Souverains artistes

street art
à Paris 5e, dans l'école où je danse, photo Alina Reyes

à Paris 5e, dans l’école où je danse, photo Alina Reyes

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À la maison, il y a un jeune comédien et un jeune musicien. Le musicien ces derniers jours joue peu, s’étant foulé le poignet ; quand sa musique n’habite pas la maison, je chante ce qu’il joue. Le comédien a joué ce week-end, des spectateurs après la pièce lui ont dit qu’il les avait fait pleurer. Les artistes nous font un royaume où vivre tous les jours la joie, où nous libérer toujours de nouveau.

Notre société consomme l’art comme le reste. L’art n’est pas à consommer, il est à vivre. Au Musée de l’Homme, on présente de l’art, mais on appelle le musée « de l’Homme », parce que l’art qui y est présenté n’est pas comme dans notre société un objet de consommation, mais un phénomène humain indissolublement lié à la vie des femmes et des hommes. Le principe de notre monde, où l’art va se voir dans les musées, où la musique s’écoute presque uniquement sous forme enregistrée, où la lecture obéit aux diktats du marché, est un principe déshumanisant.

Je décide une nouvelle Constitution, dans laquelle le droit à l’art vivant est l’un des tout premiers droits de l’Humain. Prenons-le ! Nul besoin de barricades pour changer la vie, il est à portée de mains et fait de chacun de nous une reine, un roi, entouré de foules de rois et de reines depuis le fond des âges jusqu’à leur accomplissement.

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j’ai photographié le tableau mis en vignette sur un mur dans une rue à Paris 5e

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Dagues et textes

unbirthday cake

non anniversaire

photo Christophe Leroux ; pour en voir d’autres : son site

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En ce jour de mon non-anniversaire, comme dit Lewis Carroll, il me vient de faire un petit point sur ma vie, comme on en fait à la fin d’une phrase qui en appelle une autre. Il me vient le souvenir du jour où je volai le poignard d’un garçon et le gardai dans mon tiroir à dessous (culottes, car je ne portais pas de soutien-gorge). C’était l’été de mes dix-sept ans, je le passai avec une bande de garçons disons un peu border-line, des gars de la banlieue parisienne. Je sortis avec l’un d’eux, lui demandai de me dépuceler, et quelques temps après lui volai son poignard, en toute courtoisie. Il y avait longtemps que je lisais énormément, et aussi que j’écrivais, c’est pourquoi je fis une chose pareille. Je n’avais encore lu ni Cortazar ni Borges, mais ce geste aurait pu entrer dans l’un de leurs textes – ils aimaient les poignards.

Il me vient aussi le souvenir du jour, plus récent, où je libérai un taureau furieux de s’être pris les cornes dans un filet, à la montagne, il me vient le souvenir de la rugosité de ses cornes dans les paumes de mes mains, et de ce moment étrange où, aussitôt délivré, il me suivit et se coucha devant ma porte. Je suis dans l’âge que depuis l’enfance je veux avoir, à la fois dans la vieillesse et dans la fraîcheur d’esprit. En voilà un bon non-anniversaire !

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naziyah mahmood par fiona brimsNaziyah Mahmood, photographiée par Fiona Brims

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« Rouge », à l’école de l’image des Gobelins

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estelle hocquet« Meet me under the red tree », par Estelle Hocquet

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antoine bonnet« La danse des diablotins », par Antoine Bonnet

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fanny hagdhal sorebo« Sa gar det », par Fanny Hagdhal Sörebo

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lesego vorster« The Parade », par Lesego Vorster

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valentin lucas

« Tien An Men », par Valentin Lucas

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louis thomas« Le livre rouge », par Louis Thomas

*mohammad babakoohl« La fleur de tapis », par Mohammed Babakoohl

*valentine zhang« Le baiser », par Valentine Zhang

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rougeBeaucoup d’autres œuvres des élèves sur ce thème à voir ou même à acquérir à petits prix à l’école des Gobelins

photos Alina Reyes

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Le bestiaire botanique d’Izumi

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C’est une joie assez comparable à celle des enfants à la recherche d’œufs de Pâques dans le jardin que de parcourir certaines allées du Jardin des Plantes en quête des très gracieux dessins d’Izumi. Son trait élégant et sa vision ravissante mêlant le végétal, l’humain et l’animal réjouissent et même réparent, comme les vertus médicinales de certaines plantes. Sans doute n’ai-je pas vu tous ses panneaux – si j’en trouve d’autres d’ici la fin de l’exposition, le 4 juin, je les ajouterai à cette note.

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izumi

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izumi 7Cet après-midi au Jardin des Plantes à Paris, photos Alina Reyes

pour en savoir plus sur cette artiste : aller sur le site d’Izumi

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Sous Sarkozy, sous Hollande, sous Macron : la France, toutou de l’Amérique plouc

macron trump invalides

Whatshisname-jeff-koons-chien-cacaparodie du chien de Jeff Koons par l’artiste anglais Whatshisname

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Jeff Koons pète et fait caca partout. Il décide de fourguer à Paris ses habituelles tripes boudinées pleines de cash dématérialisé, pleines de néant puant ? Macron et Hidalgo ouvrent les bras comme s’ils étaient des cuvettes de chiottes pour les recevoir, et s’en disent honorés. Jeff Koons offre l’idée (un bouquet de tulipes en acier de 33 tonnes) mais pas les moyens pour la réaliser, paiera qui pourra – des mécènes, nous dit-on, mais peut-être bien que l’argent public devra être de la partie, d’une façon ou d’une autre. On va donc défigurer un bel espace parisien avec cet énorme machin, emblème de la soumission de nos dirigeants aux États-Unis dans ce qu’ils ont de plus moche ou de plus con. Tout ça pour honorer les morts des attentats. Faites gaffe, Macron, Hidalgo & co, ils pourraient bien se retourner dans leur tombe et venir vous tirer par les pieds.

 

macron obey

 

Piketty l’a dit, « Trump, Macron : même combat ». Une Marianne d’Obey trône dans le bureau de Macron et s’impose au regard des Français quand il leur parle, notamment lors de la présentation des vœux. Là aussi il s’agit d’un cadeau de cet artiste américain à l’occasion des attentats. Macron obéissant l’a aussitôt affiché à la place royale. Certes c’est ce même Obey qui avait réalisé un portrait fameux d’Obama, mais est-ce une raison pour manger ses restes ? Puisque le président français est censé représenter les Français, ne pouvait-il garder son Obey dans sa collection privée et offrir à ses concitoyens la vue d’une œuvre d’un artiste français ? Il n’est pas difficile d’en trouver de bien plus grands et intéressants que le lisse Obey. Pour ne pas faire de jaloux parmi les vivants, et pour rester dans l’esprit street art contemporain, pourquoi pas le génial Bilal Berreni, alias Zoo Project, Français mort en 2014 à vingt-trois ans d’une balle dans la tête aux États-Unis, à Detroit où il était allé pour témoigner par son art de sa solidarité avec les habitants de cette ville tombée dans la faillite, la misère, le crime – après avoir, toujours par son art, accompagné la révolution tunisienne puis la crise des réfugiés en Libye. Voilà qui aurait du sens, du vrai sens.

 

zoo_project_bilal berreniautres œuvres de Bilal Berreni : à voir ICI

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Deux Grimm, trois haïkus

antoine bonnet détail

J’ai photographié ces dessins d’illustration de contes de Grimm cet après-midi à l’école de l’image des Gobelins, où ils sont exposés avec beaucoup d’autres jusqu’au 18 janvier. J’ai écrit les trois haïkus hier midi à la fac.

Antoine Bonnet, Rose d'épine. Acrylique, encre de Chine et crayon de couleur, 40x60

Antoine Bonnet, Rose d’épine. Acrylique, encre de Chine et crayon de couleur, 40×60

 

Arbres nus, des pies
sautillent avec des brindilles.
Les voitures roulent.

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Flux des véhicules
Haut dans l’arbre nu un nid
entre quatre voies

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Voix entrecroisées
dedans, la baie vitrée lie
les yeux et les pies

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Mathilde Laillet, Le jeune Géant. Graphite A3

Mathilde Laillet, Le jeune Géant. Graphite A3

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Jeremie Jung au royaume de Setomaa

jeremie jung setomaa 2

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jeremie jung setomaa 2

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« Sur place, on m’invite à boire et manger avec des ancêtres qui ne sont pas les miens. On me présente Peko, un roi reposant pour l’éternité dans un monastère russe. Je croise sous la même tente un ancien vice-roi Seto, arborant son épée de bois, et Taavi Rõivas, le premier ministre estonien. Et voilà qu’aujourd’hui, sur cette frontière amère, Russie et Estonie s’échangent encore des « espions » ! Dans le Setomaa, je ne sais plus où situer le réel de l’imaginaire, ni distinguer le passé du présent. Qu’elles soient temporelle, territoriale, politique, spirituelle ou religieuse, ici omniprésentes, les frontières semblent se brouiller… Sans doute faut-il être Seto pour savoir les traverser. Ils n’ont de cesse de les transcender. Certaines en deviendraient même liantes. Ce sont à ces frontières et ces flous, à ces passages incessants d’une rive à l’autre du rêve et du réel  que mes photographies se sont attachées. Comme autant de « il était une fois…  » Jérémie Jung, article à lire en entier ICI sur cet étrange royaume. J’ai photographié ces images à l’école d’art des Gobelins, où elles sont en ce moment exposées.

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Poe, Magritte, et les lettres en leur tracé

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Un extrait de ma thèse, en majeure partie écrit ce matin à partir de cinq heures :

Ce que Magritte paraît avoir compris, en lisant Poe, de la démultiplication de l’être par la représentation, la création de personnages, c’est que celles-ci mettent en évidence une inter-diction de la reproduction de la réalité par l’art, par la diction placée à la fois comme miroir et comme mur ou rideau (the white curtain évoqué dans les dernières lignes du roman de Poe) entre la réalité et l’œuvre. L’art, la littérature, ne sont pas des reproductions de l’être mais des mécanismes à réveiller la conscience de l’être. Mécanismes comparables à l’allégorie de la Caverne de Platon, faite pour réveiller la conscience des hommes face au mur de représentations humaines qui ne sont pas plus des êtres humains que la pipe ou la pomme peintes par Magritte ne sont une pipe ou une pomme.

Poe « écrit sur les inter-états (interstates) », dit Paul Auster. Et jouant sur le mot interstate qui signifie aussi autoroute : « c’est juste une narration roulante (just a rolling narrative) », ajoute-il, la plupart du temps débarrassée des dialogues et des descriptions de ce qu’on appelle le réalisme contemporain.1 La narration de Poe roule telle une logique implacable d’un état de l’être à l’autre, même quand cette logique se dissimule telle sa « lettre volée » dans une énigme que le texte ne semble pas résoudre mais au contraire opacifier, brouiller voire disperser ainsi que dans The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket, où le récit est entrecoupé de passages documentaires longs comme des traversées encombrées d’interminables banlieues de la littérature et parcourt de nuit des énigmes violemment éclairées par les phares du véhicule, d’autant plus incompréhensibles que le reste du paysage reste plongé dans la nuit noire ou dans un épais brouillard, tel celui qui fait rideau (curtain) à la fin du roman.

Nous émettons ici l’hypothèse que cette association de discours et de registres, documentaire-explicatif et narratif-fantastique, aussi incongrue d’un point de vue structurel et stylistique que celle d’un parapluie et d’une machine à coudre, loin d’être une maladresse de l’auteur, vise à opérer dans l’esprit du lecteur des passages audacieux d’un état à l’autre, générateurs d’une nouvelle appréhension du réel. Poe ne livre pas plus la solution de son roman que Magritte ne livre le visage du personnage de sa Reproduction interdite car la solution n’est pas la représentation ni ce qui est représenté, elle est dans l’énigme, dans l’œuvre elle-même comme voie, comme questionnement de l’être : le but et l’enseignement du voyage se trouve dans le fait-même de voyager, c’est-à-dire dans l’interrogation et le fait d’interroger.

La « face blanche et personnelle de Dieu » que Jack Kerouac raconte avoir vue au cours d’une tempête en mer, lui disant « Ti-Jean, ne te tourmente pas, si je vous prends aujourd’hui, toi et tous ces pauvres diables qui sont sur ce rafiot, c’est parce que rien n’est jamais arrivé sauf Moi, tout est Moi », ne rappelle-t-elle pas la « figure blanche » que le narrateur du roman de Poe voit se dresser devant lui au moment du naufrage imminent ? « Et nous atteindrons l’Afrique, dit peu après Kerouac, nous l’avons atteinte d’ailleurs, et si j’ai appris une leçon, ce fut une leçon en BLANC. »2

Leçon en blanc, non écrite noir sur blanc, leçon telle une page blanche dressée devant l’homme ou le lecteur qui la vit, leçon qui dépasse celle du « miroir promené le long du chemin », comme le disait du roman Stendhal3, leçon où le texte n’agit pas en miroir où se reconnaître mais en miroir où ne plus se voir, ou se découvrir perdu de vue – pour mieux se trouver ailleurs. Dans un ailleurs indicible ou proche de l’indicible, un ailleurs seulement suggéré par l’énigme semée, par le rejet du spectateur-lecteur derrière son propre dos, sur une scène originelle, telle « l’Afrique » de Kerouac, bien plus étrange, lointaine et pourtant familière que la scène primitive selon Freud.

René Magritte, "La Reproduction interdite"

René Magritte, « La Reproduction interdite »

« Si c’est un point qui réclame réflexion, dit Dupin dans La Lettre volée, nous aurons avantage à l’examiner dans le noir. »4 La réflexion se fait dans le noir. Il faut passer par le noir pour advenir à la lumière, à la contemplation de la lumière. Ainsi pourraient se résumer Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, où les tribulations finales du narrateur dans une peuplade adoratrice du noir (tout est noir chez ces gens, objets, peau et même dents) aboutissent à cette apothéose apocalyptique du naufrage-vision de la grande figure blanche. Mais reflection, mot signifiant en anglais à la fois reflet et réflexion, rime avec mystification dans la nouvelle éponyme de Poe, où un mystificateur se propose de réparer un affront en lançant une carafe non à la face de celui dont il s’estime insulté, mais dans son reflet, en lui demandant de prendre « the reflection of your person in yonder mirror »5 pour lui-même. Il s’avère à la fin du texte qu’il ne s’agit encore là que de l’image annonciatrice d’une manipulation bien plus subtile, une manipulation verbale, avec des mots écrits, une manipulation intellectuelle, réfléchie, par laquelle celui au reflet duquel il lance en effet une bouteille, brisant le miroir et son image avec, sera plus complètement berné et ridiculisé.

La réflexion, qu’elle soit reflet physique ou psychique, image ou image mentale, révélation du visage ou pensée, est associée à la lettre, et de façon très ambivalente. Les miroirs terrifient les indigènes de Tsalal. Les méandres souterrains (explorés par le narrateur et son compagnon retournés à la condition primitive, faisant du feu en frottant deux morceaux de bois et vivant de cueillette et de chasse), ce que Baudelaire titre (chapitre XXIII) « le labyrinthe », les galeries de l’abîme (the chasm)6 de l’île où vivent ces gens aussi noirs qu’un alphabet sur pattes sur une page ou dans les caractères d’une imprimerie, ont des formes, des tracés (outlines of the chasm)7 rappelant ceux de lettres, notamment hébraïques. Et leur cri de terreur, à la toute fin repris par les gigantesques oiseaux blancs apparus dans le ciel, Tekeki-li, a lui aussi une consonance sémitique. L’écriture actuelle habite secrètement dans les profondeurs, les cavernes des écritures originelles.

La Reproduction interdite de Magritte reflète l’œuvre de Poe, notamment dans l’interdiction où se trouvent le narrateur et son dernier compagnon de revenir là d’où ils viennent, l’interdiction d’un retour sur soi8 – et la trahit en même temps, en représentant ce personnage sans visage. Car Poe dépasse l’interdit, le transgresse, grâce à l’écrit. Grâce à la lettre, et malgré son caractère secrètement maléfique – grâce à son dépassement de la lettre, plutôt, mais il a fallu en passer par là – il accède à la figure (mot que Baudelaire traduit malheureusement par « l’homme » dans la dernière phrase du roman, avant la « Note » qui suit cette fin). Une figure bien plus grande que la sienne, mais une figure et non pas un dos. Il accède à la figure ultime, celle dont la vision est interdite, vision dont normalement on ne revient pas – raison pour laquelle elle est interdite. Avalé par l’abîme (a chasm) qui s’ouvre brusquement (threw itself open) pour les recevoir (to receive us), lui, son compagnon (son double, son reflet ?) et la lettre désormais morte (Nu-Nu, nom de l’indigène noir, l’habitant de Tsalal embarqué avec eux qui est aussi, redoublé, celui d’une lettre grecque, ce Nu, ou Noun en hébreu et en arabe, initiale des Nazaréens qui continue à désigner aujourd’hui les chrétiens d’Orient – cette lettre désormais morte (his spirit departed), rappelant le mot de saint Paul (écrit en grec) selon lequel « la lettre tue, l’esprit vivifie »9, c’est-à-dire : le salut est de lire non à la lettre mais dans l’esprit de la lettre), avalé par l’abîme comme Jonas par la baleine, Edgar Allan Poe, alias Arthur Gordon Pym, ne devrait pas pouvoir en revenir. Or il en revient (sans son compagnon au nom de disciple de Jésus, Peters), et raconte. Tout, sauf ce qui s’est passé entre l’abîme et le présent recouvré. La peuplade-alphabet, la lettre à-la-lettre a voulu le tuer. Qu’est-ce qui a pu le sauver, sinon cette figure « de la blancheur parfaite de la neige » (of the perfect whiteness of the snow) qui s’est dressée sur la chaîne de montagnes vaporeuse (the range of vapor), aussi vaporeuse que les montagnes rendues comme de la laine cardée prophétisées par le Coran pour le jour de l’abîme et de la résurrection10 (Coran connu de Poe), aussi embrumée que la montagne où Moïse partit à la rencontre de la face de Dieu11, cherchée par tous les prophètes ? Cela se passe dans le roman un 22 mars – date pascale – dans la région de nouveauté et d’étonnement, d’émerveillement (region of novelty and wonder) où ils sont entrés le premier du mois, selon le journal de bord.

1 Paul AUSTER en conversation avec Isaac GEWIRTZ à la New York Public Library le 16 janvier 2014

2 Jack KEROUAC, Le vagabond solitaire

3 STENDHAL, Le Rouge et le Noir, épigraphe du chapitre V

4 « If it is any point requiring reflection, (…) we shall examine it to better purpose in the dark ». Edgar POE, The Purloined Letter, in Complete Tales & Poems, Vintage Books Edition, New York, 1975, p.208

5 « Le reflet de votre personne dans ce miroir-là. » Edgar POE, Mystification, in Complete Tales & Poems, Vintage Books Edition, New York, 1975, p.357

6 Edgar POE, Narrative of Arthur Gordon Pym, in Complete Tales & Poems, Vintage Books Edition, New York, 1975, p.871

7 id.

8 Edgar POE, Narrative of Arthur Gordon Pym, in Complete Tales & Poems, Vintage Books Edition, New York, 1975, chapitre XXV, p.879

9 2 Corinthiens 3, 6

10 Coran, sourate 101, Al-Qari, « Le Fracas » (appellation métaphorique de la résurrection), versets 5 (pour les montagnes) et 9 (pour l’abîme)

11 Exode 24, 15

Peinture d’aujourd’hui : Vinardel, Boubounelle, Seguela, Diaz, Desmazières, Garel, Velly, Szafran

Sam Szafran, "Sans titre", 2016. Aquarelle sur soie, 240x150

En passant par là, j’ai eu le bonheur de contempler cette exposition, de regarder de près les matériaux, la facture. Du bon travail, qui donne envie de faire aussi du bon travail. Quand j’en aurai le temps mes mains seront heureuses de retrouver leurs pinceaux, feutres, crayons et autres instruments et matériaux. J’aime beaucoup le fusain par exemple, il y a longtemps que je ne l’ai pas pratiqué mais j’en ai, ils n’attendent que le bon moment. Quand je n’aurai plus les cours à préparer, la thèse à finir, tous ces travaux qui m’enchantent aussi.

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Pascal Vinardel, "Les portes du fleuve, 2010. Huile sur toile, 200x324 (commande de la Chambre de commerce de Bordeaux)

Pascal Vinardel, « Les portes du fleuve, 2010. Huile sur toile, 200×324 (commande de la Chambre de commerce de Bordeaux)

André Boubounelle, "Colline à Volterra", 2010. Huile sur toile, 81x100

André Boubounelle, « Colline à Volterra », 2010. Huile sur toile, 81×100

Gilles Seguela, "Arbres derrière la fenêtre", 2003. Fusain sur papier, 185x125 cm

Gilles Seguela, « Arbres derrière la fenêtre », 2003. Fusain sur papier, 185×125 cm

Gérard Diaz, "Le parc abandonné", 1991. Huile sur toile, 194x195 cm

Gérard Diaz, « Le parc abandonné », 1991. Huile sur toile, 194×195 cm

Erik Desmazières, "Atelier René Tazé VI", 1993. Eau-forte avec roulette et aquatinte, 65,5x100,5 cm

Erik Desmazières, « Atelier René Tazé VI », 1993. Eau-forte avec roulette et aquatinte, 65,5×100,5 cm

Philippe Garel, "Flux", 2011. Huile sur toile, 259x345 cm

Philippe Garel, « Flux », 2011. Huile sur toile, 259×345 cm

Jean-Pierre Velly, "Fiori di Spagna", 1983. Aquarelle sur papier, 39x56

Jean-Pierre Velly, « Fiori di Spagna », 1983. Aquarelle sur papier, 39×56

Sam Szafran, "Sans titre", 2016. Aquarelle sur soie, 240x150

Sam Szafran, « Sans titre », 2016. Aquarelle sur soie, 240×150

mairie 5 parisaujourd’hui à la mairie de Paris 5e, photos Alina Reyes

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Reproduction interdite

René Magritte, "La Reproduction interdite"

du rerphotos Alina Reyes

la défense vue du rer

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Le soir, de retour du lycée, ma joie est trop grande pour que je puisse lire. Je rêve à la fenêtre du RER, aujourd’hui je l’ai laissée entrouverte et j’ai passé mon petit appareil photo à travers. Encore une journée pleine de choses très fortes. C’est de la vie intense, intense. Comme j’aime.

Après avoir invité mes élèves ces derniers temps à réfléchir, en lien avec les textes étudiés, sur ceci :

Charles Allan Gilbert, "All Is Vanity"

Charles Allan Gilbert, « All Is Vanity »

et ceci :

Édouard Manet, "Un bar aux Folies Bergère"

Édouard Manet, « Un bar aux Folies Bergère »

je leur ai donné à méditer cette autre composition, cet autre miroir :

Diego Velasquez, "Les Ménines"

Diego Velasquez, « Les Ménines »

et puis, en même temps que la fin de l’énigmatique roman de Poe représenté dans l’image, Aventures d’Arthur Gordon Pym :

René Magritte, "La Reproduction interdite"

René Magritte, « La Reproduction interdite »

et je leur ai montré ce film inspiré de ce tableau, qui a contribué à leur inspirer beaucoup de remarques profondes :

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