
(l’automne se situe dans la cabane suspendue entre deux arbres)
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(l’automne se situe dans la cabane suspendue entre deux arbres)
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ce matin à la Grande Mosquée de Paris, photos Alina Reyes
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tout à l'heure au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes
En train de préparer ce qui va nous occuper maintenant, une lecture du Coran. Passionnant. Nous allons faire un grand voyage ! Je lis en traductions françaises mais je commence en même temps à apprendre un peu d’arabe pour pouvoir ensuite aller voir le texte, comme je l’ai fait avec l’hébreu pour la Bible. Nous commencerons par « voir » la première sourate, qui ouvre aussi les prières. Si vous voulez vous pouvez commencer à la lire et l’écouter ici, en attendant.
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photo Alina Reyes
Il est des êtres, nombreux, que rien ne peut salir. Il n’en est aucun que rien ne peut laver. Mais les plus nombreux sont ceux qui refuseront toujours d’être lavés. Pris à leur propre piège, comme dit Nora à propos d’une histoire qui ne touche pas seulement quelques intellectuels stupidement agités dans leur landerneau – Épicure a raison, seuls les justes demeurent en paix – mais qui est à l’image de la fin de tout un monde, le leur, celui de nos élites assises depuis plus de cent cinquante ans sur leur bourgeoise position, et qui sont en train de sombrer avec tout leur système. Tous ne verront pas la fin, mais tous savent déjà qu’elle vient.
Dans les dernières pages de mon roman Forêt profonde, Notre-Dame est redevenue, après un temps de ruines, une église vivante, et le Sacré-Cœur est devenu une mosquée. Je ne crains ni l’islam ni l’immigration, je crois au contraire que l’un et l’autre sont une chance pour notre foi exténuée et pour notre vieux monde devenu impuissant, stérile, incapable de se renouveler. Rien ne se fera aisément bien sûr mais cela se fera, il ne peut en être autrement. Que l’arbre desséché ne nous cache donc pas la forêt vivante qui se tient, encore touffue, désordonnée et non sans dangers, mais riche de vie en train de surgir et se développer, prête à renouveler la face de nos tristes pays, continents, monde.
Tout ce qui était vivant de notre passé vivra, connaîtra une nouvelle jeunesse, et enfin un nouvel amour : avec le temps venu, qu’il épousera. Soyons souples, laissons les impasses et continuons d’évoluer toujours dans ce que veut la vie. Que le désir d’une harmonie jusque-là inouïe nous guide dans notre travail, notre préparation du berceau de ce temps qui s’annonce. Voyons clair, soyons courageux et heureux.
Je reviens bientôt avec une nouvelle rubrique, consacrée à approcher le Coran.
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dans nos montagnes, photo Alina Reyes
D’avoir parlé hier soir avec O, je me sens renouvelée, vibrante, prête comme un jeune lion à l’aube. Je vois la lumière d’or. Je me suis levée ce matin, je me suis mise à retravailler à mon livre, je sens la peinture me sortir des veines comme l’encre et l’infinie succession des aurores. Oh, adorez la vie !

Alina Reyes
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Aujourd’hui au Jardin des Plantes, une petite poule d’eau…

un jardinier à l’oeuvre…

deux petits couples en photo volée…

Comme il fait bon sous l’arbre !
photos Alina Reyes
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tout à l'heure au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes
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photo Alina Reyes
Voulez-vous nous faire la grâce de monter au septième ciel et au-delà ? Laissez le ciel entrer en vous. Une fois plein de ciel (ce qui se dit aussi : plein de grâce), vous êtes en apesanteur. Vous êtes. Tout ce qui est pesant est mortel. Le ciel vous a fait de ciel, puis vous a envoyé sur terre, vous a lié à la loi de la pesanteur, afin que vous puissiez connaître que vous n’êtes pas d’elle, mais du ciel, et partir à la recherche, à la rencontre du ciel. Vous devenez la conscience du ciel dans sa créature, dans sa création.
Hier soir au Petit Bar comme l’autre jour sur la Seine j’ai regardé rougir les feuilles au-dessus de nos têtes. C’est la rentrée, j’ai un désir immense de travailler. Je pense à Sufjan Stevens, à André Gouzes, au frère Cassingéna-Trévedy, aux mélodies anciennes et nouvelles à la fois, aux fines pointes, aux avancées délicates, exquises, inquiètes et renversantes de l’esprit, je pense au rouge sur le monde, doux comme un été indien qui vient, flamboyant, avant la grande neige, enceinte de la prochaine vie. Je pense l’amour, je le suis, main dont les doigts parcourent le monde en frémissant, ruisseaux chargés de nutriments, de senteurs, de larmes et de consolations.
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tout à l’heure, au dernier jour de l’exposition aux Tuileries de la démarche et du travail de toute beauté conçus par Ahae : à voir ou revoir ici
Le Christ a-t-il des ennemis parmi les hommes ? Non, il n’en a aucun. Son seul ennemi, c’est aussi notre seul ennemi : le diable. Le diable peut s’emparer des hommes, par instants ou durablement, mais il n’est pas un homme. Le Christ n’est pas là pour combattre les Romains (selon le vœu de Judas, comme Benoît XVI l’a rappelé ce midi à l’angélus), ni quelque autre peuple, fût-il oppresseur. Le Christ est là pour combattre le mal, le mensonge, le mauvais esprit : voilà les puissances auxquelles nous avons affaire, comme le rappelle saint Paul. Ce dimanche nous avons lu ces paroles de Jésus : « C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien ». Or la chair, comme le dit aussi saint Augustin à la suite de Paul, c’est la vie selon le monde. Celui qui veut combattre les Romains, c’est lui-même, le Romain. Son combat est un combat selon la chair, il ne peut rien. L’histoire faite par les hommes n’est qu’un surplus de branches mortes dans l’amoncellement des vaines batailles. C’est une histoire-pour-la-mort, pour paraphraser le philosophe. L’histoire menée par l’Esprit est l’histoire pour la vie. Son combattant, son arme, son intelligence, ses armées, son génie, sa fécondité, son pouvoir surnaturel, c’est l’Amour. « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie », ajoute Jésus. Ce ne sont pas des paroles qui ont les pieds dans la boue, qui sont affairées à agir selon la vision de la chair, incapable de voir beaucoup plus loin que son temps. Ce sont des paroles qui ne combattent pas les peuples, mais qui les transforment, qui transforment les hommes en chassant d’eux le mal par l’amour prouvé jusque dans le don total de soi. Des paroles qui agissent bien au-dessus de nous, bien au-delà, bien au profond, sans limites. « Tu as les paroles de la vie éternelle », dit Pierre, qui le sent, aujourd’hui comme il y a deux mille ans, et dans bien plus de deux mille ans.
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Lourdes du train, photo Alina Reyes
Résumé des affaires dsk et autres goinfres : le fric viole l’Afrique.
Il y avait un bon et un mauvais larron, ils n’ont pas eu la même destination.
Le ciel descend pour entrer en vous : comme vous avez une infinité de portes, c’est toute une merveilleuse affaire.

photo Alina Reyes
Voici venir la rentrée littéraire. Je jette un œil sur Internet, je vois. De plus en plus de livres sortis de l’usine. Glosant à perte de vue, souvent comme les magazines féminins sur les rapports hommes-femmes. La littérature même masculine est devenue une succursale des magazines, féminins ou à scandale ou politiques ou généralistes, que sais-je encore. Contrairement à tout ce petit monde je n’ai jamais été sadique ni masochiste ni les deux, ne le serai jamais, passons. Pour les autres, les plus personnels essaient de dénoncer la folie du monde, je suppose. Quant à son immense beauté, quant à sa fantastique vitalité, quant à son drame époustouflant, quant à son éclatante possibilité de résurrection, j’ignore si quelqu’un en parle, je veux dire, avec son sang.
Que viendrait faire là-dedans quelque œuvre unique, hors-normes, voyante, sinon déranger ? Un écrivain parmi eux a été pillé, occulté, et maintenant est empêché de publier. Si c’était l’effet d’une fatwa, tollé à Saint-Germain-des-Prés ! Mais c’est l’effet de Saint-Germain-des-Prés, plus fou que le monde qu’ils dénoncent mais auquel ils sont aliénés : de ce fantôme, de ce crime ils ne disent rien, sinon par la honte qui transpire en secret de leurs productions.
Hier soir je m’amusais à inventer des événements d’activisme que je pourrais faire par exemple devant Notre-Dame ou Gallimard ou encore ailleurs, rien que pour les titiller, ces sérieux si accrochés à leurs planchers, si pleins de foi en leur importance et leurs affaires terrestres. J’étais de très bonne humeur, riant toute seule. J’adorerais faire ce genre de choses, si je n’avais pas mieux à faire : écrire. Ce que je fais. Et puis Voyage finira par être publié et il trouvera ses lecteurs tout ira bien, pour Forêt profonde cela prendra plus de temps, du reste j’aurai peut-être repris l’un et l’autre avant qu’ils ne deviennent visibles, on verra bien. La nuit j’ai rêvé que je dansais, d’abord chez moi dans un immense appartement très haut de plafonds avec des musiciens africains, et c’est en apesanteur que je dansais, très haut au-dessus du sol, dans une joie extraordinaire. Puis je sortais avec d’autres, nous nous retrouvions ailleurs près de la Seine et là il y avait des DJ et de la techno excellente, de nouveau je dansais en l’air, très haut, sentant tous les mouvements de l’air très sensuels autour de mon corps qui le déplaçait comme de la soie frémissante par vagues et vaguelettes tout autour, l’univers entier vibrant en moi, à travers moi, avec toutes les âmes présentes.