Comète

hypatia explosion

image d’artiste : Terry Bakker

hypatia

broche de toutankhamon

au centre de cette broche de Toutankhamon, un morceau de verre de silice, dit verre libyque, verre naturel formé dans le désert lorsque le sable fut porté à deux mille degrés par l’explosion de la comète, il y a vingt-huit millions d’années

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Des chercheurs sud-africains ont révélé hier qu’un petit caillou noir trouvé en 1996 dans le désert, au sud-ouest de l’Égypte, est le premier morceau de comète jamais trouvé sur terre. Ils l’ont nommé Hypatia, en l’honneur de la première mathématicienne, astronome et philosophe connue, Hypatia d’Alexandrie (Grecque née en 370, morte en 415 lapidée, démembrée dans une église et brûlée par des chrétiens). 

Pi (Apocalypse, 3, 14-16)

14 À l’ange de l’église en Jugement du Peuple, dis :

Ainsi parle l’Amen,

le Témoin, le fiable et le véritable,

le principe de la création de Dieu.

15 Je sais ce que tu fabriques parce que tu n’es ni frais ni fervent. Que n’es-tu frais ou fervent !

16 Parce que tu n’es pas franc, parce que tu n’es ni fervent ni frais, je vais te vomir de ma bouche.

 

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(ma traduction ; chliaros, habituellement traduit par tiède, signifie aussi mou, efféminé, c’est-à-dire maniéré, indirect, non franc ; psuchros, habituellement traduit par froid, indique aussi la fraîcheur, au sens de plongé dans l’eau fraîche. Ceux qui ne sont ni fervents ni frais, ni purifiés par le feu ni purifiés par l’eau, ne sont pas francs, ils trafiquent, ils sont indirects, ils peuvent avoir du pouvoir mais ils sont sans puissance vitale, Dieu les vomit car il rejette le mauvais et il garde la vie).

Dans les coulisses du musée, l’argent

Le Vatican a un nouveau secrétaire d’État : « Il appartient à l’aile conservatrice de l’Église. (…) Personnellement, je suis scandalisé d’entendre cet homme de grande culture et d’expérience diplomatique tenir un discours du siècle dernier, fondé sur des perceptions dépassées et sur une théologie également dépassée. » Lire l’article entier, évoquant notamment le rôle de l’épiscopat au Vénézuela, d’Oscar Fortin sur son site.

La tragédie de Lampedusa : ce dont l’Italie doit vraiment avoir honte. « On passe ensuite à une page plus honteuse encore : celle de la guerre contre la Libye. Pour démanteler un état national qui, malgré d’amples garanties et ouvertures à l’Occident, ne peut plus totalement être contrôlé par les Etats-Unis et par les puissances européennes, garde le contrôle de ses propres réserves énergétiques en concédant aux compagnies étrangères des marges de profit restreintes, investit à l’étranger des fonds souverains pour plus de 150 milliards de dollars, finance l’Union africaine pour qu’elle crée ses organismes économiques indépendants : la Banque africaine d’ investissement, la Banque centrale africaine et le Fond monétaire africain.  Grâce à un actif commercial de 27 milliards de dollars annuels et un revenu par habitant de 13mille dollars, la Libye est avant la guerre le pays africain où le niveau de vie est les plus élevé, malgré les disparités, et se trouve félicitée par la Banque mondiale pour « l’utilisation optimale de la dépense publique, y compris en faveur des couches sociales pauvres ».  Dans cette Libye environ un million et demi d’immigrés africains trouvent du travail. » Lire l’article entier de Manlio Dinuci pour Il Manifesto sur Mondialisation.ca

« Dès l’instant précis de sa conception, une nuit de 1951, la petite Ruby Lennox a commencé à voir, à comprendre, à sentir. En particulier, elle sait qu’on se serait bien passé d’elle… » C’est le résumé d’un gros roman paru en 1998, Dans les coulisses du musée, par Kate Atkinson – et non comme on pourrait le croire en cette rentrée littéraire celui du gros roman d’un fiston, soutenu par la presse, de BHL, guerroyeur en Libye et ailleurs.

Météorite

« Impossible de ne pas faire un peu de mysticisme.

« Il semblerait que certains « petits hommes verts » refusent de laisser des humains s’emparer de cet objet céleste, commente Maxime Chipouline. Nous pensions que nous allions pouvoir récupérer la « grande » météorite à une profondeur de 14 mètres, mais elle s’est enfoncée de plus en plus profondément dans la vase et nous parlons déjà de poursuivre les recherches à une profondeur de 16-20 mètres. Nous avons même inventé une nouvelle expression : « la vase consciente ». Par ailleurs, il se passe des choses incroyables : le canot a disparu 5 fois, les moteurs tombent en panne, les appareils s’affolent : cette zone est apparemment remplie d’anomalies ! » »

À la recherche de la météorite de Tcheliabinsk : l’article entier dans La Russie d’Aujourd’hui.

Voir aussi : l’Église de la météorite de Tchéliabinsk, dans La Voix de la Russie

Et je ne savais pas que des fragments de la météorite sont tout près de chez moi, au Jardin des Plantes.

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Machines qui broyez les muscles et le sang

ouvrez un hublot pour l’orage,

que soit le roc visité par la foudre

humilié d’amour des pieds jusqu’à la tête.

 

Que soit le nom crié de sommet en sommet

frotté comme un galet de mer par les figures,

comme un galet blessé, une biche souffrante,

au bord des grandes eaux.

 

Le tremblement de terre est en route. Quel est

le mot de passe cri ou chanson ou sésame ?

L’arbre de l’existence

sera-t-il le premier des arbres foudroyés ?

 

Benjamin Fondane, Titanic

 

Rentiers, houris et vigneron

Le pape François a demandé aux sœurs de ne pas avoir un sourire d’hôtesses de l’air, mais d’être des mères. Pourquoi les appeler sœurs, alors ? Si l’Église veut des mères, que n’en ordonne-t-elle, comme elle ordonne des « pères » ? En tout cas si le chrétien avait eu la folie de rêver un instant trouver un paradis de houris dans ces antichambres du ciel que sont censés être les monastères, le voici ramené à terre, avant même d’avoir pu décoller.

Le pape émérite, lui, coule une douce « vie de moine », servi par cinq memores domini : jadis les curés avaient une bonne (quand il le fallait assez « compréhensive », comme j’entendis un jour le dire une vieille catholique, pour leur éviter d’avoir envie de se marier), les papes qu’on canonise par lots aujourd’hui en ont cinq. Certains musulmans ont sans doute la même sagesse de croire qu’il est plus facile d’être maître de soi avec plusieurs femmes qui vous servent qu’avec une entière. Faut-il sourire (jaune) davantage des « droits » de la hiérarchie, ou de ceux du sexisme ?

Comme sur beaucoup de choses, le pape François a de bien belles paroles sur la place des femmes dans l’Église. C’est comme quand il réclame une Église dépouillée, sans rien faire pour se débarrasser de ses richesses, ni même seulement de sa très honteuse banque. S’ils ne peuvent pas s’en passer, si les églises ne peuvent cesser leurs grands affichages pour demander le denier du culte, si les prêtres ne peuvent gagner leur vie comme tout le monde, si les évêques, en plus d’être payés par les fidèles, ne veulent pas renoncer à encaisser au moins cent cinquante euros quand ils vont parler une heure quelque part (ce que bien des militants pas plus riches qu’eux font gratuitement), alors qu’il cesse de répéter qu’il veut une Église pauvre. Lui comme tant d’autres hommes et femmes pas encore sortis du dix-neuvième siècle sont plus éloignés d’un début de vision de ce que peut être, et de ce que peut, une femme, que nous ne le sommes des Martiens. Prions pour eux. Dans la vigne du Seigneur, pauvre paria, je poursuis mon travail, avec beaucoup de joie. Le nouveau livre, semblable à nul autre de mes précédents, est en cours.

La tutte aux cochons

La femme de M. Valls se réjouit dans la presse espagnole de ce que beaucoup de Françaises voudraient coucher avec son mari. Il le mérite, selon elle, et même bien plus que ça. Qui écœure le plus, de celles qui fantasment sur Valls ou de celle qui jouit publiquement de cette partouze imaginaire ? Un autre titre dans la presse nous informe que lorsque Cécilia Attias a quitté Nicolas Sarkozy, certaines de ses amies ont divorcé pour tenter de séduire ce dernier. Dire que dans ces beaux draps on dénonce les réseaux mafieux et de prostitution chez les Roms.

Un dernier sondage crédite M. Valls de 71 % d’opinions favorables. Dont 69 % à droite. Décidément, que d’érotisme. Combien d’extrême-droite parmi cette droite, la presse ne nous le dit pas, mais se tenir en position de lèche-cul des aigris, ça paye.

Dylan, une fille adoptive de Mia Farrow et Woody Allen, ne peut plus prononcer le nom de ce père qui l’a gravement traumatisée, notamment dans un grenier, quand elle avait sept ans. Aucun de ses enfants naturels ou adoptifs (sauf celle qu’il a épousée) ne veut plus lui parler, l’un d’eux l’accusant même, en référence à la mort de deux d’entre eux, d’avoir du sang sur les mains. La symbolique de la merde dans la tête conviendrait peut-être mieux.

Retrouver la monnaie, réinventer la Cité

http://youtu.be/Qw9HVa_TZb0
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Les Grecs ont inventé la monnaie au septième siècle avant Jésus-Christ. Depuis, jusqu’à l’euro, ils avaient gardé la même monnaie, la drachme. La drachme qui est la plus ancienne monnaie, a donné son nom au dirham. Elle est mentionnée dans les Évangiles (Luc 15, 8), et dans le Coran (darahima, 12, 20). Le dirham a pu servir de monnaie en Europe entre le Xe et le XIIe siècles. Si des Grecs, ou d’autres, faisaient revivre la drachme comme monnaie venue du peuple et plus vertueuse, ce serait beau, non ?

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Le sens de l’humus, son blé, son pain

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La revue Mouvements présentait son dernier numéro, consacré à La transition, une utopie concrète ?, ce vendredi soir à la Maison d’Amérique Latine, à Paris. Avec Vincent Bourdeau, l’un de ses rédacteurs en chef, Bastien Yverneau, du collectif Montreuil en transition, Cyrielle Den Hartigh, de l’association Le sens de l’humus, et Miguel Benasayag, qui a participé à ce numéro de la revue. Ce dernier a tout d’abord attiré notre attention sur le cas d’un ancien tortionnaire argentin dont le procès d’extradition aura lieu mercredi prochain, 9 octobre, et nous a invités à signer et faire connaître une pétition pour demander qu’il soit remis à la justice de son pays. L’affaire est expliquée ici, avec la pétition.

Bastien Hyverneaud a parlé de cette mouvance protéiforme et disparate, la transition. Le livre de Rob Hopkins publié en France en 2010, Manuel de transition – de la dépendance au pétrole à la résilience locale, est une référence pour les militants de ce mouvement fondé sur diverses initiatives citoyennes, comme les jardins partagés dont a parlé ensuite Cyrielle Den Hartigh. J’ai été frappée par le retour fréquent dans leur discours du thème de la catastrophe, économique et peut-être politique, à laquelle il faut s’attendre et se préparer, afin d’être en mesure d’assurer, justement, la transition – voire la survie, quand il s’agit d’aller jusqu’à imaginer comment les villes pourraient cultiver elles-mêmes de quoi se nourrir.

Miguel Benasayag, après avoir estimé que tous les penseurs jusqu’à présent, y compris Badiou, s’inscrivaient dans le courant hégélien dont dérive « une centralité très dangereuse », ajoutant amusé : « Tous les grands militants hégéliens disent la même chose que les curés du Vatican – je ne parle pas de mon compatriote Francisco qui fait des efforts jésuitiques pour séduire tout le monde… », a aussi alerté sur le danger de passer de la globalité à la dispersion. Question de la dispersion qui venait d’ailleurs d’être évoquée par Bastien Hyverneaud. Comment œuvrer dans le local tout en s’inscrivant dans l’universel ? Ceci dans un monde qui pratique la « politique de la dispersion totale », qui s’adresse au bonheur des individus. Il faut « être d’une exigence totale ». « Moi qui ai connu la dictature et la guerre, je n’ai jamais connu de société aussi violente que celle d’aujourd’hui, c’est une société qui écrase la vie. » « Ceux qui œuvrent dans le local le font avec des corps et c’est important, c’est avec les corps qu’on peut résister. » Miguel Benasayag a aussi souligné la différence de nature entre la militance en France et en Amérique Latine, où la pauvreté est bien plus grande et les affrontements beaucoup plus violents. « Les réels efforts démocratiques n’empêchent pas, par exemple, que des Indiens se font tuer tous les jours par des assassins commandités par les grands groupes, les Monsanto ou autres, qui ont besoin de les chasser de leurs terres pour les leur prendre. Si vous voulez aller les défendre, vous vous faites tuer aussi. » « Les alternatives mises en œuvre ici sont complémentaires car elles peuvent penser la complexité, mais elles doivent être pensées en relation avec ceux qui sont en première ligne des combats. »

Comme il a aussi évoqué les caves des banlieues où certains se retrouvent en communauté, j’ai pensé en même temps aux jardins partagés, au « sens de l’humus », de l’enterrement qui inaugure les germinations et précède les résurrections. Dieu seul sait comment, et quand, le monde sortira de terre dans la lumière. Continuons à marcher.

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OGM, perversion du sens et « plates-bandes d’amarantes »

amarante-en-fleur

amarantes en fleur

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Christian Vélot, lanceur d’alerte, chercheur en biologie moléculaire qui sait, comme il l’a dit, prendre des coups et ne pas faire carrière, et Hervé Le Meur, militant, ont pris hier soir la suite de la projection du film La science achetée – dans le cadre des Sciences en bobines des Sciences citoyennes-, pour parler du multi-scandale des OGM. Des plantes que C. Vélot appelle « collabos » car elles portent en elles la tolérance aux herbicides commercialisés par ceux-là même qui les commercialisent aussi, ces OGM. « La mutagénèse dont sont l’objet ces plantes, dit-il, c’est comme de changer les mots dans une phrase, ça change le sens. » C’est bien ce que je me disais en regardant le film, avec ces histoires de scientifiques persécutés par le lobby industriel parce qu’ils ont osé dénoncer les dangers des OGM. Ce qui arrive au maïs arrive aussi à la parole, à la langue, de plus en plus trafiquées par l’industrie de la littérature. Le vivant n’est pas seulement le biologique, et le trafic du vivant au profit des industries s’opère en ce moment sur tous les plans.

Question des brevets sur le vivant, perte d’autonomie des paysans, risques sanitaires… Les chercheurs qui ne cherchent pas dans le « bon » sens, c’est-à-dire dans ce monde où le sens est perverti, les chercheurs de vérité, sont victimes d’attaques féroces. « On emploie la diffamation, on casse la personne, on la dévalorise, on la déclare scientifique de second rang, on la rend insupportable, on fait en sorte qu’elle ne puisse plus publier dans des revues qui l’avaient accueillie, on invente de faux savants qui se répandent en critiques contre elle sur internet… Les curés de la science, alliés aux industriels, ne supportent pas que certains de leurs confrères viennent critiquer leur église », résume Christian Vélot. Qui s’insurge aussi contre le mythe du gène tout-puissant, qui seul conditionnerait l’homme et le vivant – l’ADN sur lequel, en le modifiant, on se permet de déposer des brevets. Sans tenir compte de l’action de l’épigenèse, qui fait par exemple qu’au-delà de la transmission égale des chromosomes, un enfant hérite davantage de sa mère que de son père. « Il faut sortir d’une vision mécaniste du vivant ».

Pensons par exemple à l’amarante, la « mauvaise herbe », « mauvaise » dans le monde de la perversion du sens, qui a mis en échec les sojas modifiés de Monsanto sur des dizaines de milliers d’hectares, lesquels ont dû être complètement abandonnés, aux États-Unis. D’après les deux intervenants de cette soirée, la résistance qu’a développée l’amarante ne viendrait pas d’une transmission du gène par la plante OGM, mais d’un processus épigénétique propre. Ainsi donc la plante sacrée des Incas, leur plante nourricière aussi, interdite par les conquistadores, montre la voie. « Plates-bandes d’amarantes », chantait Rimbaud…

Voyage disponible de toutes les bibliothèques de la Ville de Paris

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Outre la bibliothèque Mohammed Arkoun, rue Mouffetard, Voyage est disponible maintenant à la réserve centrale : si vous êtes parisien, il vous suffit de le demander à la bibliothèque de votre quartier, elle vous le réservera et vous l’aurez deux à trois jours après.

Je ne pouvais rêver mieux comme départ pour ce livre. Je suis extrêmement heureuse que cela se passe ainsi. Sans marketing, doucement, librement. Nous sommes un marcheur.

J’indiquerai à mesure quand il sera en rayon dans d’autres bibliothèques. Avant l’été, je l’ai envoyé aussi dans divers endroits, monastères, associations ou universités, qui disposent de bibliothèques, en France et ailleurs, mais personne ne m’ayant répondu j’ignore si le livre a été mis en rayon. Si vous fréquentez la bibliothèque du Saulchoir à Paris (Dominicains) ou encore l’association Coexister (Paris), ou le Groupe d’Amitié islamo-chrétienne (Paris), ou le Monastère Sainte-Scholastique (Urt), ou le Comité inter-religieux de la famille franciscaine (Paris), ou l’Institut d’Études islamo-chrétiennes (Beyrouth), ou l’Abbaye Sainte Marie de la Résurrection (Jerusalem), ou le Vatican (Rome), ou si vous faites partie des Orphelins Apprentis d’Auteuil, vous pouvez demander si on veut bien vous le prêter.

Et si vous voulez soutenir l’auteur, vous pouvez aussi l’acheter sur ce site, en papier ou en ebook, à prix doux. Sans oublier les 14 autres livres, dont l’un est gratuit, pour vous permettre de tester le mode de lecture, sur tablette ou sur ordinateur. Merci !

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