Chère Vanessa Springora,
Quelques heures après sa parution, votre livre, Le Consentement, était déjà en rupture de stock à la Fnac où je suis allée le chercher. Cela n’est sans doute jamais arrivé à un livre de Gabriel Matzneff, dont les ouvrages se sont vendus à 800 exemplaires, 3000 dans le meilleur des cas. Le nombre de ventes ne dit rien de la qualité d’un livre mais il se trouve que le vôtre mérite amplement le succès – je peux le dire après l’avoir finalement trouvé dans une Maison de la Presse et l’avoir lu d’un bout à l’autre avant la fin de la soirée.
Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous, a écrit Franz Kafka. C’est ce que fait le vôtre, et non pas seulement en ce nous qu’est chaque lectrice, chaque lecteur, mais en ce nous qui composons une société, ébranlée ces derniers jours par votre livre, éberluée du silence complice dont elle accompagna les livres de Matzneff pendant des décennies, du soutien encore très récent, voire réitéré ces jours-ci, de certains personnages de ce petit milieu littéraire que vous connaissez, éberluée de leur aveuglement et d’un certain aveuglement collectif sur les abus commis impunément par des figures de notables des lettres ou de la culture.
Merci pour ce dégel, donc. Votre livre est parfait, témoignage vivant et poignant sans pathos ; et j’espère que sa publication finira de vous libérer de l’emprise inique exercée par cet adulte manipulateur, avec le consentement au moins passif de son et de votre entourage. Je vois avec tristesse, à vous lire, combien il est plus difficile de se rétablir d’une telle agression lorsqu’on l’a vécue dans son enfance ou son adolescence. J’ai eu aussi à supporter et combattre les agissements et les manipulations d’abuseurs de Saint-Germain-des-Prés, mais je n’étais plus une enfant depuis longtemps et je n’ai pas eu à souffrir de savoir que tel ou tel prédateur intellectuel prétendait me peindre dans tel ou tel ouvrage, car j’étais assez aguerrie spirituellement pour savoir que ces portraits n’étaient en rien les miens et qu’ils ne comptaient pas. Je me permets de vous le dire : ce n’est pas ce qu’a écrit Matzneff sur vous qui compte, ce ne sont pas non plus les lettres que vous lui avez envoyées et qu’il reproduit – puisque, vous l’expliquez très bien, ces lettres ne faisaient que remplir une sorte de cahier des charges de la lettre littéraire telle que Matzneff, bien peu inventif, la voulait. Ce qui compte, c’est votre parole à vous. Votre livre, plus fort que tous ceux de Matzneff réunis et d’ailleurs déjà tombés dans l’oubli. Votre désir de découper en confetti les écrits de Matzneff vous fait sans doute un inutile mal. Pour ma part, je me suis contentée de jeter à la poubelle (celle des ordures ordinaires, pas celle des recyclables) les livres qui ne méritaient pas d’autre sort à mes yeux.
Vous êtes directrice d’une maison d’édition, vous êtes une femme puissante. Ce que vous êtes, ainsi que votre livre, suffit à renverser le monde patriarcal et ses représentations éculées, si vivaces et coriaces chez Matzneff, selon qui le rêve secret des femmes est d’être lobotomisées, et ses amis qui ne comprennent pas non plus que nous sommes en train de changer de paradigme, je dirai même de politique. Toujours accroché au vieux monde, Matzneff se plaint puérilement que vous ne l’ayez pas peint à son avantage. Dans son vieux monde, les hommes écrivent des livres et pour les écrire se servent des femmes (ou des enfants) qu’ils manipulent afin de les plier à leur fantasme et à leur œuvre. Il n’est pas question, dans leur vieux monde, que leurs modèles se rebellent, ni tout simplement qu’elles se mettent à parler aussi. Et ils font tout, forts de leur alliance séculaire et organisée comme le crime, pour les faire taire. Mais dans le monde réel, et singulièrement dans le monde en train d’advenir, les femmes parlent. Et le cauchemar de ces « vieux hommes », c’est que beaucoup de femmes parlent mieux et plus fort qu’eux. Vous avez le pouvoir de le faire, continuez.
Le cœur léger, je vous salue
Alina Reyes
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voir aussi : Affaire Matzneff, le consentement au crime des élites
et : Dimension politique de l’affaire Matzneff














une expo photographique très graphique à l’Institut culturel irlandais : Roseanne Lynch
et dans une vitrine la tête de Mathieu Ricard électroencéphalogrammée, parée comme celle d’une danseuse orientale


Aujourd’hui à Paris 13e et 5e, photos Alina Reyes
Un resto sympa pour commencer
Vue de notre appartement à l’appart-hôtel, que je ne me lassais pas de contempler, avec les lignes graphiques des toits et la véranda, et la nuit les lumières
Une sculpture sur l’emplacement de la Grande synagogue détruite pendant la guerre, reconstruite ailleurs dans la ville
J’ai compté jusqu’à cinq étages sous les toits de certains immeubles
Derrière la maison, la cathédrale la plus visitée de France (Notre-Dame de Paris étant hors jeu), haute de 144 mètres et contenant tant de merveilles qu’on pourrait y consacrer des milliers de pages, comme il y est dit quelque part




Son horloge astronomique, que nous avons vue s’animer au quart d’heure
Une fresque récente plutôt réussie, mais le panneau en grec du Christ annonçant « Je suis le chemin, la vérité et la vie » comporte deux fautes. Sans doute l’artiste, Christoff Baron, ne connaît-il pas le grec, mais il est regrettable que personne d’autre ne l’ait vu

Un menuisier à l’atelier, fabriquant des jouets de bois





qui possède plusieurs belles œuvres de Victor Brauner – ci-dessus « Logos et les trois matières »
et aussi, entre autres de A.R. Penck – ci-dessus « Avant le rebut »
Daniel Richter, « L’éternel rêve éveillé des trois fous de la montagne »
L’installation d’Alain Séchas, mentionnée dans
Malcolm Morley, « Wall Jumpers »
Max Ernst, « Les poissons noctambules »
Vassily Kandisky, « Salon de musique »
Natalia Gontcharova « Portrait de Verlaine »
Niki de Saint Phalle, « Élisabeth »




un selfie au sommet, et voilà la réponse du ciel

où se trouve la « maison des gardes »
avec ses merveilles du Moyen Âge, si primitives
et si actuelles parfois

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Nous sommes entrés pour prendre un verre dans cet hôtel entièrement orné de Street Art 




…








Dans la première pièce, la forêt des silhouettes de Zadkine






























Hier au musée Zadkine, photos Alina Reyes
















































Ces jours-ci à Paris 13e, photos Alina Reyes
La salle consacrée à l’artiste invité cette année, Laurent Corvaisier
Poulopoulos, « L’oiseau de rêve » et « Argos »
Sous trois de ses faces…
« Minerve »
par Marie-Christine Roth
Annick Poiraud, « Le rêve » (avec reflets de la salle)
Sophie Bosse, « Mémoire d’Orient »
Nicole Mancuso, « Enfance »
Nicole Sadin, « Bleu pourpre »
Christian Hartmann, « Manhattan, le Whitehall Building »
Neumi Dudas Crepel, « Purple Doubt »
Aujourd’hui à la mairie du treizième arrondissement de Paris, photos Alina Reyes
Au régal des corneilles
… des moineaux, aile et tête en bas (le voyez-vous ?)
…des papillons
…des abeilles, et de moi
cet après-midi au Jardin des Plantes, photos Alina Reyes
la maison rouge de la rue de la Glacière, peinte par Catherine Dormoy, architecte
Encore un bonhomme de Retro dans le 13e
Le surlendemain de l’occupation d’Italie 2 par Extinction Rébellion, des ouvriers nettoient quelques tags
Rue Vésale, un nuage regarde vers le square Scipion
Boulevard Saint-Marcel, une artiste au travail
Sur un mur, dans la rue



Sur le rideau de fer d’une boulangerie
À la fenêtre d’un bureau
Place d’Italie dans un abribus, lendemain de Techno Parade & Gilets jaunes
Dans la cour de la Manufacture des Gobelins
À la BnF, où j’ai travaillé aujourd’hui face à la forêt intérieure














à Paris 5e et 13e, photos Alina Reyes