, le chrétien, comme tel, qui croit au nom du Fils de Dieu, sait qu’il a la vie éternelle. Deuxièmement, il s’adresse à Dieu, pour lui demander quoi ? Rien d’autre que ce que Dieu veut. (…) Principe d’obéissance. C’est dans cette circularité, de la croyance en Dieu et de la certitude d’avoir la vie éternelle d’une part, et d’une demande qui s’adresse à Dieu et n’est autre chose que la volonté même de Dieu d’autre part, que s’ancre la parrêsia. (…) C’est cette attitude parrèsiastique qui rend possible la confiance eschatologique pour le jour du Jugement, ce jour qu’on peut attendre, qu’il faut attendre en toute confiance meta parrêsias) à cause de l’amour de Dieu. » (pp 300-301)

« Mais la parrêsia, dans ces textes néo-testamentaires, est aussi la marque de l’attitude courageuse de celui qui prêche l’Évangile. À ce moment-là, la parrêsia est la vertu apostolique par excellence. (…) la prédication orale, la prédication verbale, le fait de prendre la parole, de disputer (…) au risque même de sa vie, est caractérisé comme étant la parrêsia. La vertu apostolique de parrêsia  est donc assez proche de ce qu’était la vertu grecque. » (p. 301)

« Le martyr, c’est le parrèsiaste par excellence. Et, dans cette mesure, vous voyez que le mot parrêsia se réfère à ce courage que l’on a en face des persécuteurs, courage que l’on exerce pour soi-même, mais que l’on exerce aussi pour les autres et pour ceux que l’on veut persuader, convaincre ou renforcer dans leur foi. » (p. 302) Mais « Ce qui fait justement la différence – c’est saint Jérôme, je crois, qui le dit – entre le courage, par exemple, d’un Socrate ou d’un Diogène et celui d’un martyr, c’est que le premier n’est que le courage d’un homme s’adressant aux autres hommes, alors que celui des martyrs chrétiens est un courage qui prend appui sur cet autre aspect, cette autre dimension de la même parrêsia qui est la confiance en Dieu. Confiance dans le salut, dans la bonté de Dieu, confiance aussi en l’écoute de Dieu. » (p. 303)

Mais bientôt se développe aussi dans le christianisme une conception négative de la parrêsia. « Ce pôle anti-parrèsiastique, ascétique, sans confiance, ce pôle de la méfiance à l’égard de soi-même et de la crainte à l’égard de Dieu, n’est pas moins important que le rôle parrèsiastique. Je dirais même qu’il a été historiquement et institutionnellement beaucoup plus important, puisque c’est autour de lui, finalement, que se sont développées toutes les institutions pastorales du christianisme. Et la longue et difficile persistance de la mystique, de l’expérience mystique dans le christianisme, n’est rien d’autre que la survie, me semble-t-il, du pôle parrèsiastique de la confiance en Dieu qui a subsisté, subsisté non sans peine, dans les marges, contre la grande entreprise du soupçon parrèsiastique que l’homme est appelé à manifester et à pratiquer à l’égard de lui-même, à l’égard des autres, par obéissance à Dieu, et dans la crainte et le tremblement de ce même Dieu. » (p.308)

Les derniers mots du dernier cours de Michel Foucault suivent de près ce constat. Ces derniers mots sont : « Mais enfin, il est trop tard. Alors, merci. » (p. 309) Il est trop tard aussi pour tout ce que la grande entreprise du soupçon a détruit. Mais la confiance de Dieu, rien ne peut la détruire.

 

Misère des arrogants

 

Voyez-vous ça. Une chanteuse qui chante faux, qui vient d’être condamnée pour avoir dénaturé la chanson d’un artiste, et qui se produisit naguère dans un très mauvais clip tournant en dérision la foi, trouve maintenant « intolérable » que l’aumônier du Val-de-Grâce soit intervenu hier pour protester contre le fait qu’elle tournait un clip dans son église, contre sa volonté et celle de l’évêque concerné. Cette personne qui vit dans un luxe éhonté s’y produisait en compagnie de figurants déguisés en moines pauvres, aux pieds nus. Une buvette était installée au fond de la chapelle, pour remplacer le corps et le sang du Christ, sans doute. Elle a donc appelé le Ministère de la Défense, qui a envoyé l’armée, afin de faire dégager ce prêtre.

La dame dit avoir été inspirée par les pèlerins de Compostelle. Quand Dieu peut être vendeur, pourquoi se priver ? Tiens, comme tel ambassadeur, habitué à être servi comme il le dit, qui vient de faire le pèlerinage pour en tirer un best-seller. « Le chemin a quelque chose de diabolique », confia-t-il ensuite. Le chemin des escrocs spirituels, comment serait-il autrement que diabolique ?

Celui des amants de Dieu est simplement divin. Beaucoup d’appelés, bien peu d’élus.

 

Sacre du Printemps

Matisse, La Danse

 

Aujourd’hui, centenaire du Sacre du Printemps de Stravinsky. Extraordinaire œuvre, bondissement, plus actuel que jamais. Le paganisme absolu couché comme un fauve transpercé de flèches et vivant au pied de la Porte du ciel, entrouverte et qui attend que les peuples, auxquels le fauve fait somptueux tapis, entrent et passent de l’autre côté, dans la lumière pure.

L’Église a un beau-papa. Bien sympa et tout, mais c’est pas ça. Dévoué, faisant tout pour se faire accepter, y parvenant très bien, et d’autant mieux qu’il vient combler la peur du vide. N’empêche, on n’avait jamais entendu dire qu’après la disparition de Joseph, Marie avait pris un autre époux. Malachie n’était pas sans prophétie. Allez, tout cela sera transformé pour le mieux.

Les personnes qui n’aiment pas « les curés », ce ne sont pas les curés qu’elles n’aiment pas, mais les faux-culs, ceux qui disent et ne font pas, ceux qui pensent par derrière comme disait Nijinsky. Loin de moi la pensée que tous les prêtres le sont, mais une grande lessive de printemps ferait le plus grand bien à leur linge et leurs habits.

Craignons le Seigneur et n’ayons pas peur, le Jour avance.

 

Las armas secretas

 

Voici le texte de la 10ème « prophétie de Jean XXIII », dans laquelle certains ont lu la renonciation de Benoît XVI et l’annonce que son successeur pourrait s’appeler Albert.

 

Ton règne sera grand et bref. Père, il sera bref mais il te mènera loin, dans la lointaine terre où tu es né et où tu seras enseveli.

A Rome ils ne voudront pas te donner.

Et il y aura un autre Père, avant que tu sois enseveli, pour prier loin pour toi, pour les blessures de la Mère.

Mikail et Jean descendront sur terre.

Les urnes ouvertes dans les lieux secrets sous le trésor et seront découverts les pas du premier homme.

Le grand frère d’Orient fera trembler le monde par la croix renversée sans les lis.

Le nouveau Père ira vers lui mais laissera la Mère orpheline.

Mais auparavant par ses paroles de vraie science le secret de l’arme qui détruit les armes. Temps de paix, alors, et sur la haute pierre sera le nom d’Albert.

 

Si celui qui s’appelle maintenant François avait eu pour prénom Alexandre, par exemple, on eût pu penser que la prophétie se réalisait en accolant la première syllabe de son prénom à celle de son nom, Bergoglio. Ce n’est pas le cas, mais cela ne signifie pas que la prophétie a tort. L’univers de la parole a sa logique, même quand elle reste secrète.

*

 

Mais que se passe-t-il ? dans la chapelle Sixtine

photo Abaca

 

Spermatozoïdes

dans la chapelle Sixtine

Au creux du Jugement Dernier

des cardinaux effarouchés

ou non ! font les pions

jusqu’à ce que le doigt de Dieu,

d’une pichenette, accouche

l’Église d’un Pape.

Voici qu’elle perd les eaux,

évaporées en fumée blanche,

et qui montent !

Il sort par la fenêtre, là-haut,

quasi du ciel ! la foule

crie, en bas ! elle qui l’attendait

a enfanté un papa nouveau-né !

C’est le monde à l’envers,

mais tout est endroit pour la joie.

Le peuple n’est qu’à Dieu.

*

 

« Voici, je viens, Dieu, faire ta volonté ». Et Romano Guardini, « Le Seigneur »

photo Alina Reyes, 10 juin 2010

 

Je suis une joyeuse et sereine petite mendiante de Dieu, et s’il fait passer des choses qui nous dépassent à travers moi, c’est juste parce que je suis une joyeuse et sereine petite mendiante de Dieu. Enfant, je voulais être écrivain, mais c’était si sacré à mes yeux que je le gardais secret – en fait, le sacré de la chose, c’était l’Écriture qui m’attendait. Et pauvre moi-même, tout en envoyant mon peu d’argent aux pauvres et aux prisonniers, je disais : je veux être cosmonaute et président de la république – expressions enfantines du destin vers lequel je me sentais portée, au service du peuple mais à la façon du ciel plutôt qu’à la façon terrestre.

Que les uns ou les autres aient existé ou non, qu’ils se soient comportés de telle façon ou d’une autre façon, ne change rien au plan de Dieu. Dieu dès avant ma naissance a conçu en même temps que moi ma mission, rien ne pouvait empêcher qu’elle soit accomplie. Il aurait seulement mieux valu, pour les hommes eux-mêmes, qu’ils ne répètent pas encore le mal qu’ils firent déjà il y a longtemps. Romano Guardini, dans Le Seigneur, a écrit : « Nous ne devons pas faire comme si c’était dans l’ordre que le Christ a été rejeté et qu’il a souffert. Ce n’est pas dans l’ordre. La Rédemption ne devait pas se faire ainsi. Qu’il en soit advenu de la sorte, a été de la faute de la présomption humaine et les conséquences en sont entrées dans l’existence chrétienne. Nous n’avons ni l’Église qui aurait pu être jadis, ni celle qui sera un jour. Nous avons l’Église qui porte sur elle les stigmates du second péché originel. »

Les livres des prophètes sont toujours hantés par des violences parce qu’autour d’eux, de leur mission, de la parole qui leur vient, les hommes font violence, essaient de détourner l’œuvre de Dieu en train de s’accomplir, sa parole en train d’advenir.

Tout ce dont les hommes ont besoin pourtant, ce sont de rapports francs, ouverts, simplement compassionnels, purs de tout calcul. Ce dont les hommes ont besoin, c’est de pouvoir échanger un sourire sans craindre que l’autre ne cache une matraque dans son dos.

Voici, façon de faire un point, l’excellent chapitre VI du deuxième tome de Le Seigneur, de Romano Guardini (dont j’ai déjà cité un extrait du tome premier). Plutôt que d’y ajouter des commentaires, j’ai surligné en gras quelques phrases particulièrement importantes à mes yeux.

« Qu’est-ce que Jésus a trouvé dans la ville sainte, quand il y est entré avec la prétention suprême ? Quelles puissances y étaient à l’œuvre ? Quelles étaient les dispositions des hommes à son égard ? Comment est-il entré lui-même dans cette situation tendant à sa fin ? (…)

Il y a d’abord ceux qui s’appellent eux-mêmes « les purs », les Pharisiens. Au point de vue du caractère comme au point de vue politique, c’est le groupe le plus décidé et le plus fort ; ce sont les vrais mainteneurs des traditions (…) Voici le groupe des Sadducéens (…), des cosmopolites, qui ont jeté par-dessus bord les traditions de leur peuple, des hellénistes distingués, cultivés, s’intéressant à tout, soucieux de jouir de la vie. (…) Le peuple lui amène ses malades, lui fait part de ses misères, l’écoute, est charmé par ses paroles, bouleversé par ses miracles, mais n’arrive pas à prendre nettement position. (…) Hérode, souverain de Jésus, est un despote voluptueux, gouvernant, dans le cadre de son impuissance réelle, capricieusement. Il n’est pas entièrement fermé au monde religieux, comme le montrent ses relations avec Jean-Baptiste (…) Au reste, il a dû être un diplomate rusé, puisque Jésus l’appelle « ce renard ». (Luc 13, 32) Pour ce qui est du représentant officiel du pouvoir en Palestine, le procurateur impérial, il ignore Jésus totalement. (…)

Voilà le monde, dans lequel entre Jésus. Il annonce son message. Il fait les miracles, que les besoins des hommes et la nécessité spirituelle du moment lui suggèrent. Il exhorte, appelle, secoue. Il veut faire comprendre que c’est une réalité sainte qui frappe à la porte. Il ne veut pas seulement exposer une doctrine, inculquer une discipline morale, montrer un chemin de Salut, annoncer une nouvelle conception du royaume ; mais faire prendre conscience de ceci : c’est maintenant l’heure. Le royaume de Dieu est maintenant devant les portes de l’histoire. Il est prêt à y pénétrer. Dieu s’est levé. Tout est mûr. Tournez-vous de ce côté ! Faites place à la plénitude des temps ! Entrez dans le monde nouveau ! Marchez avec lui !

Tout cela, on le voit vite. Mais, en regardant de plus près, on trouve autre chose encore dans l’attitude de Jésus. Il met toute son énergie dans l’accomplissement de sa mission. Il va au-devant des hommes, les bras ouverts, et le cœur ouvert. Il ne pense pas à lui-même. Il ne connaît ni jouissance, ni commodité, ni peur, ni compromis. Il est absolument et exclusivement Messager, Prophète et plus que Prophète. Malgré cela, nous n’avons pas l’impression qu’il y a là un homme qui vise un but précis, et qui cherche vaillamment à l’atteindre par son travail… Peut-être, répondra-t-on, que ce dont il s’agit est trop grand, pour qu’on puisse l’enfermer dans de semblables concepts ; qu’on ne peut pas « travailler » pour un but pareil, que celui-ci arrive lui-même, se déploie, tandis que Jésus l’annonce et lui donne de l’espace. (…) Jésus apporte le message des messages, mais en faisant corps avec lui. Il ne pèse pas sur ses épaules, il ne le pousse point ; il est Lui. Il est vrai qu’il lui tarde que tout soit accompli ; mais c’est là la poussée intérieure et personnelle vers la consommation de sa tâche ; ce n’est pas le poids d’un devoir imposé de l’extérieur… Ou bien Jésus serait-il un lutteur ? On a tendance à le représenter sous ce grand et noble aspect. Mais lutte-t-il vraiment ? Je crois que non. Assurément, Jésus a des adversaires, mais il ne les considère et ne les traite jamais comme tels. Ce contre quoi il se dresse réellement, c’est l’état du monde, et Satan, qui l’entretient contre Dieu. Mais Satan lui-même n’est pas pour lui un ennemi, au sens propre du mot. Jésus ne lui reconnaît aucune égalité avec lui. En dernière analyse, il ne lutte pas ; son attitude est pour cela trop sereine.

Nous ne pénétrons plus avant dans l’âme du Seigneur, que si nous observons ses actions et son comportement au point de vue central, situé en dehors du monde. Dès que nous rangeons son être sous une des catégories qui nous sont familières, toute connaissance vraie s’évanouit.

Après un premier temps de plénitude, dans la prédication et l’action apostolique, nous avons vu que la crise se prépare. Puis, à Jérusalem d’abord, en Galilée ensuite, la décision intervient contre lui. Alors, sans être poussé par la nécessité intérieure, le désespoir ou une anticipation quelconque de la catastrophe elle-même, il va, tranquillement et résolument, à Jérusalem, ce qui, d’après ses propres paroles était aller à une mort certaine. (Luc 9, 51)

Son entrée dans la ville, nous l’avons dit, a la valeur d’une Révélation. (…)

L’image que nous nous faisons du Christ et de sa vie de Rédempteur, s’inspire tout entière du terme. Parce que celui-ci a été sanglant et signifie simplement le Salut pour nous, nous avons tendance à le regarder comme nécessaire et à tout apprécier en fonction de lui. Mais, en faisant ainsi, nous détruisons la réalité vivante des événements. Assurément, les choses « ont dû » en arriver là finalement, mais cette nécessité a une source plus profonde que nous ne pouvons soupçonner. En fait, il n’aurait pas fallu que l’issue fût telle. Si elle l’a été, cela est dû à l’action combinée de la culpabilité humaine et de la volonté divine, que nous ne pouvons pas démêler. Pour secouer la routine, posons-nous cette question : Qu’aurait fait, dans une situation pareille, un homme ayant profondément conscience de sa mission ? Il aurait pu emplyer tous les moyens, pour imposer la vérité au dernier moment. Il aurait donc parlé avec les prêtres, les docteurs de la Loi, les hommes influents parmi le peuple ; il aurait utilisé l’Écriture pour leur expliquer la situation ; leur aurait montré la source de leur erreur ; leur aurait dévoilé les aspects plus profonds de la Révélation et lutté avec eux pour trouver le vrai sens des prophéties messianiques. Il aurait cherché à agir sur le peuple, lui montrant sans se lasser, en employant des images saisissantes, adaptées à sa vie et à sa manière de penser et de sentir, la réalité essentielle et l’amenant à changer de point de vue.

Tout cela est-il fait ? Non, Jésus prêche la vérité sans doute, avec force, grandeur, insistance, mais jamais en faisant les efforts que nous attendrions. Par-dessus le marché, il le fait d’une manière qui n’est rien moins que persuasive, ayant plutôt quelque chose d’intransigeant et de provoquant. Quelqu’un qui veut, à la dernière minute, imposer par tous les moyens sa manière de voir, parle autrement que Jésus.

L’homme dont nous parlons aurait pu se dire aussi : le temps des discussions est passé, il faut agir à présent. Les adversaires insensibles à la force des arguments, doivent être affrontés sur leur propre terrain ; la force doit s’opposer à la force. Il aurait donc pris les différents groupes par leur point faible, aurait fait tantôt le jeu des Pharisiens contre les Sadducéens, et tantôt l’inverse. Il se serait adressé au peuple, lui aurait dénoncé les agissements de ses chefs, l’aurait mis en garde, stimulé, poussé à l’action. Trouve-t-on quelque chose de ce genre dans l’attitude de Jésus ? Pas la moindre trace. Et cela, non pas parce qu’il n’aurait pas la force de le faire, mais parce que ce serait opposé au but poursuivi par lui…

Peut-être l’homme en question, reconnaissant l’impossibilité d’aboutir, prendrait-il la fuite. Jésus en aurait la possibilité. Les Pharisiens s’y sont déjà attendus. Quand il dit : « Là où je veux aller, vous ne pouvez me suivre », ils demandent : « Où veut-il aller ? Peut-être dans la dispersion ? » (Joh. 7, 34-35) C’est ce que ferait cet homme. Il irait à Alexandrie, ou à Rome, sûr d’y trouver audience et gardant l’espoir de revenir un jur dans son pays avec des chances de succès. Cette pensée est tout à fait étrangère à Jésus… Il resterait une dernière hypothèse. Cet homme considèrerait la partie comme perdue, et suivant le cas, mourrait en désespéré, en homme lassé ou bien fièrement. Peut-être se jetterait-il de lui-même dans l’abîme, mystérieux antipode du succès, spéculant sur l’alternance logique de la mort et de la vie, de la catastrophe et du renouveau. Rien de tout cela n’arrive dans le cas de Jésus. On a voulu expliquer son attitude dans ce sens, au temps où « l’eschatologisme » était à la mode. Dans cette perspective, Jésus, voyant tout perdu, aurait misé « sur le succès de l’insuccès », sur une intervention mystique de Dieu. Il aurait espéré que sa mort deviendrait la source du renouvellement de toutes choses. On a voulu interpréter dans ce sens des mots tels que celui-ci : « Je vous le dis en vérité, plusieurs de ceux qui sont ici présents, ne goûteront point la mort, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme, venant dans l’éclat de son règne. » (Math. 16, 28) Il n’est pas question de cela. Jésus ne capitule pas ; on chercherait vainement chez lui la trace d’un effondrement, et il est faux de parler seulement d’une « catastrophe ». Quant à la métamorphose mystique de l’insuccès en un anéantissement créateur et fécond, elle n’existe point. Cette explication relève d’une psychologie irréelle, et, étant donné ce dont il s’agit, courte. Il y a ici autre chose.

Mais quoi ? Si nous évoquons l’attitude de Jésus, telle que la décrivent les récits évangéliques sur les fins dernières, nous y trouverons la confirmation décisive de ce que nous avons dit plus haut sur la manière d’être du Seigneur, en général. Il n’y a rien chez lui de la poursuite tendue d’un but ; rien du travail fébrile, rien d’une « lutte » au sens propre du mot. L’attitude de Jésus est infiniment sereine. Il dit ce qu’il doit dire, sans rien mitiger, mais tout à fait objectivement. Il ne cherche pas à produire un effet, mais s’exprime comme la nécessité interne le demande. Il n’attaque pas, mais ne se détourne pas davantage. Il n’espère rien de purement humain, et, en conséquence, n’a rien à craindre. S’il est dit, qu’à cause de ses ennemis, il se rend le soir à Béthanie pour rester auprès de ses amis, il ne s’agit pas là d’une fuite ; il se réserve simplement parce que son heure n’est pas encore venue, d’après son sentiment intérieur. Il n’y a pas de crainte dans l’âme de Jésus. Et cela, non seulement parce qu’il est naturellement courageux, mais parce que le centre de son être est au delà de tout ce qui pourrait être craint. Pour cette raison, on ne peut pas le qualifier non plus d’audacieux au sens humain du mot. Il est seulement libre, entièrement libre, pour ce qui doit être accompli à chaque instant. Et il l’accomplit avec un calme souverain et incompréhensible. Nous pourrions continuer longtemps ces distinctions. Le résultat ne ferait que confirmer ce qui apparaît déjà : c’est que les mesures humaines sont insuffisantes pour apprécier ce qui se passe ici. Tout y est pensé par un esprit humain, il est vrai ; voulu par une volonté humaine, vécu par un cœur ardent, magnanime, tendre, mais surgi d’une origine et accompli avec une force qui sont situées au delà de ce que nous pouvons dire d’humain, et lui donnent un caractère pareillement surhumain.

La volonté de Dieu est accomplie et Jésus veut cette volonté tandis que les actions des hommes s’y opposent. Le second péché de l’humanité se prépare, la seconde chute originelle, commise par les hommes que voici, en cet instant précis, mais solidairement avec tous les êtres humains, et nous accablant tous. La manière dont il est commis, ce péché, impose la forme sous laquelle la volonté salvifique du Père sera réalisée. Or Jésus est d’accord avec cette volonté. Il a l’attitude que l’épître aux Hébreux a essayé d’exprimer dans le texte que nous avons mis en exergue à ce chapitre*. »

*« Voici, je viens, Dieu, faire ta volonté » (He 10, 7)

à suivre

 

Un pape frère

 

S’il ne peut y avoir deux papes « pères », et s’il ne peut y avoir un pape femme, c’est donc que Dieu veut nous donner un pape frère.

Issu de saint François, frère des pauvres, frère de toute l’humanité, qui fit le voyage jusqu’en terre d’islam.

Un frère pour relayer le père disparu et, tout proche du Christ, « réparer son église en ruine », rebâtir la maison tombée.

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Le deuil et le passage

 

Mon père est mort il y a huit jours, et j’en fais le deuil. Mais je ne suis pas seule à le faire. Je le fais avec mes frères et sœurs, qu’il a réunis autour de son cercueil. Depuis, même de loin et sans paroles, ils sont aussi proches de moi que nous l’étions enfants, nous sommes ensemble dans l’épreuve, très fortement. Et puis je le fais avec lui.  Lui qui fut si longtemps pour nous un père si peu père, voici que de là où il est maintenant, il est là, il œuvre. D’abord il m’a débarrassée entièrement, comme par magie, de tout rapport, bon ou mauvais, que je pouvais avoir avec des pères de substitution, des pères virtuels, encore moins capables d’assumer, de faux pères qui peut-être ne pouvaient être que ce qu’ils furent, abuseurs. Il m’en a débarrassée par sa seule présence, toute nouvelle. S’il a été si peu présent pour ses enfants du temps qu’il était de ce monde, c’est qu’il a vécu à côté de ce monde. Il n’a jamais été de ce monde, et nous non plus, ses enfants. Et si nous avions l’air d’avoir des liens relâchés en ce monde, c’est qu’ils étaient puissants dans l’invisible, où ils peuvent maintenant donner toute leur mesure. Maintenant il est là, avec nous, et nous pouvons être sûrs qu’il nous aime, comme nous l’aimons.

De même qu’avoir moins ou plus d’un seul père rend la vie d’un être humain particulièrement difficile, voire impossible, il n’est pas possible pour l’Église d’avoir deux papes, même si l’un n’est qu’ « émérite ». L’Église va se retrouver dans une situation de famille recomposée, et qui plus est homoparentale. Tout ce qu’elle n’aime pas. Dans une famille recomposée, la situation est plus saine dans la mesure où généralement les enfants n’appellent pas leur beau-père papa. Ou s’ils le font, c’est en connaissance de cause, en sachant tout de même qu’ils n’ont qu’un seul vrai père. Tout être humain sait qu’il n’a qu’un seul père, même s’il ne l’a jamais connu, ou même si celui qu’il appelle père n’est pas son père biologique, qu’il le sache ou non. Tandis que l’Église se dirige vers une formule de non-dit, de faux-dit, d’ambiguïté périlleuse. Pour éviter la double paternité et l’homoparentalité, il lui faudrait passer le relais de chef de famille à une femme. C’est une leçon que Dieu est en train de donner à l’Église romaine, qui en vérité, derrière les apparences, est déjà tombée.

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Madonna, la Kabbale, l’Opus Dei, les fantômes du Vatican, et moi.

 

Avant-hier, mercredi, quand la trahison est devenue claire, j’ai pensé que la façon dont ils s’étaient comportés avec moi, me coupant insidieusement de tout le monde et de toute possibilité de gagner ma vie sinon en me soumettant à leur volonté sur mon livre Voyage et la fondation de mon Ordre, les Pèlerins d’Amour, cette façon d’isoler l’individu pour mieux le tenir, ce savoir-faire implacable et professionnel, rappelait les méthodes de l’Opus Dei, espèce de secte très proche du Vatican, sur laquelle j’ai lu un livre de journaliste assez accablant il y a quelques années, et qu’on appelle souvent « la sainte mafia » ou « la franc-maçonnerie blanche ».

Puis, comme il m’a été fait savoir souterrainement (l’Internet, quelle aubaine pour les opérations « discrètes ») que je me mêlais trop de politique, je me suis rappelé qu’il avait été prévu d’associer mon Ordre à venir avec Madonna, connue pour son appartenance à la Kabbale, et certainement pas pour son soutien à la Palestine. Dès que j’avais eu connaissance de ce projet, en 2012, je l’avais vivement rejeté. Tout de même, je viens d’avoir l’idée de demander à Google ce qu’il en était de ses liens avec la Kabbale, et c’est alors que j’ai appris qu’en 2011, elle s’en était éloignée pour se rapprocher de… l’Opus Dei. Tiens donc. Un peu avant, donc, de préparer ses concerts en Israël, où elle allait chanter avec des croix et des danseurs… vêtus en moines, de rouge avec une grande capuche, comme les membres de mon Ordre à venir. Voilà ce qu’on était en train de trafiquer avec mon projet, sans m’avoir demandé mon avis ni m’en avoir prévenue.

J’aurais bien voulu éclaircir tout cela avec Benoît XVI, entre quatre-z-yeux, mais cet « amoureux de la vérité », depuis plus de deux ans que je le lui demande, n’a pas voulu me recevoir, tout en faisant miroiter, par une intense autant que souterraine communication, tout au long de tout ce temps, la possibilité d’un prochain règlement de la question. Depuis trois ans je me bats avec et contre les fantômes du Vatican. Avec, parce que j’ai toujours gardé espoir que nous arriverions à nous entendre sur la mise en œuvre de ce projet, par moi inventé et envoyé au pape, qui consistait à fonder une œuvre de paix entre les trois religions monothéistes, en Terre Sainte pour commencer. J’ai écrit un livre de plus de mille pages pour le précéder et l’accompagner, c’est un travail sérieux. Mais plus encore qu’avec, j’ai dû me battre contre ces fantômes du Vatican, qui ne voulaient décidément pas s’incarner et semblaient bien décidés, tout en me flattant abondamment, à s’emparer de la chose et à la mener à leur façon. Il ne me restait plus qu’à jouer le rôle d’une Mère Teresa ou d’un saint François d’aujourd’hui, avec toute la fraîcheur énorme que j’apportais. Il ne leur venait pas à l’idée que si j’avais été capable d’écrire un tel livre et de fonder un tel projet, j’étais tout autant capable de refuser la tutelle qu’ils prétendaient m’imposer.

Refuser, c’est bien ce que j’ai fait, constamment. S’ils avaient été honnêtes, ils m’auraient dit ce qu’il en était, quelles conditions je devais accepter si je voulais travailler avec eux. Les choses auraient été claires, j’aurais refusé bien sûr, et j’aurais ainsi pu avancer autrement, sans eux. Mais non, après avoir été dans un premier temps très stupéfaits de voir que je refusais la « gloire » qu’ils me préparaient pour ce monde (starisation) et pour l’autre monde (ne me fit-on pas savoir qu’avoir été « ami » avec le pape aidait beaucoup pour les dossiers de sanctification – ce qui déclencha ma colère et ma consternation), une fois leur première stupéfaction passée donc, ils continuèrent en semblant comprendre ma réaction et se diriger vers une possibilité d’entente plus simple et plus honnête. Ce n’était qu’un leurre, je le voyais tout en continuant à me battre pour que cela change, puisque après tout ils n’abandonnaient pas la partie.

Plusieurs fois cependant j’ai essayé de faire autrement. J’ai proposé mon livre à d’autres éditeurs. Depuis bientôt trente ans j’ai publié plus de trente livres chez beaucoup d’éditeurs, des plus petits aux plus grands, j’ai vécu exclusivement de cela, je sais comment cela marche. Mais là, tout était bloqué. Si j’avais une réponse positive, quelques jours après c’en était fini, tout contact était coupé, toute explication m’était refusée. Comme j’étais ruinée, j’ai mis en vente mon seul bien, ma petite grange à la montagne – j’aurai bientôt l’argent de la vente, dont il ne me restera presque rien après avoir remboursé les dettes accumulées pendant tout ce temps pour payer mon loyer et le reste. J’ai cherché du travail. Je ne sais si j’aurais eu normalement des chances d’avoir des réponses positives à mes démarches, mais je sais que mes communications étaient surveillées, le sont probablement toujours, et que si donc quelqu’un avait pu accepter de m’embaucher il en aurait été de toute façon dissuadé.

Cependant j’ai continué à me battre, à refuser l’inacceptable. Il y a quelques semaines, j’ai écrit à Benoît XVI pour lui dire que je ne céderais pas dans ces conditions iniques, lui demander une rencontre afin de parler franchement, et lui dire que j’espérais encore que nous pourrions sauver la situation. Pas de réponse, sinon des réponses comme toujours souterraines (beaucoup de gens parlent sur Internet, des gens d’Église, le pape lui-même, des journalistes, bien d’autres encore, c’est ainsi que la communication s’est organisée ces dernières années avec moi – et la répression par la même occasion). Finalement la vérité a fini par sortir, à savoir qu’il était hors de question que je puisse travailler avec l’Église autrement que dans la soumission à l’Église.

Pourquoi pas, mais alors il fallait le dire tout de suite, au lieu de me conduire à la ruine afin que je finisse par accepter. Ils n’ont pas imaginé que même conduite au bout du rouleau, j’aurais préféré mourir plutôt que d’accepter cela. Je suis un être libre et debout, ils n’ont pas l’air de savoir ce que c’est.

Et maintenant je pose la question : est-ce l’Opus Dei qui s’est occupé de cela ? Comment a-t-on pu se permettre de faire circuler ce projet, que j’ai envoyé en toute confiance au pape, chez des gens dont je n’aurais absolument pas voulu m’approcher ? Le Père Escriva, fondateur de l’Opus, béatifié expéditivement après sa mort, avait écrit un jour à propos de l’Église : « Le mal vient du dedans et d’en haut. Il y a une réelle pourriture, et actuellement il semble que le Corps mystique du Christ soit un cadavre en décomposition, qui pue. » Il avait sans doute raison. Mais que penser, entre autres tribulations douteuses, de son propre soutien à Franco, selon lui sauveur du christianisme avec l’aide d’Hitler ? Car, dit-il, « Hitler contre les juifs, Hitler contre les slaves, c’était Hitler contre le communisme. » Aujourd’hui j’ai la fort désagréable impression que la politique de ses successeurs, dans mon affaire avec Madonna, fut : le sionisme contre les chrétiens de Terre Sainte, le sionisme contre les Palestiniens, peu importe puisque c’est le sionisme contre l’islam. C’est-à-dire, exactement l’inverse de l’esprit de mon projet. L’inversion et l’occultation sont œuvres du diable, et je comprends que s’il était question de me tromper aussi gravement, ni le pape ni personne d’autre n’ait voulu se risquer à un entretien avec moi.

Il y a quelques jours, on a vu Madonna retourner chez ses kabbalistes. A-t-elle laissé tomber l’Opus ? Qu’elle erre dans les tunnels du monde autant qu’elle veut, elle n’ira pas bien loin. De mon côté l’histoire avec les fantômes et les stars c’est fini, mais après la fin ce n’est jamais la fin pour la Parole. Elle est vivante !

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Un article du Monde diplomatique sur l’Opus Dei

ajout du 3 février 2013 : quand j’ai mis en lien cet article très instructif du Monde diplomatique sur l’Opus Dei, avant-hier, la page existait bel et bien. Aujourd’hui elle n’existe plus… Le cache google est encore disponible ici.

On peut trouver bien d’autres documentations sur l’Opus Dei sur Internet, en dehors de leur notice wikipedia qui semble très « sous contrôle ». Par exemple cette brève page.

 

Le feu du temps, jugement dernier

Jardin des Plantes, photo Alina Reyes

 

Saint Augustin, La Cité de Dieu, livre XX, 24-25-30 (éd Pléiade)

« Au psaume XLIX également, on estime que c’est du jugement ultime de Dieu qu’il est dit : « Dieu viendra manifestement, lui notre Dieu, et il ne se taira pas ; devant lui, un feu brûlera et autour de lui une forte tempête. Il appellera d’en haut le ciel et la terre pour discerner son peuple. Rassemblez-lui ses justes, qui mettent son alliance au-dessus des sacrifices. » Nous comprenons qu’il s’agit ici du Seigneur Jésus-Christ, dont nous espérons qu’il viendra du ciel juger les vivants et les morts. (…) Et quand il est dit : « il appellera en haut le ciel », comme saints et justes peuvent à bon droit être appelés « le ciel », cela correspond certainement aux mots de l’Apôtre : « Nous serons emportés avec eux dans les nuées à la rencontre du Christ, dans l’air. » (…) Le discours s’adresse ensuite aux anges : « rassemblez-lui ses justes » ; c’est certainement par le ministère des anges que pareille œuvre doit s’accomplir. Si nous demandons alors quels juges les anges vont lui rassembler, il répond : « ceux qui mettent son alliance au-dessus des sacrifices. »

(…)

Le prophète Malachie, en qui on a vu aussi un ange (…) annonce ainsi le Jugement ultime : « Voici qu’il vient, dit le Seigneur tout-puissant, et qui tiendra au jour de son entrée ? Et qui pourra supporter de le regarder ? Car il s’avance comme le feu du fondeur et comme l’herbe des foulons ; et il s’assiéra pour fondre et purifier, comme on fait pour l’or et pour l’argent ; et il purifiera les fils de Lévi, et il les fondra comme l’or et l’argent. Et ils offriront au Seigneur des victimes selon la justice, et le sacrifice de Juda et de Jérusalem sera agréable au Seigneur comme aux anciens jours et aux années d’autrefois. Et je m’approcherai de vous dans le jugement et je serai un témoin empressé contre les magiciens et les adultères, contre ceux qui font en mon nom des serments mensongers, qui frustrent l’ouvrier de son salaire, abusent de leur pouvoir pour opprimer la veuve, battent les orphelins, dénient la justice à l’étranger, et qui ne me craignent pas, moi, dit le Seigneur tout-puissant ; car je suis le Seigneur votre Dieu, et je ne varie pas. »

De ces paroles, il semble ressortir avec suffisamment d’évidence que, dans ce jugement, il y aura, pour certains, des peines purificatrices. (…) Isaïe dit également quelque chose d’approchant : « Le Seigneur lavera les souillures des fils et des filles de Sion, il lavera le sang qui est au milieu d’eux par un esprit de justice et un esprit de feu. »

(…)

A été donné en lui l’Esprit-Saint, qui a été figuré, au témoignage de l’Évangile, sous l’image de la colombe ; il a apporté le jugement aux nations, car il a annoncé qu’adviendrait ce qui était caché aux nations ; dans sa douceur, il n’a pas crié, il n’a pourtant cessé de proclamer la vérité ; mais sa voix n’a pas été entendue au-dehors et elle ne l’est pas, car il n’est pas obéi de ceux qui sont dehors, coupés de son corps. (…) Il a certes apporté un jugement dans la vérité en leur annonçant qu’un temps viendrait où ils devraient être punis, s’ils persistaient dans leur méchanceté. Son visage a resplendi sur la montagne, et sa gloire dans l’univers, et il n’a été ni brisé ni écrasé car, ni en lui ni dans son Église, il n’a cédé à ses persécuteurs au point de cesser d’être. Aussi ne s’est-il pas produit et ne se produira-t-il pas ce que ses ennemis ont dit ou disent : « Quand mourra-t-il et quand son nom périra-t-il ? »

« Jusqu’à ce qu’il publie le jugement sur la terre » : voilà révélé le secret que nous cherchions ; il s’agit en effet du dernier jugement qu’il prononcera sur terre quand il viendra lui-même du ciel, lui dont nous voyons que s’est accompli ce qui est dit ici en dernier : « Et les nations espéreront en son nom. » »

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« Mes pensées ne sont pas vos pensées »

à l'exposition Ahaé (voir les deux notes précédentes) (les silhouettes sont les reflets des visiteurs)

 

Souvent l’homme croit bien faire parce qu’il voit mal. Parce que même un saint homme n’est pas Dieu. Jean-Paul II a cru bon de fermer les yeux sur la provenance de l’argent qu’il a utilisé « pour la bonne cause », en l’occurrence pour travailler à la chute du communisme. Seulement, le communisme n’étant pas plus longtemps viable, il serait de toutes façons tombé. Peut-être un peu moins vite, mais peut-être de meilleure manière, en ouvrant sur une suite moins heurtée. En définitive, il eût peut-être été meilleur pour le monde de choisir de rejeter cet argent et de « nettoyer » le Vatican et sa banque, car un Vatican assaini eût mieux soutenu, depuis trente ans, l’Église et sa mission d’être pour les hommes un refuge et un phare.

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